Le projet de gigafactory de Kénitra place le Maroc devant un changement d’échelle industriel. Jeune Afrique décrit une usine représentant 1,1 milliard d’euros d’investissement et appelée à atteindre jusqu’à 100 GWh annuels. L’objectif présenté est de dépasser le seul assemblage automobile pour produire au Maroc un composant central des véhicules électriques : la batterie.
Cette implantation s’appuie sur une géographie industrielle déjà structurée autour de Kénitra, de Tanger Med et des débouchés européens. L’article rappelle que les zones du nord vivent au rythme de l’automobile européenne, avec des composants importés et des véhicules exportés vers l’Espagne et la France. La gigafactory de Kénitra cherche donc à retenir davantage de valeur dans le pays, plutôt qu’à ajouter une simple capacité d’assemblage.
Pour les entreprises et les salariés marocains, le véritable indicateur ne sera pas seulement la taille annoncée de l’usine. Il faudra observer les achats auprès de fournisseurs locaux, la formation aux procédés chimiques et électroniques, la qualité des emplois et la capacité à développer des activités de maintenance, de recyclage et d’ingénierie. Ces retombées ne peuvent pas être déduites automatiquement du montant investi.
Le pari reste aussi lié à la demande européenne, aux choix technologiques des constructeurs et à la concurrence d’autres plateformes industrielles. Pour le Maroc, l’enjeu durable consiste à transformer une proximité logistique en compétences locales et en fournisseurs capables d’exporter. La capacité nominale constitue une ambition vérifiable plus tard ; la part de valeur effectivement créée dans le Royaume dira si la montée en gamme a réellement eu lieu.












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