Fatima Benslimane Hassar s’est éteinte, laissant derrière elle une trajectoire rare où l’engagement intellectuel, le combat national et l’action sociale ne formaient qu’un seul et même fil. Née en 1928, héritière d’une lignée de serviteurs de l’État, elle grandit dans un milieu où le savoir n’était pas un ornement mais une exigence. Sa grand-mère, érudite et vigilante, l’encourage très tôt à étudier, à lire, à comprendre le monde.
Fatima Ben Slimane fait partie des toutes premières femmes marocaines à obtenir le baccalauréat. Elle poursuit ses études à l’Institut des Hautes Études, fondé par Hubert Lyautey, et s’engage très jeune dans le mouvement nationaliste, à une époque où la parole publique féminine restait l’exception.
En 1951, elle épouse Hassar, militant du Parti de l'Istiqlal. À Salé, elle devient la seule femme membre du comité local du parti, en charge de la cellule féminine. Son engagement ne se limite pas aux réunions et aux discours. Elle enseigne le français à l’école Annahda, créée par les nationalistes pour offrir une alternative aux établissements du protectorat, convaincue que l’émancipation passe d’abord par l’éducation.
Dirigeant une association féminine structurée en sections spécialisées, Fatima Benslimane Hassar déploie une action sociale d’une ampleur remarquable. L’une des sections se consacre à l’alphabétisation, à l’hébergement et à la prise en charge matérielle des apprenants, mobilisant familles aisées et zaouïas pour soutenir les plus démunis. Une autre collecte des fonds pour les familles de prisonniers et pour les œuvres de bienfaisance. En juillet 1953, elle organise la première colonie de vacances destinée aux jeunes filles de Salé, ouvrant un espace inédit de liberté et d’apprentissage.
Figure de la résistance civique, elle prend part aux manifestations contre le Dahir berbère, promulgué le 16 mai 1930 par le résident général Lucien Saint. Elle exhorte les femmes à descendre dans la rue, à réciter « Le Latif » en signe de refus, encourage les commerçants à la grève et au boycott des intérêts du protectorat. Son courage, ferme et sans emphase, contribue à ancrer la mobilisation populaire dans la durée.
Fatima Benslimane Hassar restera enfin dans l’histoire politique du pays comme l’une des toutes premières femmes — avec Zhor Lazrak — à siéger au Comité exécutif du Parti de l’Istiqlal. Une pionnière discrète mais déterminante, qui aura consacré sa vie à l’éducation, à la justice sociale et à l’indépendance des consciences. Son héritage dépasse les dates et les fonctions : il vit dans les institutions qu’elle a bâties, dans les femmes qu’elle a formées, et dans l’idée simple qu’elle a incarnée jusqu’au bout : le progrès n’a de sens que s’il est partagé.
Nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à toutes celles et ceux qu’elle a inspirés par son courage, sa lucidité et son engagement constant au service du Maroc.
Que sa mémoire demeure vivante, comme un repère de dignité, de transmission et de combat éclairé.
Fatima Ben Slimane fait partie des toutes premières femmes marocaines à obtenir le baccalauréat. Elle poursuit ses études à l’Institut des Hautes Études, fondé par Hubert Lyautey, et s’engage très jeune dans le mouvement nationaliste, à une époque où la parole publique féminine restait l’exception.
En 1951, elle épouse Hassar, militant du Parti de l'Istiqlal. À Salé, elle devient la seule femme membre du comité local du parti, en charge de la cellule féminine. Son engagement ne se limite pas aux réunions et aux discours. Elle enseigne le français à l’école Annahda, créée par les nationalistes pour offrir une alternative aux établissements du protectorat, convaincue que l’émancipation passe d’abord par l’éducation.
Dirigeant une association féminine structurée en sections spécialisées, Fatima Benslimane Hassar déploie une action sociale d’une ampleur remarquable. L’une des sections se consacre à l’alphabétisation, à l’hébergement et à la prise en charge matérielle des apprenants, mobilisant familles aisées et zaouïas pour soutenir les plus démunis. Une autre collecte des fonds pour les familles de prisonniers et pour les œuvres de bienfaisance. En juillet 1953, elle organise la première colonie de vacances destinée aux jeunes filles de Salé, ouvrant un espace inédit de liberté et d’apprentissage.
Figure de la résistance civique, elle prend part aux manifestations contre le Dahir berbère, promulgué le 16 mai 1930 par le résident général Lucien Saint. Elle exhorte les femmes à descendre dans la rue, à réciter « Le Latif » en signe de refus, encourage les commerçants à la grève et au boycott des intérêts du protectorat. Son courage, ferme et sans emphase, contribue à ancrer la mobilisation populaire dans la durée.
Fatima Benslimane Hassar restera enfin dans l’histoire politique du pays comme l’une des toutes premières femmes — avec Zhor Lazrak — à siéger au Comité exécutif du Parti de l’Istiqlal. Une pionnière discrète mais déterminante, qui aura consacré sa vie à l’éducation, à la justice sociale et à l’indépendance des consciences. Son héritage dépasse les dates et les fonctions : il vit dans les institutions qu’elle a bâties, dans les femmes qu’elle a formées, et dans l’idée simple qu’elle a incarnée jusqu’au bout : le progrès n’a de sens que s’il est partagé.
Nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à toutes celles et ceux qu’elle a inspirés par son courage, sa lucidité et son engagement constant au service du Maroc.
Que sa mémoire demeure vivante, comme un repère de dignité, de transmission et de combat éclairé.












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