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Israël/Hamas, avec le complexe de Massada, le pire reste-t-il à venir ?


On pensait avoir touché le fond à Gaza, mais il est bien possible que nous ne l’ayons pas encore atteint. Des massacres et des bombardements aveugles à Gaza, le monde en a malheureusement et sinistrement pris l’habitude, mais cette fois, l’ampleur des dégâts, des morts, des atrocités est tellement grande, tellement inédite, les ressentiments si forts qu’on peut craindre une perpétuation de la guerre, après la fin de la guerre.



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Par Aziz Boucetta

Si fin de la guerre il y a …

D’un côté, les Palestiniens. Divisés idéologiquement et spatialement, livrés à eux-mêmes par une « communauté internationale », forcément occidentale, acquise corps, âmes et armes à Israël, les Palestiniens souffrent, endurent, meurent depuis 75 ans. Ils ont vécu 1948 et en sont morts, ils ont vécu 1970 et en sont morts, ils ont vécu 1987 et ils en sont morts, ils ont vécu les années Sharon et en sont morts, et depuis 2009, avec Benjamin Netanyahou, ils vivent sous le joug et la botte de l'armée d'occupation et en meurent encore et encore, n’ayant que leurs yeux pour pleurer et leurs cœurs qui n’en peuvent plus de souffrir.

Aujourd’hui, ils font face à ce qu’il faut bien appeler la folie meurtrière du même Netanyahou et de ses forces d'occupation. Près de 30.000 personnes tuées, assassinées, dont la grande majorité de femmes et d’enfants, et plus de 60% de la Bande de Gaza détruite. Une folie meurtrière qui cible aujourd’hui Rafah, menacée de trépas collectif. Ils n’oublieront pas, comme les Juifs n’ont pas oublié la Shoah.

De l’autre côté, Israël. Convaincu d’avoir été agressé le 7 octobre, persuadé d’avoir subi une attaque terroriste ce jour-là, l’Etat hébreu est porté par son élan, et il en a oublié toute mesure ou retenue, si tant est qu’il serait possible de tuer à si grande échelle avec mesure et retenue. Aucune mesure et encore moins de retenue car les chefs israéliens sont assurés de leur coutumière, scandaleuse et coupable impunité.

Ils en sont tellement certains qu’ils n’ont pas perçu la bascule des opinions occidentales et mondiales, les premières ouvrant les yeux et les secondes révoltées par la réédition de ces massacres. Benyamin Netanyahou et ses ministres et généraux n’ont pas plus perçu le retournement de plus en plus perceptible des chancelleries en Occident, désormais incapables de justifier l’injustifiable, de nommer l’innommable et de couvrir ce qui ne peut plus l’être.

Et c’est là que le danger s’affirme !

En effet, quand le haut-représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, le pourtant très conciliant Josep Borrell affirme, visiblement énervé, que « Netanyahou n’écoute personne » et qu’il est temps de repenser les livraisons d’armes occidentales à Israël, c’est qu’un palier est désormais franchi : on ne peut plus accepter d’assister sans rien faire à ce massacre ! Mais que faire face à un régime autoproclamé « démocratique » et soutenu par les grandes puissances « démocratiques » ?

« C’est la sidérante impunité dont bénéficient depuis des décennies les dirigeants israéliens pour mener à bien leur ‘guerre au terrorisme’ qui est le facteur prépondérant de la bascule massive de l’opinion israélienne dans un colonialisme radical assumé », explique Sylvain Cypel dans son ouvrage « l’Etat d’Israël contre les Juifs » (La Découverte, 2020).

 

Impunité… C’est...

le maître-mot, fondé sur un remords collectif occidental après des siècles de pogroms assumés et une Shoah que les gouvernements d’alors, durant la Deuxième Guerre mondiale, avaient laissé faire, bien qu’ils savaient… Un enfant est né de cette période nazie, il s’appelle Israël, et cet enfant est désormais l’enfant gâté de l’Occident, auquel on pardonne tout, même les pires exactions.

Des dizaines de résolutions non respectées, l’usage répété d’une force brutale et totalement disproportionnée sans aucune sanction, tout au plus de vagues et très courtoises récriminations… Mais aujourd’hui, les choses ont changé avec ce qu’il nous est donné à voir, et surtout aux dirigeants occidentaux.

La CIJ a évoqué la possibilité de génocide, de hauts magistrats internationaux en appellent à la justice internationale, le chef de l’OMS et de l’UNRWA éclatent en sanglots face à l’abjection dont ils sont témoins, des témoins impuissants.

Mais Israël s’arrêtera-t-il, avec à sa tête un Netanyahou et des ministres génocidaires assumés ? Il ne faut pas oublier – et c’est là que le danger est – que ce pays dispose de l’arme nucléaire, placée désormais entre des mains résolument criminelles. Et il faut garder à l’esprit, ou reconvoquer le souvenir de la forteresse de Massada où, en 73 de notre ère, les Juifs assiégés par les légions romaines s’étaient donnés collectivement la mort… le complexe de Massada, ou cette crainte de se trouver acculés, dans une situation désespérée, et de vouloir se donner la mort.

Golda Meir avait dit en 1971 que « c’est vrai : nous avons un complexe de Massada, un complexe de pogrom. Oui, nous avons un complexe de Hitler ! », et Benyamin Netanyahou, emmenant Bill Clinton visiter le site de Massada, lui a lancé en 2002 : « Je veux vous montrer ce qu’est la détermination juive ! ».

Si les Etats-Unis cessent de livrer des armes et des munitions, s’ils cessent de soutenir aveuglément cet Etat désormais en roue libre génocidaire (menace sur Rafah le confirmant), s’ils imposent un cessez-le-feu… si les Israéliens se sentent ‘acculés, dans une situation désespérée’, faudra-t-il craindre une violente surenchère, une effrayante fuite en avant, l’extension du conflit à d’autres pays (Egypte par le bombardement de Rafah, le Liban par les attaques contre le Hezbollah, ou même l’Iran par une attaque directe) ?

Pourrait-on penser que M. Netanyahou et ses sicaires – mot inventé pour des tueurs juifs de l’Antiquité –  Yoav Gallant (qui veut affamer Gaza), Itamar Ben Gvir, Bezalel Smotrich ou encore Amichai Eliyahu (qui avait évoqué l’usage du nucléaire sur Gaza), iraient encore plus loin en déclenchant le feu atomique, en désespoir de cause ?

Il ne semble pas que le gouvernement et l’armée israéliens veuillent cesser le feu et faire cesser les massacres. Ils sont dans une logique meurtrière, assis sur leur sentiment d’impunité, fermés à toute voie de raison ou de sagesse. Les Occidentaux s’interrogent et haussent le ton, Borrell appelle à cesser les livraisons d’armes à Tel Aviv, Joe Biden aurait même insulté Benyamin Netanyahou au téléphone…

Comment réagira Israël, désormais hors contrôle, et comment réagiront les Occidentaux si Israël réagit mal ? Tous les scénarios sont aujourd’hui possibles et plausibles, même les plus effrayants !

Rédigé par Aziz Boucetta sur Panorapost  



Mardi 20 Février 2024


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