Politisation d’un événement festif
La fracture s’est illustrée lors de la mi-temps du Super Bowl le 8 février, où le chanteur portoricain Bad Bunny a présenté un spectacle coloré et joyeux devant 130 millions de téléspectateurs. Plutôt que de saluer la performance, Donald Trump a critiqué l’artiste, qualifiant son show d’« affront à la grandeur de l’Amérique » et de « claque au visage » du pays. La Maison Blanche a validé cette prise de position, en pleine controverse sur la traque policière des migrants sans papiers et alors que Trump perdait du terrain auprès des minorités et des 18-30 ans.
Cette séquence montre un glissement de l’administration vers un message identitaire et xénophobe, politisation d’un moment culturel jusqu’alors consensuel.
Crise de popularité et perte de contrôle sur sa base
Le président Américain s’est également retrouvé isolé sur les réseaux sociaux. La diffusion d’une vidéo raciste montrant Barack et Michelle Obama en singes, sur son compte Truth Social, a révélé l’écart entre la Maison Blanche et les personnes ne partageant pas la vision trumpiste d’une nation blanche et chrétienne.
L’usage des mèmes, références masculinistes et vidéos IA reste privilégié par Trump pour mobiliser sa base, mais ces contenus ne parviennent plus à séduire ou divertir les plus jeunes et minorités, fragilisant son influence sur les cercles virilistes qui le soutenaient autrefois.
Un repli identitaire à haut risque
Les événements récents traduisent un repli identitaire et politique dans un contexte de fracture sociale et culturelle profonde aux États-Unis. Les moments de communion populaire sont désormais rares, et même des tragédies ou de grands événements sportifs divisent la population. Le lien entre Trump et ses alliés culturels semble désormais fragile, ouvrant un nouvel épisode d’incertitude pour la droite ultraconservatrice américaine à l’approche des échéances électorales.












L'accueil















