De Bombay à Beyrouth... Citoyens contre la corruption


A Beyrouth, il y a plus d'une semaine, une jeune femme libanaise, Sally Hafez, s'est déguisée en braqueuse et s'est introduite dans une agence bancaire en portant un pistolet, forçant les employés de la banque à lui donner 13 000 dollars américains.
Adil Ben Hamza



Il s’avère qu’elle était cliente et qu'elle a été « forcée » d'entrer par effraction dans la banque parce que cette dernière a refusé de lui donner son argent car elle voulait aider sa sœur atteinte d'un cancer.
 
Il s'agit d'une image à petite échelle de la faillite à laquelle le Liban est parvenu du fait de l'accumulation de la corruption depuis des décennies, et en même temps d'un exemple du degré de désespoir des citoyens dans un certain nombre de pays du monde après l'aggravation de crises dont le prix est payé par les citoyens simples qui ne se rendent de toute façon pas.
 
Les méthodes de confrontation varient du plus violent à l'acte civilisé dont l'emploi peut aller au-delà de la réalisation d'un impact sur le plan économique dans l'aspect lié aux prix et à la protection du pouvoir d'achat du consommateur, à une action civile qui exerce une pression sur les acteurs politiques et affecte l'élaboration des politiques publiques et le plein respect des lois et législations.
 
L'Inde est un pays qui tient toujours à nous surprendre, notamment en accomplissant la célèbre expérience de Gandhi dans sa confrontation pacifique et non violente avec l'Empire britannique sur lequel le soleil ne se couche jamais.
 
L'histoire indienne dit que Kisan Baburao Hazar, qui était populairement connue en Inde sous le nom d'Anna Hazari, est née en 1937, une militante sociale indienne et un leader éminent du mouvement anti-corruption indien de 2011, basé sur l'approche de la non-violence et les enseignements du Mahatma Gandhi, s'est mis en grève le 5 avril 2011 pour Food afin de faire pression sur le gouvernement afin de lutter contre la corruption.
 
Comme confirmé à l'époque par diverses agences de presse et journaux, l'activiste indien a exigé la création d'un organe connu sous le nom de "médiateur" pour enquêter sur les affaires de corruption contre quiconque, y compris le Premier ministre, les hauts magistrats et tous les niveaux de bureaucrates, mais le Le gouvernement indien a approuvé ce projet de loi au Parlement, en excluant les hauts fonctionnaires, les juges et le Premier ministre. Hazari a ensuite entamé une grève de la faim sur une place publique de Mumbai, ce qui a déclenché de nombreuses manifestations en Inde.

Le gouvernement indien, déconcerté par la méthode choisie par Anna Hazari et craignant l'expansion de cette méthode au milieu d'une sympathie croissante de la part du peuple, a entrepris une démarche ennuyeuse en arrêtant Anna Hazari et en empêchant tout rassemblement de plus de quatre personnes à Mumbai pour crainte d'une large campagne de sympathie au milieu de la rue indienne, ce qui s'est exactement passé. L'arrestation d'Hazari a alimenté la sympathie populaire envers lui et a donné à l'affaire une dimension internationale.
 
Après 13 jours de grève de la faim, le gouvernement indien a succombé aux demandes de hazari et a retiré le projet de loi du Parlement pour l'amender afin d'assurer la responsabilité et la responsabilité de tous ceux qui portent une responsabilité au sein de l'autorité.
 
Anna Hazari n'a rien inventé de nouveau pour les Indiens, mais a simplement recréé l'ancienne sagesse indienne créée par le grand Gandhi, qui a gravé avec sérénité d'esprit son célèbre dicton "D'abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, puis ils vous combattent, alors vous gagnez »... et c'était tout, Gandhi et les pauvres Indiens ont gagné contre l'Empire britannique, avec toute son arrogance et son intransigeance...
 
Anna Hazari, a répété l'histoire avec une autre cause et à un autre moment. La démocratie indienne n'a pas empêché l'Inde de toutes les manifestations de misère, d'arriération et de pauvreté... Les rues de Mumbai et de New Delhi ne sont pas différentes des rues des pays les plus pauvres d'Afrique subsaharienne, et la démocratie indienne n'a pas empêché la race, l'ethnie et les conflits religieux qui ne finissent que pour commencer de plus en plus intensément, et n'ont pas empêché la démocratie en Inde de rédiger une loi qui accorde une protection absolue aux hommes politiques, et la démocratie en Inde n'a pas empêché l'arrestation d'un homme pacifique qui a décidé de faire une grève de la faim à l'âge de 74 ans...
 
Mais cette même démocratie qui a poussé un homme à choisir la plus noble méthode de protestation sans brûler ni détruire ni effusion de sang, et cette démocratie est aussi ce qui a fait que les médias locaux véritablement indépendants (...) mènent une campagne de solidarité avec Anna Hazari, et cette démocratie est aussi ce qui a poussé le gouvernement indien, qui dirige un peuple d'un milliard et demi d'habitants, à se soumettre à un seul citoyen indien.
 
En l'affrontant, il a mené « la bataille des intestins vides » et lui a demandé de le libérer, puis de mettre en œuvre ses demandes. Malheureusement, lorsque la démocratie est absente, la réponse des gouvernements et des entreprises à des millions de citoyens/consommateurs est un torrent d'insultes, de trahison et de tyrannie, en l'absence d'initiatives réelles pour répondre à la profondeur du problème posé par le problème de l'inflation et du chaos dans le système mondial et l'élargissement du fossé entre les classes sociales qui en résulte, qui laisse présager un chaos généralisé.
 

Source : annahar.com




Samedi 24 Septembre 2022

Mustapha Bourakkadi
Journaliste sans la prétention de détenir la science infuse... ma seule ambition est de rapporter... En savoir plus sur cet auteur

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