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De l'indigence intellectuelle assumée, il n’y a rien à espérer


Le Maghreb n’existe qu’en tant qu’illusion. Un espoir des peuples de la région qui est invariablement contrarié par une réalité moins enthousiasmante. Les Marocains sont appelés à en tenir compte et agir en conséquence.



A lire ou à écouter en podcast :

de_l__indigence_intellectuelle_assumee,_il_n_y_a_rien_a_esperer.mp3 De l'indigence intellectuelle assumée, il n’y a rien à espérer.mp3  (4.47 Mo)

C’est l’histoire d’une émission satyrique bête et vulgaire, diffusée par une chaîne de télévision algérienne qui se moque éperdument de l’éthique journalistique. 

Ses producteurs et leurs commanditaires y ont vomi toute leur haine du Maroc et des Marocains en s’en prenant à leur monarque.

Il est possible d’ignorer avec dédain ce qui n’est que l’expression de l’indigence intellectuelle de la direction politique du pays voisin et de ses extensions médiatiques. 

S’ils n’ont même pas conscience de l’importance qu’accorde tout peuple à ses symboles, c’est qu’ils manquent de profondeur historique pour pouvoir se projeter dans l’avenir au lieu de cracher dessus.

Bleuite

Pourtant, l’Algérie est passée de l’occupation ottomane à celle française, au 19e siècle, suite à un « coup d’éventail » donné par le Dey Hussein d’Alger au consul Pierre Duval. 

Plus d’un siècle plus tard, les tenants du pouvoir à Alger ne semblent toujours pas avoir appris à mesurer les effets du mépris des symboles.

Il faut toutefois avouer que l’Algérie s’est infligé, lors de la guerre pour l’indépendance, une tragique automutilation intellectuelle suite à une manipulation des services secrets français, un coup de génie malsain appelé la « Bleuite ».

Un petit malin du nom de Paul-Alain Léger, natif d’Azemmour, au Maroc, officier parachutiste SAS et agent du SDECE de son état, a eu l’idée de permettre à une militante algérienne, Tadjer Zohra, de lire de fausses lettres signées par de pseudo-collaborateurs.

Il s’agissait, en fait, des noms de jeunes algériens instruits qui avaient rejoint le maquis. Le capitaine Léger a, par la suite, relâché la militante algérienne et l’a même ramené chez elle en voiture, pour faire croire à ses camarades qu’elle les a trahis.

Automutilation

Quand elle est tombée entre les mains d’un capitaine de l’ALN, le tristement célèbre Hacène « la torture », un ancien collaborateur de la Gestapo, la pauvre fille s’est empressée de réciter les noms des soi-disant collaborateurs. 

Après quoi, le Colonel Amirouch, commandant du maquis de la Wilaya III, a fait éliminer tous les jeunes cadres qu’il avait lui-même appelé à rejoindre la résistance.

D’un seul coup, l’ALN s’est retrouvée privée de bons et loyaux jeunes officiers instruits. Une amputation dont l’Algérie a longtemps traîné les conséquences, même après son indépendance, outre la plaie béante ainsi laissée dans l’imaginaire collectif algérien.

Les personnes qui s’intéressent à l’histoire récente des pays du Maghreb sont souvent étonnées de constater que l’Algérie a été dirigée, à son indépendance, par d’anciens sous-officiers de l’armée française, alors que les Forces Armées Royales ont été créées par des officiers supérieurs qui ont choisi de rejoindre leur pays émancipé. 

Les deux pays maghrébins n’ont pas largué les amarres avec la France de la même manière.


Qui tue qui ?

Le plus étrange est qu’une situation similaire à la Bleuite s’est aussi produite pendant la triste décennie noire des années 90. Là, ce sont plutôt les terroristes islamistes qui se sont chargés du sale boulot, éliminant ou poussant à l’exode nombre d’intellectuels algériens.

Mais allez savoir si, dans ce cas de figure, il n’y aurait pas eu également des services secrets qui tiraient les ficelles dans l’ombre. De nombreux massacres perpétrés au cours de cette décennie noire en Algérie, à l’exemple de celui de Bentalha, en 1997, demeurent totalement inexpliqués.

Qui a tué qui, en Algérie, dans les années 90, demeure la grande question en suspens. Mais on sait quand même que les intellectuels algériens n’ont jamais été en odeur de sainteté auprès du régime des caporaux.

Médiocrité

On en est arrivé aujourd’hui à ce que la mafia des bidasses place à la tête de l’Algérie un personnage du calibre d’Abdelmjid Tebboune, qui a été ministre dans le gouvernement d’Abdelmalek Sellal, alias « Batata ». Et un chef d’état-major, le Général Saïd Chengriha, en couche-culotte.

Que Dieu aie en sa Sainte miséricorde Mohamed Boudiaf. Quand il a essayé de mettre son pays sur la voie de la démocratie et de la modernité, il s’est fait tirer dans le dos. Lâcheté et bassesse vont de pair chez les bidasses ignares qui empoisonnent l’Algérie.

Par Ahmed NAJI





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 18 Février 2021

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