De l’hiver qatari à l’hiver marocain, le fil conducteur est clair. Le Maroc ne se contente plus de « bien figurer » ; il s’installe durablement parmi les puissances du football mondial. La mise à jour de janvier 2026 consacre cette trajectoire ascendante : huitième nation mondiale, le Maroc signe son meilleur classement historique et retrouve le Top 10 pour la première fois depuis avril 1998.
Avant 2022, la sélection marocaine figurait déjà parmi les meilleures d’Afrique, sans toutefois parvenir à franchir le seuil symbolique des toutes premières places mondiales. Puis est venu le tournant qatari. Classés 22es avant la Coupe du monde 2022, les Lions de l’Atlas ont bouleversé la hiérarchie en atteignant une demi-finale historique, une première pour le continent africain. Loin d’un exploit isolé, cette performance a marqué le début d’un nouveau cycle.
La véritable différence réside depuis dans la continuité. Après l’épopée mondiale, le Maroc a appris à évoluer sous un nouveau regard : celui des grandes nations, qui abordent désormais les Lions de l’Atlas comme un adversaire majeur, et non plus comme une équipe simplement « piège ».
Le parcours n’a toutefois pas été exempt d’embûches. La CAN 2023 en Côte d’Ivoire, conclue par une élimination en huitièmes de finale, a rappelé que la constance au sommet se construit dans la durée. Mais ce passage à vide n’a pas brisé l’élan ; il l’a rendu plus exigeant.
Une série record et un cap symbolique
En 2025, le Maroc a renoué avec une dynamique impressionnante, inscrivant son nom dans les livres des records avec 19 victoires consécutives en matches internationaux, une série présentée comme un record mondial. La progression au classement FIFA en janvier 2026 (+3 places) vient officialiser cette montée en puissance. Malgré la finale de CAN perdue à domicile, le constat demeure : le Maroc a franchi un seuil symbolique et statistique, celui des sélections installées durablement dans le haut du tableau mondial.
Dans le même temps, le Sénégal, sacré champion d’Afrique, a lui aussi progressé en atteignant la 12e place (+7), son meilleur classement historique. Un contexte révélateur de l’essor du football africain, même si le Maroc évolue désormais dans une sphère encore rarement atteinte sur le continent.
La qualification pour la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada, donne une perspective immédiate à ce classement. Huitième nation mondiale, le Maroc ne se présentera plus en outsider séduisant, mais en équipe naturellement citée parmi les prétendants, aux côtés des géants habituels.
Un classement ne marque pas de buts, mais il traduit l’essentiel : la régularité, la densité des résultats, la capacité à s’imposer face à des adversaires variés et dans des contextes différents. Il installe aussi une nouvelle exigence, presque une nouvelle culture, où une finale perdue n’est plus perçue comme un « exploit honorable », mais comme une déception.
Pendant des décennies, les sélections africaines ont flirté avec l’excellence sans parvenir à s’y installer durablement. En atteignant la 8e place mondiale, le Maroc vient de briser ce plafond. Plus qu’un chiffre, c’est un message adressé au monde du football : les Lions de l’Atlas ne sont plus une parenthèse remarquable, ils deviennent une présence régulière au sommet.
Si 2022 restera l’histoire de la surprise, 2026 s’écrit désormais comme celle de la confirmation.












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