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Emploi-Formation: Vers une connexion durable entre universités et entreprises pour l’emploi


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 18 Février 2026

Mardi dernier, dans une salle feutrée du siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) à Casablanca, s’est tenue une signature qui pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire de l’enseignement supérieur au Maroc. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, et le président de la CGEM, Chakib Alj, ont paraphé une convention‑cadre stratégique visant à structurer durablement le partenariat entre universités et entreprises. Objectif affiché : renforcer l’adéquation formation‑emploi et améliorer l’insertion professionnelle des diplômés dans un contexte économique en pleine mutation



Selon les données officielles les plus récentes du ministère, près de 1,1 million d’étudiants suivent actuellement des formations supérieures au Maroc, dont 58 % de femmes, avec environ 150 000 diplômés chaque année. Malgré ce vivier humain considérable, un fossé persiste entre ce que produisent les établissements d’enseignement et les attentes réelles du marché de l’emploi. C’est ce déséquilibre souvent cité par les chefs d’entreprise que la nouvelle convention veut corriger en profondeur.
 

Pour El Midaoui, ce partenariat va au‑delà d’un simple accord administratif. « Cette convention n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’un travail collectif », a‑t‑il affirmé devant un parterre d’acteurs académiques et économiques. Dans son allocution, il a évoqué la nécessité de passer d’une relation ponctuelle entre universités et employeurs à une collaboration structurée, fondée sur des objectifs communs, des indicateurs clairs, et une mobilité accrue des jeunes talents vers les secteurs porteurs de l’économie nationale.
 

Sur le terrain, la réalité est proche mais encore fragile. Trop souvent, les stages, les expériences en alternance et les premiers emplois se forgent via des réseaux personnels ou des démarches individuelles plutôt que par des dispositifs institutionnels efficaces. Cette situation contribue à un taux d’insertion professionnelle qui, bien qu’en légère amélioration, reste jugé insuffisant par une grande majorité de diplômés interrogés chaque année.
 

Pour Chakib Alj, le président de la CGEM, le Maroc dispose pourtant d’un formidable capital humain qui mérite d’être mieux exploité. « Notre défi aujourd’hui est de transformer ce potentiel en compétences directement mobilisables pour la croissance et l’entreprise », a‑t‑il souligné. Dans le même esprit, il a insisté sur la nécessité d’aligner les formations universitaires sur les besoins réels des secteurs économiques, notamment ceux liés à l’industrie 4.0, aux nouvelles technologies, à l’innovation et à la transformation digitale.
 

Concrètement, la convention repose sur plusieurs axes stratégiques. Il s’agit d’abord de co‑construire et actualiser les programmes de formation en concertation avec les acteurs économiques, afin de réduire l’écart entre théorie académique et pratiques professionnelles. Ensuite, le développement systématique de stages structurés et de dispositifs d’alternance est placé au centre de l’effort, pour assurer une transition plus fluide vers l’emploi.
 

Un autre point clé est le renforcement des dispositifs d’accompagnement à l’insertion professionnelle, qui devront être régulièrement évalués pour mesurer leur efficacité. Le ministère et la CGEM ont également prévu d’organiser des rencontres périodiques entre universités, entreprises et fédérations sectorielles, pour évaluer les avancées, ajuster les formations, et anticiper les besoins futurs en compétences à court et moyen termes.
 

Les fédérations sectorielles et les antennes régionales de la CGEM seront appelées à jouer un rôle central dans l’ancrage territorial de ce partenariat. Leur présence sur le terrain permettra d’adapter les actions aux réalités locales, de créer des synergies avec les PME et de stimuler l’innovation au plus près des bassins d’emploi.
 

L’enjeu est clair : construire un écosystème intégré qui permette non seulement de réduire le chômage des jeunes diplômés, mais aussi de renforcer la compétitivité de l’économie marocaine dans un environnement global de plus en plus concurrentiel.
 

Dans un contexte où la qualité des compétences devient un facteur déterminant de croissance, cette initiative stratégique entre universités et entreprises représente une étape importante. Si sa mise en œuvre tient ses promesses, elle pourrait bien transformer l’expérience professionnelle des jeunes Marocains et répondre, enfin, à une attente profonde de tout un pan de la société : faire de l’enseignement supérieur un véritable tremplin vers l’emploi et la réussite professionnelle.






Mercredi 18 Février 2026

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