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Faut-il s’attendre à la création un ministère pour la parité ?


C’est en tout cas ce que revendiquent les dizaines d'associations de défense des droits humains qui ont envoyé une lettre au Premier ministre désigné pour exiger la mise en place de politiques et de mécanismes liant démocratie et développement à l'instauration d'une égalité de fait entre les sexes.



 
La lettre, signée par 55 associations de différentes régions du Royaume, appelle à la mise en place d'un ministère dédié pour la parité femmes / hommes, sans être forcément lié aux projets familiaux et sociaux, ou incluse dans les mécanismes de travail sur les dossiers liés à des groupes sociaux à statut particulier, « parce que les femmes ne sont pas seulement un groupe, mais sont la moitié de la société qui comprend des groupes divers qui souffrent de discrimination, de marginalisation et d'exclusion, ce qui impose à l'élaboration d'une politique gouvernementale qui prend en compte le genre, et nécessite la mise en place d'un mécanisme institutionnel et exécutif que vous présidez, qui traduit cette politique aux niveaux économique, social, politique, culturel et environnemental », selon le texte du message.
 
Dans ce contexte, Najat Arrazi, membre du bureau de l'Association marocaine de défense des droits des femmes, a déclaré que : " Les associations féminines ont une tradition à la nomination d’un nouveau gouvernement, d'écrire à son CG pour rappeler leurs obligations de promouvoir les droits des femmes."
 
Arrazi a ajouté, dans une déclaration à la presse, que "l’objectif de la lettre est de rappeler l'achèvement des chantiers de réforme et la réalisation de l'Agenda 2030 pour le développement durable", expliquant que la question est liée à une action à dimension politique.
 
Elle a estimé " qu'il ne peut y avoir de réforme, de démocratie et de développement si les droits des femmes ne sont pas promus et la parité réelle entre les femmes et les hommes n'est pas actée ", appelant à ce que cela soit consigné dans le texte de fond de la déclaration du gouvernement « qui doit inclure un engagement clair pour mettre en œuvre les dispositions de la constitution et intégrer la question de l'égalité de manière transversale ".
 
La militante associative a également revendiqué la création d’un ministère dédié à la parité femmes / hommes, et un engagement à élargir les marges de l'action civile en élargissant le champ des libertés et en soutenant les associations de la société civile.
 
La lettre des associations de défense des droits humains parlait de « l'importance du rôle joué par les organisations de la société civile au Maroc en tant que force de proposition et de plaidoyer qui cherche à contribuer à la promotion d'une société moderne, juste et démocratique qui garantit l'égalité et la dignité pour tous, sans discrimination.

S'adressant au nouveau CG, les auteurs de la lettre ont souligné le fait: « qu’à l'horizon de la nomination de votre gouvernement et de la présentation de son programme aux deux chambres du Parlement pour approbation, les associations évoquent les attentes des réformes espérées après les élections du 8 septembre 2021, pour s’adresser à vous de leur position d’acteurs civiles avec les recommandations qu’elles souhaitent voir dans le contenu de la déclaration gouvernementale et dans le plan d’action du prochain gouvernement.
 
Les associations, ont en outre formulé leurs recommandations pour « considérer la parité globale femmes / hommes comme un terrain de référence et un levier fondamental pour les réformes démocratiques et de développement dans notre pays. Elles ont revendiqué du CG, d'annoncer des engagements clairs pour faire avancer les droits des femmes dans leur interdépendance et leur globalité, accompagnés de mesures concrètes. Les associations ont également mis le doigt sur les capacités de mise en œuvre et mécanismes de suivi et d'évaluation, en tenant compte du lien étroit entre démocratie et développement et protection des droits et libertés individuelles et collectives, dans le but de la réalisation de l'égalité des genres.
 
Parmi ses recommandations figurent entre autres « la formulation et le lancement d'un plan global de réforme législative et institutionnelle conforme aux engagements internationaux et constitutionnelles du Maroc concernant l'interdiction de la violence et de la discrimination à l'égard des femmes et des filles, l'instauration de la parité et de l'égalité dans tous les domaines, et l'activation de ces engagements aux niveaux national et régional, de manière cohérente avec les Objectifs Développement Durable 2030 avec la participation des associations de la société civile.
 
La lettre a insisté sur la nécessité de « l'élimination de toutes les formes de discrimination et de violence sexiste est un engagement politique du futur gouvernement qui nécessite de consolider les acquis tout en comblant les lacunes et les insuffisances que les associations de femmes ont signalées depuis la promulgation de la constitution de 2011, liés à la persistance de la discrimination dans la législation.

​Vœux pieux ou revendications réalistes, ces recommandations semblent avoir pour but de donner plus de cohérence au corpus législatif en vue de la création d’une société plus modernes, plus juste, et plus à même de produire un citoyen éclairé, équilibré et conscient de l’importance de la justice dans les interactions humaines dans tous les domaines.





Mustapha Bourakkadi
Journaliste sans la prétention de détenir la science infuse... ma seule ambition est de rapporter... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 5 Octobre 2021