Mais depuis quelques semaines, son chemin vers un nouveau mandat s’est sérieusement compliqué.
Le déclencheur de la crise porte un nom : FIFA Forward Enterprise. Après la Coupe du monde 2026, Infantino a défendu un projet consistant à regrouper une partie des activités commerciales de la FIFA dans une structure valorisée autour de 20 milliards de dollars et à en ouvrir environ 20 % du capital à des investisseurs privés. L’opération devait permettre de lever plusieurs milliards pour financer le développement du football.
Mais la méthode a provoqué une révolte interne. UEFA, CONCACAF et AFC ont notamment reproché à Infantino d’avoir avancé sans consultation suffisante des grandes confédérations. Face à la contestation, le projet a finalement été abandonné fin juillet. Trop tard pour éviter une crise de confiance.
Depuis, plusieurs responsables ont pris leurs distances. Le vice-président de la FIFA Sandor Csanyi, le patron de l’UEFA Aleksander Ceferin, le président de l’AFC Sheikh Salman bin Ebrahim Al-Khalifa ou encore celui de la CONCACAF Vittorio Montagliani figurent parmi les personnalités désormais critiques. Plusieurs fédérations nationales ont également retiré leur soutien à Infantino. Le départ du directeur des opérations de la FIFA, Kevin Lamour, après ses critiques contre le projet commercial, a encore alimenté la polémique.
Une deuxième bataille, juridique cette fois, vient s’ajouter à la première. L’organisation FairSquare demande que la candidature d’Infantino soit déclarée irrecevable en raison de la limitation des mandats prévue par les statuts de la FIFA. Infantino dirige l’organisation depuis février 2016, puis a été élu en 2019 et réélu en 2023. La FIFA considère toutefois que la période 2016-2019, correspondant à la fin du mandat interrompu de Sepp Blatter, ne doit pas être comptabilisée comme un mandat complet. Cette interprétation lui permettrait donc de briguer légalement la période 2027-2031. Ses adversaires contestent précisément cette lecture.
Pour autant, annoncer la chute d’Infantino serait prématuré.
Son principal atout reste la géographie électorale de la FIFA. Chacune des 211 associations nationales dispose d’une voix. L’Afrique demeure son principal réservoir politique : la CAF a réaffirmé son soutien au président sortant, qui conserve également l’appui de la CONMEBOL. Une partie importante du monde arabe continue aussi de le soutenir.
Le Maroc s’est engagé beaucoup plus clairement encore. Dès le 1er mai, la FRMF présidée par Fouzi Lekjaa a officiellement proposé la candidature d’Infantino et annoncé qu’elle le soutiendrait « exclusivement » lors du Congrès de Rabat.
Voilà donc le paradoxe : Infantino est politiquement plus contesté qu’il ne l’a été depuis des années, mais il reste électoralement difficile à battre. Encore faudrait-il qu’un adversaire crédible parvienne à fédérer l’Europe, une partie de l’Asie, la CONCACAF et suffisamment de fédérations africaines.
D’ici au 18 mars 2027, la vraie question ne sera donc peut-être plus seulement : Gianni Infantino sera-t-il réélu ?
Elle sera : quelqu’un réussira-t-il enfin à transformer la fronde contre Infantino en majorité électorale contre lui ?
Mais la méthode a provoqué une révolte interne. UEFA, CONCACAF et AFC ont notamment reproché à Infantino d’avoir avancé sans consultation suffisante des grandes confédérations. Face à la contestation, le projet a finalement été abandonné fin juillet. Trop tard pour éviter une crise de confiance.
Depuis, plusieurs responsables ont pris leurs distances. Le vice-président de la FIFA Sandor Csanyi, le patron de l’UEFA Aleksander Ceferin, le président de l’AFC Sheikh Salman bin Ebrahim Al-Khalifa ou encore celui de la CONCACAF Vittorio Montagliani figurent parmi les personnalités désormais critiques. Plusieurs fédérations nationales ont également retiré leur soutien à Infantino. Le départ du directeur des opérations de la FIFA, Kevin Lamour, après ses critiques contre le projet commercial, a encore alimenté la polémique.
Une deuxième bataille, juridique cette fois, vient s’ajouter à la première. L’organisation FairSquare demande que la candidature d’Infantino soit déclarée irrecevable en raison de la limitation des mandats prévue par les statuts de la FIFA. Infantino dirige l’organisation depuis février 2016, puis a été élu en 2019 et réélu en 2023. La FIFA considère toutefois que la période 2016-2019, correspondant à la fin du mandat interrompu de Sepp Blatter, ne doit pas être comptabilisée comme un mandat complet. Cette interprétation lui permettrait donc de briguer légalement la période 2027-2031. Ses adversaires contestent précisément cette lecture.
Pour autant, annoncer la chute d’Infantino serait prématuré.
Son principal atout reste la géographie électorale de la FIFA. Chacune des 211 associations nationales dispose d’une voix. L’Afrique demeure son principal réservoir politique : la CAF a réaffirmé son soutien au président sortant, qui conserve également l’appui de la CONMEBOL. Une partie importante du monde arabe continue aussi de le soutenir.
Le Maroc s’est engagé beaucoup plus clairement encore. Dès le 1er mai, la FRMF présidée par Fouzi Lekjaa a officiellement proposé la candidature d’Infantino et annoncé qu’elle le soutiendrait « exclusivement » lors du Congrès de Rabat.
Voilà donc le paradoxe : Infantino est politiquement plus contesté qu’il ne l’a été depuis des années, mais il reste électoralement difficile à battre. Encore faudrait-il qu’un adversaire crédible parvienne à fédérer l’Europe, une partie de l’Asie, la CONCACAF et suffisamment de fédérations africaines.
D’ici au 18 mars 2027, la vraie question ne sera donc peut-être plus seulement : Gianni Infantino sera-t-il réélu ?
Elle sera : quelqu’un réussira-t-il enfin à transformer la fronde contre Infantino en majorité électorale contre lui ?












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