Cette nouvelle dynamique repose sur plusieurs sources de revenus : partenariats avec des marques, placements de produits, publicité intégrée, programmes d’affiliation ou encore dons en direct lors des diffusions en ligne. Certains créateurs marocains cumulant des centaines de milliers d’abonnés parviennent ainsi à générer des revenus mensuels supérieurs à ceux de cadres salariés, notamment dans les secteurs de la beauté, du gaming, de la cuisine et du lifestyle.
Pour les entreprises, ces comptes monétisés représentent une opportunité marketing à fort rendement. Les campagnes d’influence coûtent souvent moins cher que la publicité traditionnelle tout en offrant un ciblage précis et un taux d’engagement élevé. Les PME marocaines, en particulier, y voient un moyen accessible d’accroître leur visibilité sans mobiliser de budgets publicitaires importants. Cette mutation favorise l’émergence d’un marketing plus authentique, basé sur la proximité et la confiance entre créateurs et abonnés.
L’impact économique dépasse cependant la simple promotion commerciale. Autour de cette économie des créateurs gravitent désormais des photographes, vidéastes, agences de communication digitale, spécialistes du montage vidéo et community managers. De nouveaux métiers apparaissent, contribuant à la structuration d’un écosystème numérique local. Cette évolution participe à la modernisation du tissu économique et à la création d’opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes diplômés.
Toutefois, cette croissance s’accompagne de défis. L’absence d’un cadre réglementaire spécifique sur les revenus issus des plateformes numériques soulève des questions fiscales et juridiques. La transparence des partenariats commerciaux, la protection des consommateurs et la régulation des contenus sponsorisés deviennent des enjeux majeurs. Plusieurs observateurs estiment qu’une structuration progressive du secteur est inévitable afin d’assurer une concurrence équitable et une meilleure traçabilité des revenus.
Par ailleurs, la dépendance aux algorithmes des plateformes constitue un risque réel pour les créateurs. Une modification des règles de visibilité ou des conditions de monétisation peut affecter brutalement leurs revenus. Cette fragilité pousse certains influenceurs à diversifier leurs sources de gains, notamment via l’e-commerce, la formation en ligne ou la création de marques personnelles.
Au Maroc, l’essor des comptes monétisés illustre une transformation plus large : celle d’une économie où l’attention devient une ressource monétisable et où la créativité digitale peut se convertir en valeur marchande. Encore émergent, ce phénomène redéfinit les frontières du travail indépendant et ouvre la voie à de nouvelles formes d’entrepreneuriat.
Si son poids exact reste difficile à mesurer, une certitude s’impose : l’économie de l’influence n’est plus marginale. Elle s’installe durablement dans le paysage économique national, portée par une génération connectée qui transforme les likes et les vues en véritables moteurs de croissance.












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