L’ouvrage « Exposer la peine : La prison au prisme du musée », signé par Yasmine Belmahi, vient de paraître à l’initiative de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion. Publié aux éditions La Boîte à Culture, ce livre propose une réflexion sur la mémoire carcérale au Maroc et sur la manière dont l’univers pénitentiaire peut être abordé à travers une démarche muséale.
Dans sa version française, l’ouvrage réunit un ensemble de photographies documentant différents aspects de l’histoire carcérale marocaine, ainsi que les composantes de l’espace pénitentiaire. Il met également en lumière des objets et créations réalisés par des détenus, notamment des tableaux, des maquettes et des produits d’artisanat.
À travers ces productions, l’ouvrage montre que les ateliers artistiques et culturels organisés en milieu carcéral ne relèvent pas uniquement de l’animation. Ils remplissent aussi une fonction sociale plus profonde, en offrant aux détenus un espace d’expression, de création et de reconstruction.
L’ancienne prison de Ghbila au cœur du projet muséal
La couverture du livre représente la porte de la prison de Ghbila, l’un des sites carcéraux les plus emblématiques du Maroc. Ce choix illustre la portée symbolique du projet de Musée carcéral, qui ambitionne de transformer une mémoire jusque-là dispersée en un récit structuré, accessible et ouvert à l’interprétation.
Selon l’auteure, ce musée s’inscrit dans les principes fondamentaux du travail muséal. Il repose sur la présentation de collections originales, la sélection de pièces rares ou significatives, ainsi que la mise en place d’un parcours pédagogique destiné à accompagner le visiteur.
Cette approche permet de porter un regard distancié et réflexif sur les objets exposés. Ceux-ci ne sont plus considérés comme de simples outils liés à l’univers pénitentiaire, mais comme des témoins de l’histoire, de la peine, de l’enfermement et des expériences humaines vécues derrière les murs.
Donner une nouvelle fonction à un lieu chargé d’histoire
Dans le texte de présentation de l’ouvrage, le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Salah Tamek, explique que le projet vise à transformer le bâtiment abandonné de l’ancienne prison de Ghbila en une institution culturelle dédiée à la mémoire carcérale.
Il souligne que ce lieu désaffecté ne doit pas être livré à l’oubli, mais appelé à remplir une nouvelle fonction : raconter l’histoire du monde carcéral au Maroc, sans fascination morbide, sans glorification et sans esthétisation de la souffrance.
Pour Mohamed Salah Tamek, les murs des prisons racontent bien davantage que l’enfermement. Ils témoignent des conceptions successives de la peine, de l’autorité, de la dignité, de la réinsertion et de la rédemption. Ils portent aussi les traces des femmes et des hommes qui y ont été détenus, mais également de celles et ceux qui y ont exercé leur mission, souvent dans la discrétion : surveillants, médecins, éducateurs ou personnels administratifs.
Un musée de la société à travers la prison
Le futur Musée carcéral est ainsi pensé comme un espace profondément humain. Il entend donner voix aux détenus comme aux personnels pénitentiaires, aux parcours individuels comme aux trajectoires collectives.
Selon Mohamed Salah Tamek, il ne s’agit pas simplement de réhabiliter un bâtiment, d’exposer des objets ou de reconstituer des espaces de détention. L’ambition est plus large : faire de ce musée non pas un simple musée de la prison, mais un musée de la société à travers la prison.
Inscrire cet héritage dans le champ patrimonial revient à reconnaître que l’histoire des prisons est indissociable de celle des sociétés qui les ont construites. C’est aussi refuser que la prison demeure enfermée une seconde fois, non plus seulement derrière ses murs, mais dans l’oubli collectif.
Une ambition culturelle et patrimoniale en devenir
Le projet de Musée carcéral sera mené selon plusieurs phases conceptuelles et opérationnelles, dans le respect de l’âme du site. La démarche prendra en compte aussi bien le geste architectural que les techniques de réhabilitation, afin de préserver la charge historique et symbolique de l’ancienne prison.
L’objectif est également d’offrir à son environnement urbain une nouvelle centralité culturelle. En changeant de fonction, l’ancien lieu clos et interdit deviendra un espace de découverte, de transmission et de dialogue.
L’ouvrage de Yasmine Belmahi aborde cette réflexion à travers neuf thèmes, parmi lesquels « Vers un Musée carcéral : mémoire, justice et société », « Exposer la peine : un défi mémoriel », « La mémoire carcérale », « Le téléphone : entre lien et contrôle », « La porte : fermer pour contenir », « La cellule, lieu clos, tensions ouvertes », « Le quotidien carcéral : entre travail, soin et humanisation », « Au-delà des murs : la création » et « Le Musée carcéral : une ambition en devenir ».
À travers cette publication, la DGAPR ouvre ainsi une réflexion sur la place de la mémoire carcérale dans le patrimoine national, tout en accompagnant la naissance d’un projet muséal inédit au Maroc.
Dans sa version française, l’ouvrage réunit un ensemble de photographies documentant différents aspects de l’histoire carcérale marocaine, ainsi que les composantes de l’espace pénitentiaire. Il met également en lumière des objets et créations réalisés par des détenus, notamment des tableaux, des maquettes et des produits d’artisanat.
À travers ces productions, l’ouvrage montre que les ateliers artistiques et culturels organisés en milieu carcéral ne relèvent pas uniquement de l’animation. Ils remplissent aussi une fonction sociale plus profonde, en offrant aux détenus un espace d’expression, de création et de reconstruction.
L’ancienne prison de Ghbila au cœur du projet muséal
La couverture du livre représente la porte de la prison de Ghbila, l’un des sites carcéraux les plus emblématiques du Maroc. Ce choix illustre la portée symbolique du projet de Musée carcéral, qui ambitionne de transformer une mémoire jusque-là dispersée en un récit structuré, accessible et ouvert à l’interprétation.
Selon l’auteure, ce musée s’inscrit dans les principes fondamentaux du travail muséal. Il repose sur la présentation de collections originales, la sélection de pièces rares ou significatives, ainsi que la mise en place d’un parcours pédagogique destiné à accompagner le visiteur.
Cette approche permet de porter un regard distancié et réflexif sur les objets exposés. Ceux-ci ne sont plus considérés comme de simples outils liés à l’univers pénitentiaire, mais comme des témoins de l’histoire, de la peine, de l’enfermement et des expériences humaines vécues derrière les murs.
Donner une nouvelle fonction à un lieu chargé d’histoire
Dans le texte de présentation de l’ouvrage, le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Salah Tamek, explique que le projet vise à transformer le bâtiment abandonné de l’ancienne prison de Ghbila en une institution culturelle dédiée à la mémoire carcérale.
Il souligne que ce lieu désaffecté ne doit pas être livré à l’oubli, mais appelé à remplir une nouvelle fonction : raconter l’histoire du monde carcéral au Maroc, sans fascination morbide, sans glorification et sans esthétisation de la souffrance.
Pour Mohamed Salah Tamek, les murs des prisons racontent bien davantage que l’enfermement. Ils témoignent des conceptions successives de la peine, de l’autorité, de la dignité, de la réinsertion et de la rédemption. Ils portent aussi les traces des femmes et des hommes qui y ont été détenus, mais également de celles et ceux qui y ont exercé leur mission, souvent dans la discrétion : surveillants, médecins, éducateurs ou personnels administratifs.
Un musée de la société à travers la prison
Le futur Musée carcéral est ainsi pensé comme un espace profondément humain. Il entend donner voix aux détenus comme aux personnels pénitentiaires, aux parcours individuels comme aux trajectoires collectives.
Selon Mohamed Salah Tamek, il ne s’agit pas simplement de réhabiliter un bâtiment, d’exposer des objets ou de reconstituer des espaces de détention. L’ambition est plus large : faire de ce musée non pas un simple musée de la prison, mais un musée de la société à travers la prison.
Inscrire cet héritage dans le champ patrimonial revient à reconnaître que l’histoire des prisons est indissociable de celle des sociétés qui les ont construites. C’est aussi refuser que la prison demeure enfermée une seconde fois, non plus seulement derrière ses murs, mais dans l’oubli collectif.
Une ambition culturelle et patrimoniale en devenir
Le projet de Musée carcéral sera mené selon plusieurs phases conceptuelles et opérationnelles, dans le respect de l’âme du site. La démarche prendra en compte aussi bien le geste architectural que les techniques de réhabilitation, afin de préserver la charge historique et symbolique de l’ancienne prison.
L’objectif est également d’offrir à son environnement urbain une nouvelle centralité culturelle. En changeant de fonction, l’ancien lieu clos et interdit deviendra un espace de découverte, de transmission et de dialogue.
L’ouvrage de Yasmine Belmahi aborde cette réflexion à travers neuf thèmes, parmi lesquels « Vers un Musée carcéral : mémoire, justice et société », « Exposer la peine : un défi mémoriel », « La mémoire carcérale », « Le téléphone : entre lien et contrôle », « La porte : fermer pour contenir », « La cellule, lieu clos, tensions ouvertes », « Le quotidien carcéral : entre travail, soin et humanisation », « Au-delà des murs : la création » et « Le Musée carcéral : une ambition en devenir ».
À travers cette publication, la DGAPR ouvre ainsi une réflexion sur la place de la mémoire carcérale dans le patrimoine national, tout en accompagnant la naissance d’un projet muséal inédit au Maroc.












L'accueil

















