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Démocratie : Le Maroc peut mieux faire


Rédigé par le Mercredi 21 Février 2024

La démocratie ne se porte pas bien dans le monde a constaté « The Economist Intelligence Unit » dans son évaluation de l’année 2023. Le Maroc, classé 93ème sur 160 pays, est qualifié de « régime hybride ».



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L’indice de la démocratie, réalisé et publié par le groupe de presse britannique « The Economist » depuis 2006, n’est pas reluisant pour 2023.

La moyenne mondiale aurait, en effet, reculé de 5,29 sur 10, en 2022, à 5,23, l’année écoulée. Sur les 167 pays dont les régimes politiques ont été passés à la loupe, seuls 24, soit à peine 7,8% de la population mondiale, peuvent se targuer d’être des démocraties « complètes ».

Au plus bas de l’échelle, 40% de la population mondiale vit sous des régimes dits « autoritaires ».
 
Entre les démocraties complètes et les régimes autoritaires, il y a les démocraties défaillantes et les régimes hybrides, le Maroc appartenant à cette dernière catégorie.

L’étoile à cinq branches

Cinq critères sont pris en considération dans l’élaboration de l’indice de la démocratie : les processus électoraux et pluralisme, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique et les libertés civiles.

Le Maroc a obtenu 5,25 sur 10 en matière de processus électoraux et de pluralisme, 4,64 sur 10 en ce qui concerne le fonctionnement du gouvernement, 5,63 sur 10 pour la participation politique et 4,12 sur 10 seulement pour la culture politique et les libertés civiles.

Ces scores sont révélateurs en soi des attentes de la population marocaine, qui dépassent l’offre des pouvoirs publics. 

Les Marocains s’impliquent, autant qu’ils le peuvent, dans la vie politique, les scrutins électoraux et le pluralisme partisan que leurs libertés civiles ne sont promues et que leur gouvernement ne s’avère performant. La culture politique est, tout simplement, défaillante.

La nouvelle constitution fête ses 12 ans

La publication de l’indice de la démocratie au Maroc est intervenue quelques semaines après celle de l’indice de la perception de la corruption pour l’année 2023.

Avec un score de 38 sur 100 (3,8 sur 10 pour le rapprocher de celui de la démocratie), le Maroc se classe 97ème sur 180 pays. Il a reculé de trois places par rapport à 2022.

Douze ans après l’adoption d’une nouvelle constitution, le Maroc peine encore à trouver le chemin d’une démocratie satisfaisante pour ses citoyens.

Les ingrédients socioculturels

Le Maroc a connu une transition démographique rapide, son indice de fécondité n’étant plus que de 2,1 enfants par femme (chiffre 2021), ce qui permet juste le renouvellement des générations.

Le taux d’alphabétisation de la population marocaine, qui est de 64,1% (chiffre 2019), aussi frustrant soit-il, reflète, tout de même, une capacité améliorée des Marocains à connaître leurs droits, accéder à l’information et opérer leurs choix politiques en conséquence.

Avec une population plus instruite et une croissance démographique maîtrisée, tous les ingrédients socioculturels sont, normalement, présents pour permettre au Maroc d’opérer une évolution démocratique tant escomptée par ses citoyens.

Celle-ci semble, toutefois, butter sur une incapacité des élites politiques à prendre conscience de la dynamique des changements socioculturels qui anime la population marocaine.

Un inquiétant déphasage

Le discours de la classe politique est, paradoxalement, plus moderne que ses comportements.

La classe politique semble, d’ailleurs, plus soucieuse des commentaires acerbes des citoyens à son égard, sur les réseaux sociaux, que des performances réelles de son mode de gouvernance.

Cette difficulté de la classe politique à mieux appréhender et répondre plus efficacement aux attentes des Marocains en matière de démocratie, conjuguée à une croissance économique poussive (3% en moyenne au cours prochaines années selon le FMI), contrairement à des régimes autoritaires mais économiquement performants, telle la Chine, augure d’une amplification, à terme, des tensions sociopolitiques.

Dans un contexte géopolitique international marqué par des chamboulements profonds et porteur d’autant de graves menaces que de grandes opportunités, un resserrement des rangs en interne, grâce à une plus grande implication citoyenne dans la gestion de la chose publique, n’est pas un luxe idéologique, mais une nécessité pratique.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 21 Février 2024

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