Tanger met en lumière l’œuvre singulière d’Aziz Abou Ali
Né à Marrakech en 1935, Aziz Abou Ali connaît une enfance marquée par la précarité avant de se lancer tardivement dans l’art. Autodidacte au départ, il poursuit sa formation aux Écoles des Beaux-Arts de Tétouan, puis à Séville et Madrid. Installé durablement en Espagne, il développe un langage plastique exigeant, centré sur la figure humaine et la gravure. Il mène une vie de plus en plus retirée, privilégiant l’intimité de son atelier et s’éloignant des cercles médiatiques.
Figuration et abstraction : le corps comme langage intérieur
La rétrospective met en avant un corpus cohérent, traversé par des tensions permanentes ; figuration et abstraction, présence et effacement, enfermement et résistance. Peintures, dessins, gravures et sculptures révèlent une figure humaine centrale, souvent fragmentée, entravée ou dépourvue de visage. Dans son œuvre, le corps cesse d’être narratif pour devenir vecteur d’expression intérieure, traduisant silence, solitude et lutte intime.
Préservation et transmission : l’exposition au cœur du patrimoine marocain
À partir des années 1980, l’artiste vit dans des conditions matérielles précaires à Madrid, tout en maintenant une production soutenue jusqu’à sa mort en 1993. « La Solitude des formes » poursuit une double ambition : faire découvrir la profondeur de son travail et préserver son héritage pour l’histoire de l’art marocain moderne. L’exposition permet aux visiteurs de suivre le fil d’une vie marquée par résilience et création, et de réfléchir à la place de la figure humaine dans l’art contemporain.
Pour les amateurs d’art, cette rétrospective offre une occasion rare de mesurer l’intensité et la singularité d’Aziz Abou Ali, dont l’œuvre continue de résonner bien après sa disparition.












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