Fraude aux billets : le principal fléau de la CAN
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur 152 infractions recensées, 61 concernent l’entrée ou la tentative d’accès frauduleux aux stades. Faux billets, billets copiés, QR codes déjà utilisés… les méthodes sont variées, mais l’objectif reste le même : contourner les contrôles pour assister aux matchs.
La revente illégale de billets arrive juste derrière, avec 19 affaires. Des billets cédés à des prix non autorisés, parfois à la dernière minute, souvent autour des stades ou via les réseaux sociaux. Une pratique qui agace les supporters et perturbe l’organisation, surtout lors des rencontres à forte affluence des Lions de l’Atlas.
Intrusions, fumigènes et objets interdits
Au-delà des billets, d’autres comportements ont attiré l’attention des autorités. Dix intrusions sur la pelouse ont été enregistrées, un phénomène spectaculaire mais dangereux, aussi bien pour les joueurs que pour la sécurité générale. Les services judiciaires ont également relevé huit cas d’utilisation de fumigènes, ainsi que quatre affaires de jets d’objets incendiaires. Des actes minoritaires, mais pris très au sérieux dans un contexte de compétition internationale, où le moindre incident peut avoir des répercussions sportives et diplomatiques.
S’y ajoutent des infractions diverses : violences, détention ou consommation de drogue, ivresse publique, usurpation d’identité, prise ou diffusion d’images sans consentement, ou encore possession d’objets interdits comme des pointeurs laser ou des armes blanches.
Une dimension internationale assumée
Contrairement à certaines idées reçues, les infractions ne concernent pas uniquement des supporters locaux. Parmi les 128 personnes poursuivies, 94 sont de nationalité marocaine, mais le reste du groupe reflète le caractère international de la CAN. Les autorités judiciaires mentionnent 10 Algériens, 5 Français, ainsi que des ressortissants tunisiens, camerounais et ivoiriens. Des personnes originaires de Guinée, du Mali, du Nigeria, de l’Irlande, du Gabon, des Comores et des Pays-Bas figurent également dans les dossiers traités. Une diversité qui rappelle l’ampleur continentale et mondiale de l’événement.
Des bureaux judiciaires au cœur des stades
C’est l’un des éléments clés de cette CAN 2025. Les dossiers ont été traités directement par des bureaux judiciaires installés dans les stades, une première au Maroc à cette échelle. L’objectif est clair : une réponse rapide, visible et dissuasive. Cette proximité entre justice, sécurité et événement sportif permet d’éviter les lenteurs procédurales et d’envoyer un message clair : la fête du football ne doit pas rimer avec impunité.
Une expérience saluée par le ministère public
Hicham Balaoui, président du ministère public et procureur général près la Cour de cassation, a salué cette approche. Il a qualifié le dispositif d’expérience innovante et prometteuse, capable de servir de modèle pour la sécurisation future des grandes manifestations sportives au Maroc.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse la CAN 2025. Il s’agit de poser les bases d’une gestion moderne de l’ordre public, à l’heure où le Royaume s’apprête à accueillir d’autres événements majeurs sur la scène africaine et internationale. La CAN 2025 continue de faire vibrer les stades marocains. Mais derrière les chants et les drapeaux, la vigilance reste maximale. Les prochains jours diront si la fermeté judiciaire suffit à freiner les pratiques frauduleuses, notamment autour des billets.












L'accueil
















