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Enquête HCP / loi 103-13 : zoom sur les violences à l'égard des femmes


Il ne se passe pas une journée sans apporter son lot de violences à l'égard des femmes marocaines, que ce soit violence physique, conjugale ou sexuelle. Des coups de blessures, agressions, violes, ou même des tentatives de meurtres et assassinats.



Personne n'a pensé qu'avec la promulgation d'une loi en 2018 qui définit et criminalise certaines formes de violence à l'égard des femmes, les victimes et leurs enfants pouvaient aisément obtenir justice. Et ce, sans compter sur mes lourdeurs administratives, certaines lois du code pénal ainsi qu'autres difficultés qui font de ce désir de justice un voeu pieux, alors que les violences gagnent terrain de manière franche dans une société marocains, qui est en perte de valeurs et en proie à des violences de plus en plus accrues à tous les niveaux. Face à ces complications, nous comprenons pourquoi ces femmes violées finissent par jeter l'éponge.

Le haut commissariat du Plan (HCP) vient de rendre publique les résultats d'une études, fin novembre. Cette dernière porte sur les violences à l'égard des femmes et des hommes, a été réalisé en 2019, avec l'appui de l'ONU FEMME au Maroc, chose qui a permis d'estimer le coût économique de la violence à l'encontre des femmes et des filles, et ce, pour la première fois au Maroc.

Selon les données du HCP, la violence physique coûte plus cher que toutes les autres formes de violence au Maroc. Le coût de cette violence est estimé à 1,67 milliard de dirhams (MMDH) contre 308 MDH pour la violence sexuelle.

Selon le HCP, ce montant est découlé des dépenses effectuées pour des soins de santé (737 MDH), pour des recours aux services juridiques et judiciaires (406,8 MDH) ainsi que pour l'hébergement en cas d'abandon du domicile conjugal (293,1 MDH), et pour le remplacement et les réparation des biens endommagés avec 11,3% (185 MDH). Et ce, sans parler du coût indirect de la violence conjugal qui est estimé à 351 MDH. S'agissant de la prise en charge des travaux domestiques, du travails rémunérés et de la scolarisation des enfants.

D'apprès ces données, nous remarquons que les Marocains deviennent de plus en plus violents, et ce, au delà des violences urbaines et de la criminalités que nous voyons tous les jours, et ce, depuis plusieurs années, ainsi que la multiplication des agressions, que ce soit avec ou sans armes, sans oublier les crimes liées à l'usages des drogues de tous genres, les phénomènes urbains comme le hooliganisme, les guerres larvées des gangs, les violences sexuelles, les violes, le harcèlement, les violences domestiques au sein des couples et la famille.

Il faut savoir que les réalités du terrain dépassent les chiffres avancés dans ces rapport, elles les dépassent de loin. Les femmes victimes n'osent pas parler des violences qu'elles subissent et surtout ces femmes ne portent pas plaintes, et ce, pour plusieurs raisons, le poids de la famille, le regard de la société, les préjugés, la précarité et le manque de moyens pour engager des poursuites judiciaires contre l'agresseur.

Si on confronte la loi 103-13, qui est une loi relative à la lutte contre la violence faites aux femmes et les dispositions de ses articles 490-493 du Code pénal marocain, nous allons nous rendre compte de tout le chemin de croix de victimes qui doivent de subir encore avec cette hypothétique justice.

Face à ces complications, nous allons comprendre pourquoi les victimes finissent par jeter l'éponge.

Les femmes marocaines subissent en silence toutes des formes de violences coups de blessures, agressions, viols, rapts, kidnapping, harcèlement moral, stress et violence psychologique et physique, tentatives de meurtre et assassinats. Dans ce sens, nous devons nous référer aux données avancées par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) chargée du traitement des affaires de violence contre les femmes qui révèle qu'en 2021, 61388 dossiers qui portent sur toutes les formes de violence à l'encontre des femmes et filles, ont été enregistrés, et ce, avec un total de 62 383 victimes dont 7% sont des mineurs. 

Selon ces chiffres, 8% des femmes violentées n'ont d'autres choix que de retirer leurs plaintes, en jugeant que les procédures sont longues et décourageantes.


Salma LABTAR





Salma Labtar
Journaliste à lodj.ma, lauréate de l'ISIC En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 20 Janvier 2023

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