Une soirée qui vire au cauchemar
Selon les autorités espagnoles, l’accident s’est produit lorsqu’un train privé Iryo reliant Malaga à Madrid a déraillé avant de se déporter sur la voie opposée. Il est alors entré en collision frontale avec un train Alvia de la compagnie nationale Renfe, qui circulait en direction de Huelva. Le choc a été d’une violence telle que plusieurs wagons ont été projetés hors des rails et ont dévalé un talus de plusieurs mètres.
Plus de 500 passagers se trouvaient à bord des deux trains. À l’intérieur, c’est le chaos. Des témoins parlent de cris, de poussière, de vitres brisées et de wagons disloqués. « On se serait cru dans un film d’horreur », raconte un survivant à la télévision espagnole.
Secours massifs et solidarité locale
Très vite, les secours ont été débordés. Pompiers, garde civile, équipes médicales et même l’unité d’urgence de l’armée ont été mobilisés. Un hôpital de campagne a été installé à proximité du site. Le bilan provisoire fait état de plus de 150 blessés, dont plusieurs dans un état critique. Des enfants figurent parmi les victimes hospitalisées.
Avant même l’arrivée de tous les renforts, les habitants d’Adamuz ont réagi. Voitures personnelles transformées en ambulances improvisées, maisons ouvertes pour accueillir les blessés, couvertures, eau, soutien moral. Dans le chaos, la solidarité andalouse a joué un rôle clé.
Identification difficile, causes floues
Les opérations d’identification des victimes s’annoncent longues et complexes. Des bureaux spéciaux ont été ouverts dans plusieurs villes pour recueillir les témoignages des familles et procéder aux prélèvements ADN. Les autorités reconnaissent que certains wagons sont totalement écrasés, rendant l’accès extrêmement difficile.
Sur le plan technique, aucune explication définitive n’a encore été avancée. Les trains ne roulaient pas à une vitesse excessive et la voie avait été récemment entretenue. Aucun freinage d’urgence automatique ne semble avoir été déclenché. Le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une transparence totale et décrété trois jours de deuil national.
L’Espagne possède l’un des réseaux ferroviaires à grande vitesse les plus développés au monde. Ce drame relance donc de lourdes questions sur la sécurité, la gestion du trafic et la coexistence entre opérateurs publics et privés. Les résultats de l’enquête seront scrutés de près, en Espagne comme ailleurs. Pour l’heure, le pays pleure ses morts et retient son souffle.












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