Selon les dernières données publiées par EastFruit, le Maroc a exporté 817 tonnes de haricots verts vers l’Irlande en 2025, soit une progression spectaculaire : 2,5 fois plus qu’en 2024 et près de 7 fois le volume de 2023. Ce niveau inédit marque un tournant dans les échanges commerciaux entre Rabat et Dublin, jusque‑là dominés par des fournisseurs historiques comme le Guatemala.
Durant des années, l’Irlande dépendait fortement des importations de haricots verts en provenance du Guatemala, qui fournissait plus de la moitié des volumes consommés. Mais en 2024, ce monopole a été ébranlé : des perturbations logistiques prolongées au canal de Panama, cumulées à des réglementations européennes plus strictes sur les résidus de pesticides, ont contraint les exportateurs guatémaltèques à réduire leurs expéditions.
Dans ce contexte, les agriculteurs et exportateurs marocains ont su tirer profit de cette ouverture. Les envois directs vers l’Irlande ont grimpé à 36,2 % des importations totales de haricots verts du pays, devançant des concurrents de longue date comme le Kenya et le Royaume‑Uni.
Cette progression fulgurante repose sur une combinaison d’atouts compétitifs :
• Proximité géographique avec l’Europe, réduisant les délais et conservant la fraîcheur des produits ;
• Infrastructures logistiques modernisées, facilitant les exportations directes ;
• Compétitivité des prix, séduisant les acheteurs européens sous pression sur les coûts.
Pour un secteur longtemps confronté à des défis structurels, cette évolution est significative. Elle traduit non seulement une meilleure adaptation aux standards européens, mais aussi une capacité accrue à rivaliser sur des marchés exigeants sans intermédiaires. Alors que certains pays comme l’Espagne et les Pays‑Bas continuent d’agir comme plateformes de réexportation, le Maroc imprime une tendance vers des flux directs, signe de maturité de la filière.
L’élan exportateur ne se limite d’ailleurs pas aux haricots verts. Sur la même période, le Maroc a aussi établi des records saisonniers dans d’autres segments horticoles : par exemple, les exportations de tomates vers l’Irlande ont atteint 3 400 tonnes entre octobre 2024 et août 2025, soit le double du volume de la saison précédente, générant environ 7,5 millions de dollars.
Ce dynamisme s’inscrit dans un contexte plus large : l’agriculture marocaine, forte de ses zones de production comme le Souss‑Massa, a vu la valeur de ses exportations horticoles augmenter significativement, portées par la diversification des débouchés et l’amélioration continue des pratiques agricoles.
Cette progression représente un message fort pour le débat économique national. Elle illustre la capacité du Maroc à transformer ses avantages compétitifs climat, géographie, réactivité logistique en bénéfices tangibles sur les marchés européens, contribuant à renforcer l’économie nationale et à inspirer confiance aux jeunes entrepreneurs agricoles.
Alors que l’agriculture reste un pilier du développement économique et social, ce record d’exportation vers l’Irlande en 2025 confirme que le secteur horticole marocain est en train de se redéfinir comme un acteur incontournable du commerce international des produits frais avec des perspectives prometteuses pour continuer à croître de manière durable et inclusive.












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