On a longtemps cru que certaines idées relevaient de l’utopie.
Ville marocaine, profondément enracinée dans son identité, elle a pourtant connu, entre 1923 et 1956, un statut international qui l’a transformée en laboratoire politique, urbain et humain.
Ce choix n’a pas dilué son âme ; il l’a protégée, enrichie, projetée vers l’avenir.
Aujourd’hui, face à l’enfer de Gaza, l’idée d’un statut international transitoire mérite d’être pensée non comme une dépossession, mais comme un outil de reconstruction humaine.
Il ne s’agirait ni d’effacer la Palestine ni de confisquer la mémoire gazaouie, mais au contraire de créer un cadre sécurisé, juridiquement clair, placé sous garantie internationale, permettant de reconstruire la ville, ses infrastructures, ses écoles, ses hôpitaux, et surtout la dignité de ses habitants.
Donner du temps au temps. Sortir de l’urgence permanente pour entrer dans un projet.
Ce scénario est réalisable.
Il suppose une gouvernance internationale limitée dans le temps, une administration civile protégée, des investissements massifs et contrôlés, et une priorité absolue à l’humain : logement, santé, éducation, culture.
Gaza resterait palestinienne par son histoire, sa population, sa mémoire collective, tout comme Tanger est restée marocaine malgré son statut singulier. L’internationalisation ne serait pas une fin, mais un pont.
Regarder Tanger aujourd’hui, joyau du nord du Royaume du Maroc, ville réconciliée avec elle-même et tournée vers le monde, c’est comprendre que certaines blessures peuvent devenir des forces.
Gaza, un jour, pourrait incarner cette même leçon : celle d’une ville meurtrie, reconstruite par l’intelligence politique et le courage moral, devenue symbole non de la guerre, mais de la capacité du monde à réparer ce qu’il a laissé se détruire.
PAR ANWAR CHERKAOUI/QUID.MA -












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