Pour le Maroc, le défi camerounais résonne comme un écho du passé. L’histoire récente et plus ancienne rappelle combien le Cameroun a souvent été un obstacle quasi insurmontable pour les Lions de l’Atlas. Les chiffres sont là, têtus, et les souvenirs teintés d’amertume.
En 1981 à Kénitra, le Maroc se retrouvait à deux matches d’une qualification pour la Coupe du monde en Espagne. Le sélectionneur Just Fontaine avait misé sur la jeunesse, laissant de côté certains expatriés, tandis que le Cameroun alignait ses cadres comme Nkono, Milla ou Kunde. Résultat : deux défaites sévères (0-2, 1-2) et une blessure morale pour les joueurs, dont Chicha, stigmatisé pour un penalty raté.
Sept ans plus tard, en demi-finale de CAN, le Maroc trébuchait encore face à des Camerounais agressifs sur le terrain. Hassan Mouahid, mis KO par un coup de tête de Kana Biyik, et d’autres souvenirs marquent encore les esprits. Claude Le Roy, entraîneur camerounais de l’époque, expliquait que les Lions de l’Atlas étaient supérieurs sur le papier mais avaient craqué mentalement.
Plus récemment, en 2009, le Maroc s’inclinait à domicile à Fès contre le Cameroun (0-2), dans un match marqué par un manque de motivation et des problèmes de préparation. La revanche est venue en 2018, avec un doublé de Hakim Ziyech au Complexe Mohammed V, qui a permis aux Lions de l’Atlas d’exorciser ce traumatisme historique.
Aujourd’hui, le Maroc de Walid Regragui abordera ce quart de finale avec un onze solide : Bounou, Mazraoui, Hakimi, Saïss, En-Nesyri… autant d’éléments ayant déjà goûté à la rivalité face au Cameroun. Mais la dynamique du match sera différente : un quart de finale à domicile, devant des stades pleins, avec une pression énorme.
Sportivement, le Maroc devra imposer sa rigueur physique et mentale. La bataille des duels, la maîtrise technique et la capacité à gérer les temps forts et faibles du match seront cruciales face à un Cameroun solide, porté par des joueurs dangereux comme Mbeumo et Kofane. Le retour d’Amrabat pourrait renforcer le milieu, tandis que Diaz, Hakimi, Abde et Kaabi devront apporter leur touche décisive.
Ce match, plus qu’un simple quart de finale, est un rendez-vous avec l’histoire et la fierté nationale. La CAN 2025, qui bat tous les records de spectateurs et de buts, ne sera pleinement célébrée par les Marocains qu’en cas de sacre final. Et pour atteindre ce sacre, il faudra franchir l’écueil camerounais, un adversaire jamais facile et toujours ambitieux.
Comme le rappelle un proverbe africain : « Tant que les Lions n’ont pas leurs propres historiens, les histoires de chasse ne célèbreront que les chasseurs ». Ce vendredi à Rabat, les Lions de l’Atlas auront l’occasion d’écrire leur propre légende.












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