Le ministre Nizar Baraka assure que le Maroc a franchi un cap et “sorti de la série des années de sécheresse”, à la faveur de précipitations récentes et d’investissements hydriques. Reste une question de fond : un épisode pluvieux suffit-il à changer durablement la donne ?
Les barrages remontent, mais la vulnérabilité demeure
Depuis plusieurs années, la sécheresse s’est imposée comme un fait politique et économique majeur au Maroc. Les impacts ont été visibles : baisse de certaines productions agricoles, tension sur l’eau potable dans plusieurs zones, pression sur les nappes, et débat national sur la priorisation des usages. Dans ce contexte, la déclaration du ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, affirmant que le pays serait “sorti de la série des années de sécheresse”, marque un moment de respiration — mais aussi un test de lucidité collective.
D’un côté, des précipitations plus favorables peuvent effectivement améliorer rapidement certains indicateurs : remontée partielle des retenues des barrages, reprise des apports de surface, soulagement de certaines cultures et réduction temporaire de la pression sur les forages. Sur le terrain, cela se traduit par des restrictions parfois assouplies, des cycles agricoles relancés et une confiance relative des acteurs économiques, notamment dans les régions où l’eau conditionne l’emploi.
Mais l’autre face du tableau invite à la prudence. Le changement climatique ne se manifeste pas seulement par “moins de pluie”, mais par une plus grande variabilité : alternance de périodes sèches longues et d’épisodes pluvieux intenses, parfois peu efficaces pour la recharge des nappes et susceptibles de provoquer ruissellement et pertes. Autrement dit, une bonne saison ne gomme pas une tendance structurelle : la rareté relative de l’eau et la compétition entre usages.
C’est là qu’interviennent les investissements annoncés ou poursuivis ces dernières années : dessalement, interconnexions entre bassins, renforcement des adductions, amélioration du rendement des réseaux, et modernisation de l’irrigation. Ces chantiers visent à réduire la dépendance au “tout-pluie” et à sécuriser l’alimentation en eau potable des grandes villes tout en stabilisant l’activité agricole là où c’est possible. Ils posent toutefois des questions de coût, d’énergie, de tarification et d’équité territoriale.
En définitive, la déclaration du ministre peut être lue comme un signal de confiance et de mobilisation : oui, le pays investit et s’adapte. Mais la sortie durable d’une “série” de sécheresse ne se décrète pas ; elle se construit sur plusieurs années, avec des indicateurs hydrologiques, des économies d’eau vérifiables, et une gouvernance qui arbitre clairement entre les priorités. Le vrai tournant, ce sera la capacité à consommer moins et mieux, même quand il pleut.
D’un côté, des précipitations plus favorables peuvent effectivement améliorer rapidement certains indicateurs : remontée partielle des retenues des barrages, reprise des apports de surface, soulagement de certaines cultures et réduction temporaire de la pression sur les forages. Sur le terrain, cela se traduit par des restrictions parfois assouplies, des cycles agricoles relancés et une confiance relative des acteurs économiques, notamment dans les régions où l’eau conditionne l’emploi.
Mais l’autre face du tableau invite à la prudence. Le changement climatique ne se manifeste pas seulement par “moins de pluie”, mais par une plus grande variabilité : alternance de périodes sèches longues et d’épisodes pluvieux intenses, parfois peu efficaces pour la recharge des nappes et susceptibles de provoquer ruissellement et pertes. Autrement dit, une bonne saison ne gomme pas une tendance structurelle : la rareté relative de l’eau et la compétition entre usages.
C’est là qu’interviennent les investissements annoncés ou poursuivis ces dernières années : dessalement, interconnexions entre bassins, renforcement des adductions, amélioration du rendement des réseaux, et modernisation de l’irrigation. Ces chantiers visent à réduire la dépendance au “tout-pluie” et à sécuriser l’alimentation en eau potable des grandes villes tout en stabilisant l’activité agricole là où c’est possible. Ils posent toutefois des questions de coût, d’énergie, de tarification et d’équité territoriale.
En définitive, la déclaration du ministre peut être lue comme un signal de confiance et de mobilisation : oui, le pays investit et s’adapte. Mais la sortie durable d’une “série” de sécheresse ne se décrète pas ; elle se construit sur plusieurs années, avec des indicateurs hydrologiques, des économies d’eau vérifiables, et une gouvernance qui arbitre clairement entre les priorités. Le vrai tournant, ce sera la capacité à consommer moins et mieux, même quand il pleut.












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