Dès la matinée, une forte affluence d’avocats a été constatée dans les juridictions à travers le pays. Les audiences reportées durant la période de grève ont été reprogrammées, permettant aux justiciables de voir leurs dossiers à nouveau examinés après une interruption jugée lourde de conséquences, notamment pour les affaires urgentes.
Une reprise conditionnée au dialogue
La décision de reprendre le travail a été largement saluée au sein de la profession. Pour de nombreux avocats, ce retour aux audiences constitue une réponse directe à la volonté affichée par l’exécutif d’ouvrir un dialogue, en retirant provisoirement le texte du circuit parlementaire dans sa version initiale.
À Casablanca, plusieurs avocats ont souligné que la mobilisation avait atteint un niveau d’escalade qui rendait indispensable une désescalade rapide, afin de préserver à la fois les droits des citoyens et la crédibilité de l’institution judiciaire. La reprise ne signifie toutefois pas un abandon des revendications, mais plutôt un changement de méthode.
Des attentes fortes autour de la commission mixte
Maître Mohamed Chamsi, avocat au barreau de Casablanca, a confirmé que les audiences se déroulent désormais dans des conditions normales, avec une présence massive des robes noires pour assurer la défense de leurs clients. Il a toutefois insisté sur le fait que la profession reste attentive aux travaux de la commission mixte réunissant l’Association des barreaux du Maroc et la Chefferie du gouvernement.
Selon lui, l’enjeu est clair : parvenir à un texte consensuel qui réponde aux attentes de la profession sans remettre en cause son indépendance. Il a mis en garde contre un possible retour de la tension si le dialogue n’aboutit pas à des avancées concrètes sur les points jugés essentiels.
Un processus de négociation désormais enclenché
La première séance officielle de dialogue s’est tenue vendredi dernier, dans le prolongement de l’accord conclu avec le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Cette réunion a permis de fixer une méthodologie de travail et un calendrier, avec un démarrage effectif des discussions de fond prévu dès la semaine prochaine.
L’Association des barreaux du Maroc ne se contente pas de rejeter le projet tel qu’il a été présenté. Elle porte une vision alternative de la réforme, fondée sur le renforcement de l’autonomie de la profession, la discipline ordinale, une formation continue pilotée par les avocats eux-mêmes et une gouvernance plus transparente.
La reprise des audiences marque ainsi une accalmie fragile, dans l’attente d’un compromis durable entre le gouvernement et une profession déterminée à peser sur l’avenir de la justice au Maroc.












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