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Charte de l’investissement et TPME : un tournant décisif pour l’économie marocaine


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 28 Janvier 2026

Alors que l’économie marocaine est au cœur d’une phase de transformation profonde, la récente activation de la Charte de l’investissement dédiée aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) est en train de changer la donne. Plus qu’un simple instrument légal, ce dispositif — désormais opérationnel illustre une réorientation stratégique de la politique économique nationale vers l’inclusion, l’emploi et la compétitivité durable.



Sur un marché où les TPME représentent la quasi-totalité du tissu entrepreneurial, la portée de cette réforme est gigantesque. Selon les derniers chiffres officiels, ces entreprises constituent environ 95 % de l’appareil productif marocain, bien qu’elles ne contribuent qu’à environ 30 % du PIB national, un constat qui souligne jusqu’ici un potentiel inexploité considérable.
 

Durant les derniers mois, les observateurs économiques et les acteurs du terrain se sont accordés : jamais auparavant le soutien à ce segment n’avait été envisagé avec autant d’ampleur, de précision et de moyens ciblés. Pour les décideurs, il s’agit bien de corriger des déséquilibres anciens et de placer les TPME au cœur même de la stratégie d’investissement national ce qui était rarement le cas dans les politiques antérieures.


Une stratégie pensée pour l’impact social et territorial

Ce nouveau cadre d’investissement repose sur des conditions claires et exigeantes destinées à propulser l’activité productive locale. Pour être éligibles, les projets doivent :
 

  • présenter un montant d’investissement compris entre 1 et 50 millions de dirhams ;

  • garantir la création d’au moins 1,5 emploi stable par million de dirhams investi, ce qui met l’emploi au centre de l’équation économique ;

  • assurer un financement propre d’au moins 10 % des fonds investis ;

  • s’inscrire dans des secteurs validés au niveau régional, en fonction des atouts et besoins locaux.
     

Ce critère d’emploi est particulièrement significatif dans un contexte où la question de l’emploi, notamment des jeunes actifs, reste une préoccupation centrale pour la société marocaine.
 

L’État marocain, sous l’impulsion des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a voulu une politique non seulement incitative mais aussi territorialisée : les aides financières peuvent aller jusqu’à 30 % du montant éligible de l’investissement, reflétant une volonté d’équité spatiale et de réduction des disparités régionales. 


Simplification administrative : sortir de l’ornière des lourdeurs

Pour beaucoup d’entrepreneurs je l’ai entendu à plusieurs reprises lors de rencontres dans des cafés d’affaires à Rabat ou Casablanca  la bureaucratie était souvent plus redoutable que le manque de fonds. Enfin, le guichet unique s’impose comme une réalité effective grâce à la digitalisation des démarches, la standardisation des procédures et un accompagnement accru via les Centres Régionaux d’Investissement (CRI).
 

Ces structures deviennent des points d’entrée unifiés, réduisant les lenteurs chronophages et les obstacles qui freinaient historiquement les créateurs d’entreprise, en particulier dans les zones moins urbanisées. Le message est clair : l’investissement ne doit plus être un parcours d’obstacles, mais une voie accessible à tous.


Une dynamique déjà tangible sur le terrain

Les premiers chiffres sont encourageants. D’après les données communiquées par le gouvernement :
 

  • 63 dossiers d’investissement cumulant 880 millions de dirhams ont été déposés via la plateforme CRI-Invest à fin novembre 2025, avec un potentiel de 2 200 emplois directs à la clé.

  • Partout dans le Royaume, des projets se déploient, des zones rurales aux métropoles : de jeunes cadres et ingénieurs, souvent passés par des multinationales, reviennent fonder leurs propres initiatives, notamment dans la sous-traitance industrielle ou les technologies vertes.
     

Outre son impact économique, cette dynamique recoupe une aspiration sociale profonde : offrir une voie d’émancipation professionnelle aux jeunes talents marocains, réduire les disparités territoriales et renforcer la résilience des économies locales.
 

La Charte de l’investissement dédiée aux TPME n’est pas simplement un texte juridique de plus. Elle incarne une rupture de paradigme dans la manière dont le Maroc envisage sa base entrepreneuriale. En mettant l’emploi, l’innovation et l équité territoriale au centre, elle jette les bases d’une économie plus inclusive, plus performante et plus juste.
 

Pour que cette vision se traduise en réalité, il faudra encore du temps, de l’engagement et une vigilance collective mais déjà, pour beaucoup d’entrepreneurs, c’est une lueur d’espoir tangible dans un paysage économique assoiffé de réformes profondes.






Mercredi 28 Janvier 2026

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