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L’avenir des métiers mondiaux du Maroc


Rédigé par Salma Chaoui le Vendredi 28 Avril 2023

Ce séminaire a été dédié à la présentation et la discussion des conclusions préliminaires de l'étude de l'IRES sur l’avenir des métiers mondiaux du Maroc.

Cette étude a pour objectifs d’établir un diagnostic des six métiers mondiaux du Royaume, d’explorer leur avenir à l’échelle internationale et d’en déduire les enjeux pour le pays. En outre, la réflexion de l’IRES a visé à identifier de nouvelles chaînes de valeur mondiales auxquelles le Maroc pourrait s’intégrer et à faire des propositions à même de favoriser une montée en gamme dans ces métiers mondiaux et de renforcer l’attractivité de l"offre-Maroc", afin de concrétiser la vocation du Royaume, comme pivot entre l’Afrique, l’Europe, l’Amérique et l’Asie.



Bilan mitigé du développement des métiers mondiaux du Maroc

Sous le Leadership de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, le Maroc a mis en place plusieurs stratégies, visant la diversification des activités industrielles, la promotion des exportations et le développement des métiers mondiaux du Maroc, via une approche proactive de l'Etat et l’édification d’un ensemble d’écosystèmes.

En dépit des avancées enregistrées, le bilan de développement des métiers mondiaux du Maroc demeure mitigé. Ainsi, si le Royaume se positionne comme étant une destination "Best Cost", opérant une remontée progressive dans les chaînes de valeur mondiales pour certains métiers, l’investissement dans ces métiers mondiaux n’a pas permis d’améliorer certains facteurs structurels de la compétitivité globale du Maroc, à l'instar des capacités d'innovation.

Par ailleurs, le capital privé national s’est avéré peu présent dans les métiers mondiaux, ce qui a engendré une dépendance du Maroc aux investissements directs étrangers. De plus, l’impact de ces investissements en termes de création d'emplois, bien que globalement positif, n'a pas permis au Royaume de se doter de compétences en haute technologie, ni en nombre suffisant de cadres en "middle management" et de techniciens supérieurs.

De surcroît, le profil actuel de spécialisation économique et industrielle du Royaume ne prépare pas suffisamment le pays à s’adapter aux évolutions futures des chaînes de valeur mondiales, en raison d’une réglementation foncière obsolète, d’un manque de financement pour les PME et les start-ups ainsi que d’une coopération faible en matière de Recherche & Développement entre l’industrie, d’une part, l’Etat et les universités, d’autre part.


Une revue par métier donne un aperçu plus précis des réalisations et des insuffisances des métiers mondiaux du Maroc :

En ce qui concerne le métier de l’automobile, la dynamique qu’a connue cette activité est contrainte par certains facteurs, comme le manque de techniciens et de qualifications en middle management, la faible intégration des entreprises installées dans les nouvelles chaînes de valeur technologiques et un déficit d’attractivité sur le plan de la compétitivité.

Afin de remédier à ces insuffisances et d’entamer une montée en gamme permettant de mettre le secteur de l’automobile en phase avec les mutations que connaît le secteur au niveau mondial, il serait opportun de repenser le positionnement du Maroc sur la chaine de valeur mondiale automobile, de renforcer le capital humain par la formation de profil de haute compétence, de diversifier le marché d’exportation et d’approvisionnement et de développer le marché domestique.

S’agissant de l’aéronautique, il faudrait relever certains défis liés à l’alignement sur les exigences technologiques, aux réglementations contraignantes, aux coûts de transfert exorbitants pour les investisseurs étrangers, à la cherté du foncier et aux difficultés d’accès au financement.

Il est désormais nécessaire d’œuvrer à l'émergence d'une plateforme aéronautique marocaine intelligente, en améliorant l’attractivité du pays pour des segments matures, en se positionnant dans les nouvelles restructurations du secteur liées à la durabilité environnementale et aux exigences technologiques et en explorant de nouvelles filières dans le giron de l’aéronautique.

L’agroalimentaire, dont l’importance pour l’économie et la sécurité alimentaire nationales est indéniable, pâtit de sa dépendance du marché européen, de la faiblesse relative de l'amont agricole, du manque de compétitivité des produits transformés, des dysfonctionnements des systèmes de commercialisation ainsi que de la taxation élevée de l’industrie agroalimentaire alors que l’agriculture reste dans l’ensemble défiscalisée.

Une montée en gamme de cette industrie, dans l’optique de répondre aux exigences de durabilité et de création d'une forte valeur ajoutée, suppose d’augmenter le taux d’intégration en amont comme en aval, d'accroître les parts du Maroc dans les marchés des partenaires traditionnels et d’explorer de nouveaux marchés potentiels, de réviser les modalités de l’accompagnement de l’Etat, de dynamiser les filières de la transformation, en optant pour l’exploitation d’autres ressources locales comme les plantes aromatiques et médicinales.

 

Le textile et cuir demeure un secteur stratégique pour le Royaume malgré une forte dépendance des marchés mondiaux et de l’amont industriel, une prédominance de l’informel, une insuffisance en termes d’innovation et d’initiatives entrepreneuriales et une forte vulnérabilité aux pratiques de dumping et aux règles d’origines.
 
L’enjeu est de développer une industrie textile et cuir compétitive et innovante.

Pour y parvenir, il serait nécessaire de développer l’amont textile et cuir, de favoriser l’intégration de l’informel, de mobiliser les synergies avec les autres filières industrielles, en particulier l’automobile et l’aéronautique, de faire de la commande publique un levier stratégique pour le développement du marché domestique et d’activer la digitalisation du secteur en investissant dans l’industrie 4.0.

L’électronique, qui a connu une dynamique soutenue au cours des deux dernières décennies, doit faire face à la concurrence de la contrebande et de la contrefaçon, aux contraintes réglementaires, aux coûts exorbitants des investissements en recherche & développement. A cela s’ajoute une image de marque du "Made in Morocco" qui reste à améliorer.

Hisser le Maroc au rang de plateforme de production et d’exportation de produits électroniques dans le pourtour méditerranéen implique d’augmenter le taux d’intégration dans la chaîne de valeur mondiale en développant l’amont et l’électronique de spécialité, de promouvoir le reverse engineering, de mettre en place une stratégie d’attractivité basée sur la proximité géographique, les compétences et la baisse des coûts du facteur travail.

L’offshoring, fortement pourvoyeur d’emplois et créateur de richesses, est confronté à la concurrence accrue de certains pays d’Europe de l’Est et d’Afrique Subsaharienne, à un retard considérable en termes d'accès aux marchés anglophones, à un manque de financement par les banques marocaines et à une pénurie de ressources humaines multilingues.

Dans l'optique d'assurer la transition d’une destination de "Best Cost" vers une destination de "haut de gamme" dans l’offshoring, il serait utile d’adapter les infrastructures nationales aux normes internationales, de développer les compétences en informatique, de suivre l’évolution technologique et l’innovation dans le secteur et d’encourager la formation au multilinguisme, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des donneurs d’ordre francophones.
 

Vers une seconde génération des métiers mondiaux du Maroc 10

L’étude de l’IRES a permis de dresser une liste de futurs métiers mondiaux potentiels du Maroc, en utilisant la méthode de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, qui classe les produits sur la base des critères de compétitivité dans un échantillon de 16 pays émergents et de la dynamique de la demande mondiale.

Le croisement de ces critères a permis d’identifier pour le Maroc un inventaire de produits et de services tenant compte des tendances mondiales, des atouts dont dispose le Royaume, des opportunités offertes et des contraintes qu’il doit lever.

Les  nouveaux métiers mondiaux envisageables pour le Maroc proposés sont les industries pharmaceutique, navale et ferroviaire, l'électricité et la chimie vertes, l'artisanat d’Art et, enfin, la logistique et le transport.





Vendredi 28 Avril 2023

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