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L’artiste marocain Abdallah Sadouk s’éteint à Paris

Une vie dédiée à la peinture, la sculpture et l’abstraction.


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Vendredi 20 Février 2026

Le monde de l’art contemporain marocain est en deuil après l’annonce du décès de l’artiste peintre, sculpteur et graveur Abdallah Sadouk, une figure emblématique de la création plastique qui a marqué de son empreinte plus d’un demi-siècle de production artistique.

Sadouk est mort le 15 février 2026 à Paris, à l’âge de 75 ans, des suites d’une longue maladie, laissant derrière lui un héritage artistique majeur et une œuvre unique à l’intersection de l’abstraction, de la mémoire et des traditions visuelles.



Né en 1950 à Casablanca, Abdallah Sadouk a rapidement montré une passion profonde pour les arts.

Il a commencé son parcours à l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, où il étudia de 1967 à 1970 sous la direction d’enseignants influents tels qu’Abdellah Fekhar.

Dès ses premières années de formation, son goût pour l’expérimentation et la maîtrise des formes s’est affirmé.

Poussé par la soif d’approfondir ses connaissances, Sadouk s’est ensuite installé à Paris, cœur de la scène artistique européenne. Il y suit des études exigeantes dans certaines des institutions les plus prestigieuses : l’École nationale supérieure des arts décoratifs, où il se spécialise en sculpture auprès de Emmanuel Auricoste, puis l’École nationale supérieure des beaux-arts dans l’atelier de Jean-Marie Granier.

Son parcours académique s’achève avec une licence en arts plastiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 1980, consolidant une formation solide et éclectique. 


Bien que sa carrière artistique commence en France, Sadouk ne rompt jamais avec ses racines marocaines.

À partir du milieu des années 1990, il entame un retour progressif vers le Maroc, partageant désormais son temps entre la région parisienne, Casablanca et la province d’Al Haouz où il fonde un atelier en 2007.

Cette double appartenance géographique se reflète dans sa production : une synthèse entre mémoire culturelle et modernité formelle.

Le travail de Sadouk se caractérise par une esthétique singulière, souvent décrite par les critiques comme un « paysage abstrait » ou un « cubisme impressionniste », où la lumière, le volume et la structure dialoguent avec une puissance expressive singulière.

Sa peinture, nourrie d’influences multiples, s’inspire autant des rythmes urbains que des motifs géométriques de l’art berbère.

Pour certains observateurs, ses compositions combinent la force des lignes architecturales à la fluidité des impressions sensibles, créant une expérience visuelle où abstraction et émotion se rencontrent.


Sadouk lui-même comparait sa méthode à celle du palimpseste, accumulant et retravaillant les couches de matière pour transcrire, à travers la peinture, le mouvement incessant du monde et le foisonnement de l’existence quotidienne.

Cette approche lui permettait de transcender le simple rendu des formes, pour atteindre une poésie visuelle singulière, où l’abstraction devient une métaphore de la complexité du réel.

Mais l’univers artistique de Abdallah Sadouk ne se limite pas à la peinture. Il a également inscrit sa marque dans l’espace public comme sculpteur.

Parmi ses réalisations les plus visibles figure l’œuvre monumentale en métal qui habille la façade du siège de la TGCC à Casablanca, une intervention visuelle impressionnante où la sculpture dialogue avec l’architecture urbaine et le rythme citadin.


La carrière internationale de Sadouk est jalonnée d’expositions et de reconnaissances dans de grandes métropoles artistiques.

Ses œuvres ont été présentées de Paris à Montréal, en passant par des lieux institutionnels tels que l’Institut du monde arabe ou encore la Biennale de Marrakech.

En 2014, une rétrospective majeure à Casablanca a célébré plus de cinquante ans de création, consacrant son rôle de passeur esthétique entre tradition et innovation.

Aujourd’hui, ses œuvres font partie des collections de musées prestigieux, intégrant notamment les fonds du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat ainsi que ceux de la Bibliothèque nationale de France.

Elles témoignent de l’importance durable de son travail et assurent sa place dans l’histoire de l’art contemporain. 


Homme curieux et lettré, Abdallah Sadouk était aussi un grand bibliophile.

Il a collaboré avec des poètes comme Abdellatif Laâbi ou Tahar Bekri, où ses dessins accompagnaient les textes, créant un dialogue fécond entre mots et images, sens et forme.

Si Abdallah Sadouk nous a quittés, son œuvre demeure comme un repère essentiel de l’art contemporain marocain et international, illustrant par la matière et la couleur sa quête incessante de sens et de beauté.

Par son travail, il a su capturer les contradictions et les harmonies du monde moderne, faisant de sa création un pont entre enracinement culturel et exploration esthétique.






Vendredi 20 Février 2026

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