COSUMAR n’est évidemment pas un novice : opérateur sucrier historique depuis 1929 et pilier de l’approvisionnement national en sucre, il a su imposer sa présence industrielle et sociale au Maroc. Mais cette fois, l’enjeu dépasse le sucre il touche à la souveraineté énergétique et à la transformation industrielle.
Ce projet repose sur un principe à la fois simple et ambitieux : capter le CO₂ généré par les procédés industriels de la raffinerie de Casablanca, le purifier et le convertir en un produit conforme aux standards internationaux, avec une pureté supérieure à 99,9 %. Le gaz ainsi obtenu pourra répondre à des besoins qui, jusqu’ici, étaient entièrement couverts par des importations coûteuses du dessalement de l’eau à certaines applications dans l’agroalimentaire, en passant par les boissons gazeuses ou encore la cryogénie. C’est une révolution silencieuse dans la manière de penser les flux industriels : un déchet devient une ressource commerciale à haute valeur ajoutée.
L’investissement pour cette unité, intégré directement à la raffinerie de Casablanca, est estimé à plus de 500 millions de dirhams une somme qui, pour beaucoup, témoigne d’une vraie conviction stratégique. La capacité initiale prévue est d’environ 20 000 tonnes par an, avec une mise en service planifiée d’ici la fin de 2026. Ce volume, bien qu’il ne soit qu’une première étape, pourrait servir de modèle pour d’autres sites industriels du groupe dans une logique de déploiement progressif.
Au‑delà de l’optimisation des ressources, cette initiative s’inscrit dans une trajectoire de transition industrielle déjà amorcée : COSUMAR revendique une réduction de 50 % de ses émissions de CO₂ depuis 2016, poursuivant une dynamique volontariste de réduction de son empreinte environnementale. L’idée d’aller encore plus loin, avec une production potentielle d’un CO₂ d’origine biogénique issu de la biomasse, ouvre la porte à une filière encore plus durable et moins dépendante des combustibles fossiles.
COSUMAR, historiquement tourné vers le sucre, montre ici qu’il peut aussi être un acteur pivot de l’industrialisation verte, capable de concilier performance économique, responsabilité environnementale et contribution à la souveraineté nationale.
En transformant ses émissions en un produit stratégique, COSUMAR n’invente pas seulement un nouveau business model : il trace une voie possible pour l’industrie marocaine. Une voie où innovation rime avec autonomie, et où les déchets d’hier deviennent les marchés de demain — un message fort pour une économie en quête de résilience.












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