Il arrive un moment où le football cesse d’être un sport pour devenir un théâtre médiocre.
Un théâtre de symboles douteux, de provocations infantiles et de mises en scène si grossières qu’elles finissent par humilier non seulement l’adversaire visé, mais la discipline elle-même. Ce qui s’est produit autour du match amical Sénégal-Pérou au Stade de France relève précisément de cette dérive : une scénographie de défi, un numéro de mauvais goût, une démonstration de puérilité politique et sportive qui abîme encore un peu plus l’image du football africain.
Car enfin, que signifie l’exposition d’un trophée continental dans une tribune officielle, en dehors du cadre solennel qui lui donne sens ? Que signifie cette volonté de brandir une coupe comme un objet de revendication symbolique, comme si le football ne se jouait plus sur les terrains, dans les règlements et dans les institutions, mais dans les postures, les messages codés et les gestes de défi ? Ce n’est pas un hommage. Ce n’est pas une célébration. C’est une opération de communication agressive, pensée pour relancer une querelle et envoyer un signal de contestation.
Mais le plus dérangeant, peut-être, réside ailleurs. Dans ce détail qui n’en est pas un : la présence d’une serviette à côté du trophée. Là, on sort du simple chambrage pour entrer dans une mise en scène chargée de sous-entendus. Cette serviette renvoie évidemment à la polémique née autour de la finale et de la fameuse serviette du gardien Édouard Mendy, un objet devenu malgré lui le support de soupçons, de rumeurs et d’accusations liées à des pratiques superstitieuses, à ces fameux “gris-gris” qui empoisonnent encore trop souvent l’imaginaire du football africain. Que l’on croie ou non à ces récits importe peu ici. L’essentiel est ailleurs : exposer cette serviette comme un clin d’œil assumé, c’est raviver volontairement une controverse et transformer un épisode trouble en accessoire de provocation.
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de football. Il s’agit d’une volonté de ridiculiser l’adversaire, de rejouer une vieille bataille symbolique et de faire du trophée continental l’otage d’un message mesquin. Ce choix en dit long. Il révèle une conception inquiétante de la rivalité sportive : non pas se mesurer avec dignité, mais humilier ; non pas défendre un honneur, mais entretenir la blessure ; non pas faire rayonner une nation, mais abaisser le niveau général du débat.
Le drame, c’est que ce genre de séquence finit par contaminer tout le reste. Car lorsqu’un trophée devient un accessoire de mise en scène, lorsqu’une serviette devient un instrument de sarcasme, lorsqu’une rencontre amicale sert de décor à une revanche théâtrale, alors ce n’est plus seulement un adversaire que l’on attaque. C’est l’autorité de la CAF que l’on tourne en dérision. C’est la crédibilité des compétitions africaines que l’on fragilise. C’est l’idée même d’un football continental capable de grandeur, de discipline et de mémoire qui se retrouve piétinée.
Et c’est bien là le fond du problème : à force de banaliser le grotesque, on installe le ridicule au cœur du jeu. On donne le sentiment que le football africain n’arrive plus à se raconter autrement que dans la polémique, le soupçon, la moquerie et le vacarme. Comme si la passion ne suffisait plus. Comme s’il fallait désormais du théâtre, des accessoires, des allusions et des provocations pour exister médiatiquement.
Le football mérite mieux que cela. L’Afrique du football mérite mieux que cela. Elle mérite des rivalités puissantes, oui, mais des rivalités nobles. Elle mérite des gestes de grandeur, pas des grimaces de cour de récréation. Elle mérite des institutions respectées, pas des décisions défiées par des mises en scène aux relents de revanche.
Il faut appeler les choses par leur nom : quand on remplace la dignité par la farce, quand on convoque un trophée et une serviette pour alimenter un sous-texte aussi trouble que dérisoire, ce n’est plus du folklore. C’est une dégradation. Une dégradation du sport, de son image et de sa mémoire.
À ce rythme, le football n’est plus seulement fragilisé. Il est lentement assassiné par le ridicule.
Car enfin, que signifie l’exposition d’un trophée continental dans une tribune officielle, en dehors du cadre solennel qui lui donne sens ? Que signifie cette volonté de brandir une coupe comme un objet de revendication symbolique, comme si le football ne se jouait plus sur les terrains, dans les règlements et dans les institutions, mais dans les postures, les messages codés et les gestes de défi ? Ce n’est pas un hommage. Ce n’est pas une célébration. C’est une opération de communication agressive, pensée pour relancer une querelle et envoyer un signal de contestation.
Mais le plus dérangeant, peut-être, réside ailleurs. Dans ce détail qui n’en est pas un : la présence d’une serviette à côté du trophée. Là, on sort du simple chambrage pour entrer dans une mise en scène chargée de sous-entendus. Cette serviette renvoie évidemment à la polémique née autour de la finale et de la fameuse serviette du gardien Édouard Mendy, un objet devenu malgré lui le support de soupçons, de rumeurs et d’accusations liées à des pratiques superstitieuses, à ces fameux “gris-gris” qui empoisonnent encore trop souvent l’imaginaire du football africain. Que l’on croie ou non à ces récits importe peu ici. L’essentiel est ailleurs : exposer cette serviette comme un clin d’œil assumé, c’est raviver volontairement une controverse et transformer un épisode trouble en accessoire de provocation.
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de football. Il s’agit d’une volonté de ridiculiser l’adversaire, de rejouer une vieille bataille symbolique et de faire du trophée continental l’otage d’un message mesquin. Ce choix en dit long. Il révèle une conception inquiétante de la rivalité sportive : non pas se mesurer avec dignité, mais humilier ; non pas défendre un honneur, mais entretenir la blessure ; non pas faire rayonner une nation, mais abaisser le niveau général du débat.
Le drame, c’est que ce genre de séquence finit par contaminer tout le reste. Car lorsqu’un trophée devient un accessoire de mise en scène, lorsqu’une serviette devient un instrument de sarcasme, lorsqu’une rencontre amicale sert de décor à une revanche théâtrale, alors ce n’est plus seulement un adversaire que l’on attaque. C’est l’autorité de la CAF que l’on tourne en dérision. C’est la crédibilité des compétitions africaines que l’on fragilise. C’est l’idée même d’un football continental capable de grandeur, de discipline et de mémoire qui se retrouve piétinée.
Et c’est bien là le fond du problème : à force de banaliser le grotesque, on installe le ridicule au cœur du jeu. On donne le sentiment que le football africain n’arrive plus à se raconter autrement que dans la polémique, le soupçon, la moquerie et le vacarme. Comme si la passion ne suffisait plus. Comme s’il fallait désormais du théâtre, des accessoires, des allusions et des provocations pour exister médiatiquement.
Le football mérite mieux que cela. L’Afrique du football mérite mieux que cela. Elle mérite des rivalités puissantes, oui, mais des rivalités nobles. Elle mérite des gestes de grandeur, pas des grimaces de cour de récréation. Elle mérite des institutions respectées, pas des décisions défiées par des mises en scène aux relents de revanche.
Il faut appeler les choses par leur nom : quand on remplace la dignité par la farce, quand on convoque un trophée et une serviette pour alimenter un sous-texte aussi trouble que dérisoire, ce n’est plus du folklore. C’est une dégradation. Une dégradation du sport, de son image et de sa mémoire.
À ce rythme, le football n’est plus seulement fragilisé. Il est lentement assassiné par le ridicule.












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