Votre numéro de téléphone figure dans un fichier. Vous recevez soudain un message WhatsApp d’un candidat. Une vidéo électorale fabriquée avec une intelligence artificielle apparaît sur votre écran. À trois semaines des législatives du 23 septembre, la campagne électorale marocaine entre aussi dans l’ère des données et de l’IA. La CNDP vient de rappeler aux partis que tout n’est pas permis.**
La campagne électorale ne se déroule plus uniquement dans les meetings, sur les affiches et dans les marchés.
Elle se joue désormais dans nos téléphones.
WhatsApp, SMS, réseaux sociaux, fichiers de sympathisants, bases de contacts : les outils numériques permettent aux partis de toucher beaucoup plus directement les électeurs.
Mais disposer d’un numéro de téléphone ne signifie pas que l’on peut en faire ce que l’on veut.
À l’approche des législatives, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) vient précisément de rappeler aux formations politiques les règles applicables.
Premier principe : **tout traitement de données personnelles doit être notifié à la CNDP avant sa mise en œuvre**, conformément à la loi 09-08. Les données doivent également être collectées pour une finalité déterminée et ne peuvent être conservées indéfiniment.
## Votre opinion politique est une donnée sensible
C’est probablement le point le plus important.
Un parti ne peut pas librement constituer un fichier indiquant que telle personne est supposée voter Istiqlal, RNI, PAM, PJD ou pour une autre formation.
L’exploitation d’informations relatives aux opinions politiques nécessite un **consentement explicite** de la personne concernée.
Cela change considérablement la logique du ciblage électoral.
Car les technologies actuelles permettent théoriquement de croiser énormément d’informations pour tenter de déterminer les préférences d’un individu.
Ce qui est techniquement possible n’est pas nécessairement juridiquement autorisé.
Même principe pour la prospection directe : la CNDP rappelle qu’elle nécessite un consentement préalable.
Autrement dit, la campagne numérique ne doit pas devenir un Far West des fichiers téléphoniques.
## Et l’intelligence artificielle ?
C’est la nouveauté la plus spectaculaire.
La CNDP demande également que **les contenus produits par intelligence artificielle soient signalés**, en renvoyant aux dispositions du Code pénal et de la législation électorale.
La question n’est déjà plus théorique.
Une IA peut aujourd’hui produire en quelques minutes une affiche, un discours, une photographie réaliste ou une vidéo synthétique.
Demain, elle pourrait faire parler artificiellement un candidat ou son adversaire.
Dans une campagne électorale, la différence entre création et manipulation devient alors fondamentale.
Un électeur doit pouvoir savoir si ce qu’il regarde correspond à une prise de parole réelle ou à une production artificielle.
## La démocratie entre dans l’âge de la donnée
Le véritable enjeu dépasse donc la protection de la vie privée.
Les données permettent de mieux connaître les électeurs.
L’intelligence artificielle permet de personnaliser les messages.
Les réseaux sociaux permettent ensuite de les diffuser massivement.
Ces trois technologies combinées peuvent améliorer la communication politique. Elles peuvent aussi créer des possibilités inédites de manipulation.
La CNDP met d’ailleurs à disposition le **3020** pour les demandes d’éclaircissement et le suivi des questions relatives aux données personnelles pendant le processus électoral.
La campagne de 2026 ne se jouera donc pas seulement sur les programmes, les candidats et les meetings.
Elle se jouera aussi dans les bases de données et les algorithmes.
Et une règle simple mérite d’être retenue : **une voix appartient à l’électeur. Ses données aussi.**
La campagne électorale ne se déroule plus uniquement dans les meetings, sur les affiches et dans les marchés.
Elle se joue désormais dans nos téléphones.
WhatsApp, SMS, réseaux sociaux, fichiers de sympathisants, bases de contacts : les outils numériques permettent aux partis de toucher beaucoup plus directement les électeurs.
Mais disposer d’un numéro de téléphone ne signifie pas que l’on peut en faire ce que l’on veut.
À l’approche des législatives, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) vient précisément de rappeler aux formations politiques les règles applicables.
Premier principe : **tout traitement de données personnelles doit être notifié à la CNDP avant sa mise en œuvre**, conformément à la loi 09-08. Les données doivent également être collectées pour une finalité déterminée et ne peuvent être conservées indéfiniment.
## Votre opinion politique est une donnée sensible
C’est probablement le point le plus important.
Un parti ne peut pas librement constituer un fichier indiquant que telle personne est supposée voter Istiqlal, RNI, PAM, PJD ou pour une autre formation.
L’exploitation d’informations relatives aux opinions politiques nécessite un **consentement explicite** de la personne concernée.
Cela change considérablement la logique du ciblage électoral.
Car les technologies actuelles permettent théoriquement de croiser énormément d’informations pour tenter de déterminer les préférences d’un individu.
Ce qui est techniquement possible n’est pas nécessairement juridiquement autorisé.
Même principe pour la prospection directe : la CNDP rappelle qu’elle nécessite un consentement préalable.
Autrement dit, la campagne numérique ne doit pas devenir un Far West des fichiers téléphoniques.
## Et l’intelligence artificielle ?
C’est la nouveauté la plus spectaculaire.
La CNDP demande également que **les contenus produits par intelligence artificielle soient signalés**, en renvoyant aux dispositions du Code pénal et de la législation électorale.
La question n’est déjà plus théorique.
Une IA peut aujourd’hui produire en quelques minutes une affiche, un discours, une photographie réaliste ou une vidéo synthétique.
Demain, elle pourrait faire parler artificiellement un candidat ou son adversaire.
Dans une campagne électorale, la différence entre création et manipulation devient alors fondamentale.
Un électeur doit pouvoir savoir si ce qu’il regarde correspond à une prise de parole réelle ou à une production artificielle.
## La démocratie entre dans l’âge de la donnée
Le véritable enjeu dépasse donc la protection de la vie privée.
Les données permettent de mieux connaître les électeurs.
L’intelligence artificielle permet de personnaliser les messages.
Les réseaux sociaux permettent ensuite de les diffuser massivement.
Ces trois technologies combinées peuvent améliorer la communication politique. Elles peuvent aussi créer des possibilités inédites de manipulation.
La CNDP met d’ailleurs à disposition le **3020** pour les demandes d’éclaircissement et le suivi des questions relatives aux données personnelles pendant le processus électoral.
La campagne de 2026 ne se jouera donc pas seulement sur les programmes, les candidats et les meetings.
Elle se jouera aussi dans les bases de données et les algorithmes.
Et une règle simple mérite d’être retenue : **une voix appartient à l’électeur. Ses données aussi.**












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