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Le Centre marocain du volontariat et de la citoyenneté salue l’initiative du Parti de l’Istiqlal


Rédigé par La rédaction le Mardi 8 Septembre 2026



« Pionniers du développement pour le service civique volontaire »

Le Centre marocain du volontariat et de la citoyenneté tient, en premier lieu, à saluer la mesure n°23 annoncée par le Parti de l’Istiqlal dans son programme électoral pour les législatives du 23 septembre 2026, consacrée à la création du programme « Pionniers du développement pour le service civique volontaire ».

Cette initiative marque une évolution importante dans la manière d’envisager la mobilisation des jeunes au service de la collectivité. Elle vise à faire passer le volontariat d’initiatives souvent ponctuelles ou dispersées à une véritable forme de service civique organisé, encadré et reconnu, susceptible de produire un double bénéfice : contribuer au développement des territoires, d’une part, et permettre aux jeunes volontaires d’acquérir de nouvelles compétences, de consolider leur parcours et de mieux préparer leur avenir académique et professionnel, d’autre part.

Le programme constitue, à ce titre, une initiative nationale innovante. Il ambitionne de répondre à certains déficits de développement dans les territoires les plus vulnérables, tout en valorisant l’énergie, les compétences et l’engagement de la jeunesse marocaine.

Sa philosophie repose sur une forme de « contrat citoyen » : le jeune met son temps, ses compétences et son engagement au service de la collectivité, tandis que la collectivité lui offre en retour un cadre d’expérience, des droits, une reconnaissance et des avantages susceptibles de faciliter la construction de son avenir.

Le dispositif se concentre notamment sur trois secteurs essentiels, particulièrement déterminants dans les territoires ruraux et périurbains.

1. L’éducation
Les volontaires pourraient intervenir dans les programmes d’alphabétisation, l’accompagnement et le soutien scolaire, ainsi que dans l’animation d’activités culturelles, éducatives et sportives au sein des établissements.

2. La santé
Ils pourraient contribuer aux campagnes de sensibilisation et de prévention sanitaire, mais également appuyer l’organisation et certaines activités d’accompagnement au sein des structures de santé de proximité, dans le strict respect des compétences réservées aux professionnels.

3. L’encadrement civique et citoyen
Le programme pourrait également contribuer à promouvoir les valeurs de citoyenneté, de solidarité et de responsabilité collective, tout en accompagnant les associations locales dans la conception et la mise en œuvre de leurs projets de développement.

Cinq raisons qui justifient la mise en place d’un service civique volontaire

Selon le Centre marocain du volontariat et de la citoyenneté, la création d’un programme national de service civique volontaire trouve sa justification dans la convergence de cinq réalités. Prise isolément, aucune ne suffirait nécessairement à justifier une intervention publique d’une telle ampleur. Mais leur combinaison en fait aujourd’hui un véritable enjeu de politique publique.

Premièrement, une raison démographique.
Le Maroc dispose d’un important potentiel jeunesse. Cette situation représente une opportunité historique, mais cette fenêtre démographique n’est pas illimitée. Plus le pays tarde à mobiliser et à valoriser ce potentiel humain, plus le risque est grand de voir cette opportunité se transformer progressivement en difficulté sociale et économique.

Deuxièmement, une raison sociale.
Une partie importante de la jeunesse se trouve aujourd’hui en dehors des circuits de l’éducation, de la formation ou de l’emploi. Cette situation favorise les ruptures de parcours, la vulnérabilité sociale et le décrochage à l’égard des mécanismes traditionnels d’intégration.

Un programme national de volontariat peut contribuer à recréer des passerelles vers la formation, l’emploi et l’engagement citoyen.

Troisièmement, une raison territoriale.
Les écarts persistent entre les territoires urbains, ruraux et enclavés en matière d’accès à certains services essentiels. De nombreuses régions souffrent également d’un déficit durable de ressources humaines capables d’accompagner les populations et les projets de proximité.

Le volontariat organisé peut constituer un outil complémentaire de mobilisation humaine en faveur de ces territoires.

Quatrièmement, une raison juridique.
Le Maroc dispose déjà d’un cadre législatif relatif au volontariat contractuel. Mais sa mise en œuvre demeure lente et limitée, notamment en raison de l’absence d’une stratégie nationale suffisamment structurée et de ressources financières clairement identifiées.

Il convient donc de faire évoluer le dispositif existant pour lui donner une traduction opérationnelle réelle.

Cinquièmement, une raison civique et culturelle.
Le pays a besoin de renforcer les valeurs de citoyenneté, d’appartenance, de solidarité et de responsabilité collective. Or ces valeurs ne peuvent se transmettre uniquement par les discours ou les programmes éducatifs.

Elles se construisent également par l’expérience concrète, le service rendu à la collectivité et la confrontation directe aux réalités du terrain.

Une véritable école de la vie
Le programme « Pionniers du développement » s’adresserait aux jeunes souhaitant s’engager dans un volontariat structuré pour une durée comprise entre un et deux ans.

Cette période ne doit pas être considérée comme un simple temps d’activité. Elle peut devenir une véritable école de la vie, permettant aux volontaires de découvrir les réalités sociales et territoriales du pays, de travailler en équipe, d’acquérir de nouvelles responsabilités et de développer des compétences pratiques que les cursus universitaires ne permettent pas toujours d’acquérir.

Afin d’assurer l’attractivité du programme et d’éviter que le volontariat ne reste réservé aux seuls jeunes disposant de ressources suffisantes, le dispositif prévoit plusieurs mécanismes d’incitation.

1. Une indemnité mensuelle
Elle permettrait au volontaire de couvrir une partie de ses besoins durant sa période d’engagement et garantirait ainsi une plus grande égalité d’accès au programme, quelle que soit l’origine sociale du participant.

2. Une perspective académique
L’un des aspects les plus novateurs de la mesure réside dans la possibilité d’accorder, à l’issue du service, une **bourse destinée à financer la poursuite des études ou une formation complémentaire**.

Le volontariat deviendrait ainsi non seulement un engagement au service de la société, mais également un véritable investissement dans le parcours académique et professionnel du jeune.

Un impact attendu à la fois sur les territoires et sur la jeunesse

À l’échelle locale, le programme pourrait contribuer à améliorer la qualité de certains services de proximité dans les zones rurales ou éloignées, tout en apportant une nouvelle dynamique aux projets de développement territorial.

Pour les jeunes, il constituerait un outil de lutte contre l’inactivité prolongée, permettrait de renforcer le sentiment d’appartenance nationale et pourrait favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de cadres associatifs, d’entrepreneurs sociaux et de responsables de terrain.

La véritable valeur ajoutée du programme « Pionniers du développement » réside précisément dans la combinaison de quatre éléments qui ont rarement été réunis jusqu’ici dans un même dispositif :

* une durée suffisamment longue pour permettre un impact réel sur le terrain ;
* une indemnisation garantissant une plus grande égalité d’accès au volontariat ;
* un statut juridique clairement défini ;
* une reconnaissance officielle de l’expérience acquise dans les parcours académique et professionnel.

Une fenêtre d’opportunité exceptionnelle entre 2026 et 2030

Le Centre marocain du volontariat et de la citoyenneté considère également que cette proposition intervient à un moment particulièrement opportun.

Les quatre prochaines années verront en effet converger plusieurs grands chantiers nationaux qui rendent la création d’un véritable service civique volontaire particulièrement pertinente.

Il y a, tout d’abord, les élections législatives de 2026 et les échéances territoriales de 2027, qui conduiront naturellement à redéfinir de nombreuses politiques publiques, aussi bien au niveau national que territorial.

Il y a ensuite l’organisation de la Coupe du monde 2030, qui nécessitera une mobilisation considérable de volontaires, estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Il faut également prendre en compte les nouveaux chantiers de développement territorial intégré, visant notamment à réduire les écarts de développement entre régions et provinces et à accélérer l’accès des territoires aux infrastructures et aux services.

Enfin, le Maroc a besoin de disposer d’un véritable dispositif national capable de mobiliser rapidement des volontaires en cas de catastrophe naturelle, de crise ou de situation exceptionnelle, dans le cadre d’une politique structurée de prévention et de résilience.

Faire du volontariat une véritable politique publique

La mise en œuvre de cette initiative pourrait ainsi contribuer à renforcer le capital humain du pays, à consolider la cohésion sociale et à faire évoluer le volontariat d’une logique essentiellement caritative ou occasionnelle vers une véritable politique publique structurée.

Une telle politique permettrait à la fois de protéger les droits des volontaires, de valoriser leur engagement et d’apporter des réponses concrètes aux besoins des territoires les plus fragiles.

Pour le Centre marocain du volontariat et de la citoyenneté, la réussite du programme « Pionniers du développement pour le service civique volontaire » dépend toutefois de trois conditions essentielles.

Première condition : faire évoluer le cadre législatif

Il apparaît nécessaire d’adapter la loi n°06.18 relative à l’organisation du volontariat contractuel, adoptée le 26 juillet 2021, ainsi que son décret d’application n°2.23.72 du 14 avril 2023.

L’objectif serait notamment de créer les bases juridiques nécessaires à l’octroi d’indemnités, de bourses et d’une couverture sociale ou sanitaire adaptée aux volontaires.

Des propositions d’amendement ont d’ailleurs déjà été portées durant l’actuelle législature par le groupe istiqlalien de l’Unité et de l’Égalitarisme, dans l’objectif de faire évoluer un dispositif dont l’application demeure encore limitée.

Deuxième condition : mettre en place une institution nationale de référence

La politique du volontariat reste aujourd’hui confrontée à une dispersion des responsabilités entre plusieurs intervenants.

La création d’une Agence nationale du volontariat permettrait de regrouper et de coordonner ces compétences.

Cette structure pourrait notamment être chargée de l’agrément des organismes accueillant des volontaires, du suivi des programmes, de la gestion d’un registre national, de la formation et de la mobilisation des volontaires.

Elle pourrait également constituer une réserve nationale mobilisable à l’occasion des grands événements organisés par le Maroc, mais aussi en cas de catastrophe naturelle ou de crise majeure.

Troisième condition : garantir un financement public pérenne

Un programme national de cette ampleur ne pourra fonctionner durablement sans disposer d’un financement stable et prévisible.

Le Centre propose ainsi la création d’un Fonds national de soutien au volontariat, accompagné d’une ligne budgétaire spécifique consacrée au volontariat dans le budget général de l’État ainsi que dans les budgets des collectivités territoriales.

Cette programmation financière pluriannuelle permettrait de sortir le volontariat de la logique des initiatives ponctuelles et de lui donner la stabilité nécessaire à son développement.

### Une initiative qui s’inscrit dans une histoire politique et sociale

Enfin, il convient de rappeler que cette initiative n’est pas étrangère à l’histoire du Parti de l’Istiqlal.

Depuis Allal El Fassi, le parti a construit une partie de son action politique et sociale autour des valeurs de solidarité, d’éducation populaire et de volontariat.

L’histoire du mouvement national et du Parti de l’Istiqlal a ainsi été marquée par plusieurs initiatives de mobilisation citoyenne, notamment les **écoles des enfants du peuple**, les **caravanes médicales d’Allal El Fassi** et d’autres formes d’engagement social et solidaire.

Cette tradition a été récemment réaffirmée par le secrétaire général du parti, **Nizar Baraka**, qui avait placé l’année 2025 sous le signe du volontariat.

En proposant aujourd’hui de transformer cet héritage en un véritable programme national de service civique volontaire, le Parti de l’Istiqlal ouvre donc une piste qui mérite d’être examinée sérieusement : celle d’un volontariat qui ne serait plus seulement un acte généreux accompli individuellement, mais un **outil de citoyenneté, d’émancipation de la jeunesse et de développement territorial au service du pays**.





Mardi 8 Septembre 2026

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