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L’économie de guerre et la guerre économique




Écouter le podcast en entier :


Par Dr Samir Belahsen

«  La nouveauté dans l'impérialisme de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle, c'est qu'il n'est plus lié à l'idée d'un empire couvrant le monde connu, comme c'était le cas dans le cadre de la Pax Romana »
John Atkinson Hobson

« Une fois de plus, la démonstration était faite que toute intervention militaire extérieure porte en elle le germe de l'impérialisme. »
                                                                                                
Pierre Messmer

Alors que j’étais entre parenthèses, la guerre en Ukraine perdure.

Elle semble susceptible de durer des semaines, des mois, voire des années. La forme évoluerait certainement mais le cataclysme mondial  est là.

L’invasion Russe, car il faut bien appeler un chat un chat,  a annoncé le début d’une nouvelle ère.

Deux groupes de facteurs définiront cette ère :
 
  • Le résultat de la guerre sur le terrain en Ukraine.
  • Le résultat de la guerre économique.
L’occident et l'économie de guerre ?Emmanuel Macron appelle à un budget militaire plus important dans le cadre d’une « économie de guerre ».

Qu’est qu’une économie de guerre ?
 
En temps de guerre, les principes qui sont les fondements même de l'économie ne sont plus de mise. Il ne s'agit plus de faire des profits, mais de tout mettre en œuvre pour ressortir gagnant.

Favoriser l’autarcie, prioriser les biens nécessaires à l’effort de guerre, rationnements, inflation à deux chiffres…
Alors qu’il organise sa guerre économique, l’occident nous prépare à l’économie de guerre.

L’occident, parait-il, veut simplement une guerre économique graduelle tout en armant les Ukrainiens pour résister le plus longtemps possible. Gagner par l’usure…

Même si comparaison n’est pas raison, on peut rappeler le peu de succès des batteries de sanctions contre l’Iran. Contre le Venezuela les résultats ont été dramatiques.

A mon humble avis, le plus grand perdant de cette guerre sera la démocratie Européenne et in fine la démocratie tout court.
Pour les Américains, cette guerre rappelle qu’ils font et qu’ils feront face à une lutte de pouvoir sans fin. L’ordre mondial établi n’arrange pas les forces émergeantes. Il faudra un jour ou l’autre tout renégocier, la guerre actuelle étant une étape de la négociation.

Le désordre mondial actuel annonce la fin d’un ordre largement injuste et l’avènement d’un nouvel ordre à venir qu’il est prématuré de définir. De la même manière il serait prétentieux d’estimer la durée de la transition et les dégâts qu’elle va occasionner.  

Kotkin explique que « le répit relativement bref de l’Occident face à la concurrence des grandes puissances avec la Russie a constitué un clin d’œil historique », une sorte de parenthèse.
 
La stratégie occidentale se doit de contenir les défis coordonnés mais distincts montés par la Chine et la Russie. Il s’agit clairement de faire durer le plaisir pour faire murir la Russie.

Jusqu’à quel point irait la coordination sino-russe ?

Mis à part les intérêts économiques concordants, ce qui unit les deux impérialismes c’est le recours à la force militaire et à la censure totalitaire.

Les Chinois s’avèrent peu bavards alors que de leur position dépendra dans une large mesure l’issue de la guerre.
Au départ, la Chine avait proposé ses services à Moscou et Kiev comme médiateur. Les perspectives d’un conflit long et aux conséquences lourdes ne sont pas dans l’intérêt des Chinois.

La Chine en a pourtant profité pour mettre de la pression sur Taiwan,  Xi Jinping refuse pour l’instant de prendre position, il ne le fera que quand ce sera nécessaire. Tant qu’il est possible de ménager le chou et la chèvre, il les ménagera.

Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient de la soie.





Samedi 25 Juin 2022

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