À l’aube de 2026, alors que de nombreux secteurs économiques au Maroc révisent leurs attentes en matière de compétences, le coup de tonnerre attendu n’a pas eu lieu. Plutôt, c’est une démarche soigneusement préparée qui a été officialisée. Attijariwafa Bank, l’un des principaux acteurs bancaires du Royaume, et l’INSEA, grande école d’ingénierie statistique et économique, ont consolidé, à travers une convention signée à Casablanca, un partenariat qui dépasse la simple logique de mécénat.
Sur le papier, ce type de collaboration n’est plus inédit. En réalité, ce qui retient l’attention, c’est l’ampleur donnée aux enjeux d’employabilité, de formation et d’innovation. L’accord entend structurer une série d’initiatives ciblées qui donnent aux étudiants un accès privilégié au monde professionnel. Immersion en entreprise, recrutement de jeunes diplômés, programmes de développement tels que le Graduate Program, l’Alternance ou encore les Company Projects : le catalogue d’opportunités est vaste.
Ce qui frappe surtout, c’est la volonté affichée de casser le mur trop souvent dressé entre théorie académique et pratique professionnelle. Dans une économie marocaine qui pousse à l’entrepreneuriat et à l’adaptation constante, il n’est plus question de diplômes isolés de la réalité du terrain. « Notre ambition est de consolider, dans la durée, le pont entre l’excellence académique et le monde de l’entreprise », a déclaré Mohamed Soussi, directeur général adjoint en charge du Capital Humain Groupe chez Attijariwafa Bank, lors de la cérémonie. Ses mots résonnent particulièrement auprès des jeunes qui, chaque année, quittent les bancs des établissements supérieurs avec l’espoir d’intégrer rapidement le marché de l’emploi.
Du côté de l’INSEA, l’accueil est tout aussi enthousiaste. Mohamed Jaouad El Qasmi, directeur général de l’Institut, a souligné l’importance stratégique de ce partenariat dans la feuille de route de l’établissement. « Nous mettons l’accent sur la synergie entre le monde académique et le monde de l’entreprise pour renforcer l’employabilité de nos étudiants », a-t-il affirmé, rappelant l’engagement de l’INSEA à préparer des profils polyvalents, capables de naviguer dans un environnement professionnel en pleine transformation.
Pour les observateurs du secteur, cette coopération tombe à pic. Le Maroc, tout comme de nombreux autres pays, fait face à des défis liés à l’adaptation des compétences aux nouvelles réalités économiques. L’automatisation, la digitalisation et l’évolution rapide des métiers exigent une réponse prompte et concertée des institutions publiques et privées.
Ce partenariat, au-delà de son immédiateté, envoie un signal fort : l’éducation ne peut plus être pensée en vase clos. Elle doit se conjuguer avec les attentes du marché, intégrer l’innovation et favoriser l’initiative personnelle. Pour une jeunesse marocaine avide de perspectives, ce nouveau modèle offre non seulement de l’espoir, mais également des outils concrets pour y accéder.
En fin de compte, l’alliance entre Attijariwafa Bank et l’INSEA illustre une réalité simple mais souvent négligée : la performance économique du Maroc de demain passera par la qualité de l’employabilité d’aujourd’hui. Dans un monde instable et compétitif, ce type de coopération pragmatique pourrait bien devenir la norme — au bénéfice des jeunes talents et de l’économie nationale.












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