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« Hamdoullah ! », le Maroc 100ème/150 dans l’indice du bonheur




Par Aziz Boucetta

On a coutume de qualifier le Maroc de « royaume heureux », mais on ignore la charge sarcastique de l’expression ! Alors il existe un indice mondial de mesure du bonheur dans les pays, et il est édité chaque année, ou presque, le 20 mars, à l’occasion de la Journée mondiale du bonheur. Cette année 2022, le Maroc est classé 100ème sur 150 pays. c’est mieux que si c’était pire certes , mais ce n’est pas fameux… fumeux, même.

Pas fameux au vu du résultat certes, mais fumeux car, sans chauvinisme ou patriotisme exacerbé, et avec le respect dû aux pays dont les noms suivent, il est hasardeux de considérer, quand même, que les Marocains sont moins heureux que, par exemple, les Sud-Africains (leur pays est le plus inégalitaire au monde selon l’indice Gini), les Algériens (qui voient leur pays sombrer héroïquement à cause de l’insondable bêtise de leurs dirigeants), les Biélorusses (sur lesquels leur président tire à balles réelles)… et d’autres pays encore. Mais allons plus loin…

Comment cet indice du bonheur est-il établi ? Par les réponses aux questions sur le soutien social en cas de crise ou de problème, les libertés individuelles, la générosité au sein de la société et sur la perception de la corruption, le tout croisé avec le PIB et l’espérance de vie. Soit, comment alors considérer que le Maroc se situe dans le dernier tiers des pays dont les citoyens sont les plus malheureux ?

L’indice 2022 couvre la période pandémique, et lors de cette funeste phase de la vie terrestre, les Marocains ont eu accès à des aides publiques, certes faibles mais qui ont eu le mérite d’exister, et aussi à une fabuleuse générosité et empathie sociales, quand les plus nantis prêtaient assistance aux plus démunis, quand l’Etat avait cassé sa maigre tirelire, quand l’autorité faisait montre d’humanité, quand nous avions semé de petites graines qui, au fil du temps, devaient grandir et former un grand arbre protecteur…

Le choix dans la vie, maintenant, les libertés individuelles… Il est vrai que nous sommes une société verticale, où les autorités se cumulent et s’accumulent, de la famille à l’Etat, en passant par l’école ou l’entreprise. Mais pour autant, cette structure autoritaire ne saurait empêcher personne de procéder à ses choix de vie ou d’envies, même si un Code pénal archaïque et un Code de la famille en voie d’archaïsme ont tendance à les limiter. Mais si on considère les classements des Saoudiens, 26èmes, ce critère des libertés ne semble pas figurer parmi les plus importants.

Pour la corruption, il est certain que nous avons un problème, entre grande et petite corruption, prises dans leur sens large et pas uniquement pécuniaire. Entre népotisme, clientélisme, favoritisme, pots-de-vin et autres largesses indues, nous sommes un pays où la corruption a encore un bel avenir devant elle, surtout qu’en la matière, le gouvernement regarde ailleurs, pour rester gentil…

Pourquoi donc ce classement calamiteux, alors même que nous sommes un peuple décrit comme « gentil » et avenant, accueillant et hospitalier, curieux et ouvert sur l’extérieur, proche soit-il ou lointain ? Il n’existe pas de réponse satisfaisante, voire pas de réponse tout court. Il est vrai qu’il n’y a pas d’information sur les personnes sondées et sur le traitement des données obtenues.

Mais il y aussi le PIB qui, nous le disions et le redisons, d’autres l’ont dit et répété, est absolument insuffisant au regard des ambitions affichées, souvent claironnées ; un PIB de 120 milliards $ est étique, voire rachitique. Et quand la création de richesse est aussi pauvre, la santé est souffrante, l’école est indigente, la sécurité sociale est affligeante, et le bonheur est fuyant... Voilà, sans doute, la raison de notre mauvais classement.

Avec ce PIB, comment jouer son rôle régional et insuffler de la confiance dans les esprits et de la joie dans les cœurs ? Comment assurer une protection sociale sans que cela soit de l’effet d’annonce ? Comment éduquer nos chères petites têtes brunes et un peu bouclées, et leur assurer un avenir sûr ? Comment permettre aux jeunes de se projeter dans un avenir aussi incertain ?

Pas de réponse. Et le plus grave est que même notre gouvernement, hier prometteur mais aujourd’hui inquiétant, est muet et promet de le rester de longues années en se contentant de toussoter de loin en loin un aussi global que vague plan de quelque chose !

Cela étant, ce qui caractérise le royaume et sa population, c’est notre propension à la fatalité, voire au fatalisme. Nous avançons au rythme de tonitruants et résignés « hamdoullah » qui règlent bien plus de problèmes que les solutions convenues, et qui permettent une capacité d’attente et de patience en dehors du commun. Cela permet au moins de passionnants débats philosophiques.

Mais ce n’est pas avec des « hamdoullah » que nous émergerons, voilà tout. Hamdoullah quand même…

Rédigé par Aziz Boucetta sur Panora Post



Mardi 22 Mars 2022

Chroniqueurs invités | Coup de cœur



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