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Gestion traumatique


Le deuil est là, national, avec ce séisme de ce vendredi 8 septembre. Le bilan provisoire témoigne de cette séquence qui est une catastrophe douloureuse. La mobilisation a été immédiate : du côté de tous les dispositifs décidés par SM le Roi ; de celui aussi des citoyens ; sans oublier celui de tous les intervenants militaires et civils sur le terrain dès les premières heures.



Par Mustapha Sehimi

Cela porte un nom : la résilience. C'est quoi au juste ? Les ressorts les plus profonds qui donnent à la communauté nationale les forces et l'élan pour rebondir et faire face à des circonstances et à des vicissitudes climatiques, économiques ou sécuritaires appelant le rassemblement, l'union et la solidarité. 

La présente situation, il faut bien le dire, est traumatisante : les images et les témoignages in situ en sont l'expression la plus éclatante. A côté des actions menées pour répondre à toutes les nouvelles données existantes, il faut mentionner un autre "front" qui n'est pas négligeable : tant s'en faut. Référence est faite à un facteur psychologique, à savoir la situation des victimes et des témoins choqués.

Un problème de gestion des troubles de stress traumatique. Ce séisme est un épisode potentiellement traumatisant pour tout le monde, à travers tous les territoires du Royaume. Il est vécu ou à tout le moins ressenti comme tel et il peut évoluer en développant un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Dans cette gamme, si l'on ose dire, citons d'autres évènements : attentats, inondations, accidents de la route,...

La mémoire collective est incrustée, suivant des modalités variables, par ces différentes situations. Tant les intervenants sur place que les victimes ou les témoins - confrontés à la mort, blessés physiquement ou non d'ailleurs - connaissent et vivent un stress aigu. 

Dans certains cas, ils sont dans un état de sidération, ne sachant pas très bien quoi faire, où se mettre à l'abri ni arriver à surmonter cette épreuve pour retrouver une vie "normale ... Des études comparatives affinées ont montré ainsi que 30% d'entre eux environ enregistrent des symptômes post-traumatiques (cauchemars, flashbacks, anxiété, perte de sommeil,).

Et quelles que soient 1'empathie et la bienveillance des sauveteurs lors de leurs interventions, avec des comportements "affectifs" de soutien et de compréhension, il reste que les victimes et même les témoins développeront ces maux. Problème : que faire alors qu'il manque des soins "psychologiques" passablement déficients en l'espèce ?

Des lacunes qui regardent tous les intervenants, aussi bien les professionnels de la santé que les secouristes toutes catégories confondues. Le séisme, pour ne retenir que cette seule situation, est bien un grand évènement traumatogène mais il reste à se doter d'un outil efficace pour une prise en charge efficiente.

Les premiers secours apportés aux victimes sont bien pris en charge avec un dévouement reconnu mais ils portent surtout sur l'aspect "somatique", et pas "psychologique".


 

Résilience

D'où la nécessité de s'atteler aussi au trouble de stress post-traumatique (TSPT). C'est une procédure. Un outil aussi qui consiste à apporter les premiers soins psychologiques de sorte que les victimes et les témoins retrouvent immédiatement leurs capacités à " fonctionner".

Il s'agit d'un protocole avec une nouvelle approche. Il vise un objectif : réduire le sentiment d'impuissance et aider à retrouver un fonctionnement actif et efficace.

En termes concrets, comment le dire ? Faire "basculer" la victime ou le témoin choqué de son état d'impuissance pour lui permettre de retrouver ses capacités fonctionnelles. Ainsi, la personne devient alors " actrice" de sa résilience.

Le spectre est large : les victimes et témoins passifs, en état de choc, sidérés ou encore avec des débordements émotionnels. Le deuil, bien entendu, mais aussi son prolongement parfois durable -à  appréhender et à traiter...

Rédigé par Mustapha Sehimi sur Quid  -



Lundi 11 Septembre 2023


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