Un chiffre d'affaires record, des suppressions de postes massives
C'est un paradoxe difficile à avaler. Cloudflare affiche ce trimestre un chiffre d'affaires de 639,8 millions de dollars, son niveau historiquement le plus élevé, en hausse de 34 % sur un an. Pourtant, l'entreprise enregistre simultanément une perte nette de 62 millions de dollars et annonce la suppression de 1 100 emplois sur ses 5 500 salariés.
Les cofondateurs Matthew Prince et Michelle Zatlyn ne cherchent pas à esquiver. Ils assument. L'IA, expliquent-ils, aurait multiplié l'utilisation interne d'outils automatisés de 600 % en seulement trois mois, rendant certains collaborateurs « dix à cent fois plus productifs ». La conclusion logique, pour eux : moins de mains pour le même output. Cloudflare a tout de même prévu 150 millions de dollars pour maintenir les salaires des licenciés jusqu'à fin 2026.
Les cofondateurs Matthew Prince et Michelle Zatlyn ne cherchent pas à esquiver. Ils assument. L'IA, expliquent-ils, aurait multiplié l'utilisation interne d'outils automatisés de 600 % en seulement trois mois, rendant certains collaborateurs « dix à cent fois plus productifs ». La conclusion logique, pour eux : moins de mains pour le même output. Cloudflare a tout de même prévu 150 millions de dollars pour maintenir les salaires des licenciés jusqu'à fin 2026.
L'IA comme prétexte ?
Cloudflare n'est pas un cas isolé. En ce même mois de mai 2026, Upwork, Coinbase et Freshworks annoncent des réductions d'effectifs similaires, toutes justifiées par les mêmes arguments technologiques. Cette séquence préoccupe économistes et chercheurs.
Une étude d'Oxford Economics tempère les certitudes : de nombreuses entreprises utiliseraient l'IA comme prétexte commode pour des licenciements motivés par des raisons bien plus classiques — pression des actionnaires, rationalisation des coûts, repositionnement stratégique. Sam Altman, patron d'OpenAI, a lui-même évoqué le phénomène d'« AI washing ». Gartner, de son côté, constate que les suppressions justifiées par l'IA échouent souvent à dégager les gains de productivité annoncés.
Ce que révèle le cas Cloudflare, c'est moins une révolution qu'un glissement de responsabilité. Quand l'algorithme devient l'argument, la question politique devient technique. Et la question humaine devient budgétaire.
Une étude d'Oxford Economics tempère les certitudes : de nombreuses entreprises utiliseraient l'IA comme prétexte commode pour des licenciements motivés par des raisons bien plus classiques — pression des actionnaires, rationalisation des coûts, repositionnement stratégique. Sam Altman, patron d'OpenAI, a lui-même évoqué le phénomène d'« AI washing ». Gartner, de son côté, constate que les suppressions justifiées par l'IA échouent souvent à dégager les gains de productivité annoncés.
Ce que révèle le cas Cloudflare, c'est moins une révolution qu'un glissement de responsabilité. Quand l'algorithme devient l'argument, la question politique devient technique. Et la question humaine devient budgétaire.












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