Une finale mal lue tactiquement
Premier signal d’alerte : le Maroc n’a jamais réussi à installer sa domination habituelle. Contrairement aux prestations solides face au Cameroun et au Nigeria, l’équipe nationale est tombée dans le piège sénégalais. Les Lions de la Teranga ont parfaitement ciblé Ibrahim Díaz, principal moteur offensif marocain. Pris dans un marquage intelligent et un bloc compact, il a été neutralisé sans que le staff ne parvienne à proposer une alternative crédible. L’animation offensive s’est alors figée. Peu de variations, peu de prises de risque, aucune véritable surprise. En finale, cette prévisibilité se paie cash.
Un coaching en retard sur le match
Autre point clé : la gestion du banc. Dans un match fermé, tendu, où chaque minute compte, les changements marocains sont arrivés tard et sans réel impact. Le match appelait des ajustements rapides pour casser le rythme sénégalais et injecter de l’énergie. Cela n’a jamais vraiment été fait. Ce manque d’audace a prolongé une stérilité offensive qui a pesé lourd au fil des minutes.
La blessure d’El Aynaoui, un tournant mal négocié
La blessure de Naïl El Aynaoui a marqué un moment charnière. Touché sévèrement au visage, le joueur n’était clairement plus dans son match. Son rendement a chuté, le milieu s’est déséquilibré. Le maintenir sur le terrain, malgré des signes évidents de perte de lucidité, a fragilisé l’équipe à un moment critique. Dans une finale, la protection du joueur et l’équilibre collectif doivent primer. Ce ne fut pas le cas.
Le penalty et la rupture mentale
Le dernier acte s’est joué dans les têtes. Après l’obtention d’un penalty, la tentative de retrait des joueurs sénégalais a plongé le match dans une confusion totale. Plus grave encore : le Maroc s’est laissé aspirer par cette tension. Discussions inutiles, perte de concentration, nervosité visible.
Le choix d’Ibrahim Díaz pour tirer le penalty, dans ce contexte de forte pression, a interrogé. La panenka tentée, geste audacieux mais inadapté à une finale, a symbolisé ce moment de déconnexion. À cet instant précis, le titre s’est envolé.
Une leçon à retenir
Le Maroc n’a pas perdu cette finale par manque de talent ou d’envie. Il l’a perdue par une accumulation d’erreurs de gestion, de lecture et de sang-froid. Le football marocain est désormais arrivé à un niveau où l’approximation n’est plus permise dans les grands rendez-vous.
Les infrastructures sont là. Le potentiel aussi. La ferveur populaire est intacte. Il reste un dernier palier à franchir : celui de la lucidité totale quand la pression est maximale. Car en finale, le trophée se gagne autant avec la tête qu’avec les pieds.












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