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Jbal Moussa de Driss Mrini ou l’itinéraire d’un corsaire à la quête des cimes

Driss Mrini, réalisateur de Jbal Moussa Et Younes Bouab, un des acteurs principaux de Jbal Moussa


Des citations de grands penseurs arabes et occidentaux, des diatribes enflammées entre deux amis qui se cherchent. Le premier est instituteur et le second handicapé. Sur ce dernier planent de nombreux mystères. Adulte balloté à son insu entre deux mères.
Des questionnements et des affrontements à tout bout de champ et en dehors du champ. Des simulations, des dissimulations ainsi que des simulacres tels sont les ingrédients du nouveau film « Jbal Moussa » de Driss MRINI.



Par Anwar Ben Cherki

Driss MRINI, réalisateur de Jbal Moussa
Driss MRINI, réalisateur de Jbal Moussa
Il nous surprend et il nous surprendra encore et encore, ce géniteur, qui donne naissance à des films toujours originaux. Il prends l’audace de choisir des thèmes aussi différents les uns des autres. Il est inclassable. Il passe d’un genre à un autre, avec une aisance et une maîtrise, qui surprennent plus d’un.

De « Bamou », une fresque amoureuse sur fond de lutte contre l’occupation étrangère, il nous plonge avec « Larbi, la perle noir » dans la vie d’un footballeur marocain, qui n’a pas eu la gloire qu’il mérite. Puis, il nous fait voyager dans le film « Aida » avec une juive marocaine vivant en occident, qui, une fois atteinte de cancer, revient au Maroc, à la recherche de ses origines.

Oh sacré Driss, enfant né corsaire, du film historique et dramatique, voilà qu’il nous fabule d’une comédie, qui, en termes de nombre de spectateurs, constitue un véritable blackbuster national. Cette comédie « Lahnech », l’histoire d’un flic ripoux, est la preuve évidente qu’une excellente comédie attire le spectateur marocain dans les salles obscures.

Driss Mrini, un enfant de la télé, que des pseudo critiques trop orthodoxes, voulaient cloîtrer dans la petite lucarne, taxée comme étant un art mineur, a montré qu’il était un excellent réalisateur de téléfilms.

A la Télé marocaine, à ses débuts, encore en noir et blanc, Driss Mrini avec son émission « watiqa » ou « parchemins » a osé s’attaquer à des sujets politiques, qui, à l’époque, peu d’hommes osaient traiter.

Cela avait conduit à la censure en direct et pour la première fois d’une émission TV. L’invité de l’émission était Mehdi Benaboud, homme de foi, grand intellectuel et un des rares médecins marocains à l’époque,

Libre penseur, une de ses petites phrases avait déplu et froissée le Roi Feu Hassan II. Un coup de téléphone royal avait signé l’arrêt de mort de l’émission « watiqa ».

La boîte de Pandore de ce réalisateur est pleine de petits bijoux. Voile qu’il s’essaye aux émissions de variétés à la télévision Marocaine avec l’émission culte « Naghma Wa atay » « mélodie et thé ».

Cette émission réalisée dans un cadre convivial, souvent enregistrée dans des maisons et des riads d’architecture typiquement Marociane, restera dans l’histoire de la télévision Marociane comme l’émission familiale la plus regardée. Et les responsables de notre télévision nationale, gagnerai enormement a faire revivre ce sphinx télévisuelle

Le savoir faire cinématographique de Driss Mrini trouve également une véritable illustration dans les documentaires qu’il a réalisé pour des départements très sensibles de l’état marocain.

Jbal Moussa, le dernier opus cinématographique de Driss Mrini, en plus de l’originalité du traitement de sa thématique, se caractérise par une bande son d’une grande maîtrise technique et la cadence du film servi par un montage qui coupe le  souffle au spectateur.

Gageons, que, Driss Mrini, nous surprendra dans un de ces prochains films, en s’attaquant à un sujet encore plus tabou pour la société marocaine, avec une audace qui frôlera l’indécence. Cela n’est nullement étonnant. Un corsaire, a toujours été connu pour ses sorties inopinées.

Quelques privilégiés ont pu voir l’avant  première de « Jbal Moussa » dans une salle de projection totalement rénovée du centre cinématographique marocain (CCM), équipée d’un matériel de projection dernier cri. Si Jbal Moussa, risque d’intriguer le spectateur marocain, il n’en demeure pas moins que tout le monde sera captivé, du début à la fin, par le jeu parfaitement haut de game d’acteurs en complète symbiose avec les directives de celui qui est derrière la caméra.

Qu’il s’agisse des rôles féminins campés par Saadia Azgoun et Siham Wassif ou les rôles masculins qui accompagnent le spectateur presque durant tout le film, profondément et magistralement interprétés par Younes Bouab et Abdenbi Elbeniwi.

A travers un film au contenu spirituel « Jbal Moussa », on sent une parfaite complicité affective entre un réalisateur et ses acteurs et ses actrices.

Jbal Moussa, c’est l’itinéraire d’un corsaire à la quête des cimes

Anwar Ben Cherki 

 
Dimanche 26 Septembre 2021









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