Menu
lodj lodj
séprateur .png
lodj
Twitter
YouTube
Digital TV
LinkedIn
Facebook
Instagram
Tiktok
search








C'était Hassan II




Article à écouter en Podcast

C'était Hassan II
5f7bb18c56c829_46036308.mp3 Podcast  (2.52 Mo)

De Gaulle n’était pas le seul à craindre, ou à espérer, une disparition prématurée de l’héritier de Mohammed V. Les dangers et les menaces planaient de partout sur Hassan II.
 

Le 23 juillet 1999, Hassan II décédait. C’est en revisitant quelques chapitres de C’était de Gaulle, d’Alain Peyrefitte qui fut longtemps ministre du général fondateur de la cinquième république française et visiblement un peu son confident, que je me suis rappelé ce moment où chaque Marocain en âge de comprendre se rappelle où il était. Dans cet ouvrage édité chez Fayard on peut lire que juste après la visite de Hassan II à Paris en juillet 1963, De Gaulle se laisse aller devant le conseil des ministres à ce commentaire sur le souverain marocain bien  loin du jugement que lui prête Gilles Perrault dans Notre ami le roi : « La personnalité du roi s’affirme dans la bonne direction, dit de Gaulle. Il a fait des progrès. Il a trente cinq ans. Quand il en aura quarante cinq, ce sera un monsieur. Il n’y a pas de raisons qu’il n’y arrive pas. » Pour ceux qui ne l’auront pas compris, Alain Peyrefitte explicite le propos du général : « Chacun comprend, écrit-il, qu’il y a, au contraire, quelques raisons que [Hassan II] n’arrive pas à cet âge, et que, s’il y arrive, il aurait montré qu’il était « un monsieur » en effet… » Faut-il le rappeler, le défunt roi a dépassé de loin le seuil que lui a fixé de Gaulle, 70 ans.
 

De Gaulle n’était pas le seul à craindre, ou à espérer, une disparition prématurée de l’héritier de Mohammed V. Les dangers et les menaces planaient de partout sur Hassan II qui, n’ignorant rien de la précarité de sa situation, se positionnait lui-même dans une logique d’affrontement. L’Algérie, portée par une révolution triomphante, « dans le sens de l’histoire » croyait-on à l’époque, ne voyait la construction de son identité nationale naissante qu’aux détriments du « vieux » Royaume voisin. La guerre des sables de 1963 n’est que la face la plus visible d’une guerre de l’ombre sans merci.
 

Mais la menace était aussi intérieure. Au sein de l’armée qui s’exprimera par deux fois par les armes, en 1971 et en 1972. Et au sein des forces politiques qui lui disputaient le pouvoir, voire la légitimité. Même le très royaliste et loyaliste Allal El Fassi, inspiré par le modèle tunisien, a rêvé un instant d’un roi inaugurant les chrysanthèmes. Un bras de fer, avec son lot de répression et d’émeutes, d’emprisonnements politiques et de disparitions forcées, de méfiance et de défiance qui durera jusqu’au début des années quatre-vingt-dix. L’adoption de la constitution de 1996, pour la première fois par la totalité des partis, à l’exclusion insignifiante de l’OADP de Bensaïd Aït Idder, devait signifier la fin de cette époque d’affrontement alternant le frontal et le fleuret moucheté. La réalisation dans son sillage, en 1998, de l’alternance  consensuelle, devait de son coté achever ce processus et entamer la normalisation des rapports entre d’une part les partis et, de l’autre, le pouvoir et ses ramifications. Dix huit ans après le décès de Hassan II, on peut dire que la normalisation a creusé son sillon, mais aussi que les vieux réflexes ont la peau dure.
 

Billet de Naim Kamal sur www.quid.ma




Mercredi 9 Décembre 2020

Rokia Dhibat
Jeune journaliste, lauréate de l'ISIC. En savoir plus sur cet auteur

Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 27 Mai 2022 - 13:17 Les colleuses

Chroniqueurs invités | Coup de cœur



Magazine créé avec Madmagz.






Avertissement : Les textes publiés sous l’appellation « Quartier libre » ou « Chroniqueurs invités » ou “Coup de cœur” ou "Communiqué de presse" doivent être conformes à toutes les exigences mentionnées ci-dessous.

1-L’objectif de l’ODJ est de d’offrir un espace d’expression libre aux internautes en général et des confrères invités (avec leurs accords) sur des sujets de leur choix, pourvu que les textes présentés soient conformes à la charte de l’ODJ.

2-Cet espace est modéré  par les membres de la rédaction de lodj.ma, qui conjointement assureront la publication des tribunes et leur conformité à la charte de l’ODJ

3-L’ensemble des écrits publiés dans cette rubrique relève de l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).la rédaction de lodj.ma ne saurait être tenue responsable du contenu de ces tribunes.

4-Nous n’accepterons pas de publier des propos ayant un contenu diffamatoire, menaçant, abusif, obscène, ou tout autre contenu qui pourrait transgresser la loi.

5-Tout propos raciste, sexiste, ou portant atteinte à quelqu’un à cause de sa religion, son origine, son genre ou son orientation sexuelle ne sera pas retenu pour publication et sera refusé.

Toute forme de plagiat est également à proscrire.