Menu

Des plages et des hommes...


Le dernier rapport sur la qualité des eaux de baignade et l'hygiène des plages est- il une escroquerie ou un exercice de marketing politique très peu crédible ?



On serait tenté de pencher pour les deux hypothèses en même temps. On vous explique pourquoi. 

On comprend bien que le ministre cherche à redorer son blason, à deux mois des élections, en déclarant que 87% des plages sont conformes à la norme, que 5% sont à éviter et que 29% ne disposent pas d'eaux de baignade de qualité. 

Pour que ce genre de rapport puisse être crédible, il faudrait tout d'abord que les analyses soient faites le plus proche possible de la saison estivale, et non pas quelques semaines, voire même quelques mois plus tôt. 

Dans ces conditions, les résultats des analyses de la qualité des eaux de baignade reflètent la situation d’il y a trois mois et non pas celle du moment où vous allez à la plage.

Entre le moment où sont réalisés les prélèvements et le pic de la saison estivale en juillet et août, il se passe énormément de choses, allant des égouts qui déversent sans arrêt sur le littoral, sans traitement préalable des rejets, et les déchets des baigneurs.
De ce point de vue, les résultats des analyses, même très bons, ne veulent absolument plus rien dire.

À partir du moment où des milliers de baigneurs ‘font leur besoins’ en se baignant, faute de toilettes publiques, de quelle qualité des eaux peut-on encore parler ?

Ce qui est évident, c'est que l'assainissement liquide dans notre pays est une véritable bombe à retardement.

Surtout quand les eaux usées, ménagères et industrielles, ne sont pas systématiquement traitées par la force de la loi.
Il est urgent de revoir la gestion des plages dans notre pays, en précisant les responsabilités par rapport à la qualité des eaux de baignade.

Et puis, ce rapport est quelque peu complaisant, car on peut avoir cette impression qu'il fallait sauver le tourisme balnéaire.
S’agissait-il de ménager, essentiellement, les grands établissements touristiques et hôteliers ?

Ces derniers ne pourront, certainement pas, faire le plein de nuitées si les plages au bord desquels ils sont situés venaient à être déclarées impropres à la baignade, voire carrément interdites. 

Cela n'a l'air de rien, mais l’on a cherché à ménager, à la fois, la chèvre et le chou...

Pour terminer, le citoyen devrait, en principe, avoir le droit de disposer, en permanence, des informations pertinentes et crédibles concernant ce qu'il a dans son assiette, l'air qu'il respire et l'eau qu’il boit.

De bénéficier, également, d’informations quotidiennes en ce qui concerne la salubrité des plages.

Hors de cela, point de développement durable.

 
Hafid Fassi Fihri

Edito de Hafid Fassi Fihri a découvrir dans le dernier i-Mag de l'ODJ

Magazine créé avec Madmagz.






Hafid Fassi fihri
Hafid Fassi Fihri est un journaliste atypique , un personnage hors-normes . Ce qu'il affectionne,... En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 4 Juillet 2021

Dans la même rubrique :
< >