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L’intelligence artificielle au sommet de l’illusion – Lecture Wald Maâlam du Hype Cycle 2025


Par Dr Az-Eddine Bennani.

Le Hype Cycle 2025 consacré à l’intelligence artificielle, publié par Gartner, donne à voir une technologie au sommet de sa visibilité. Tout semble indiquer une montée irrésistible, une adoption généralisée, une transformation profonde des usages.

Mais si l’on regarde cette représentation dominante de l’intelligence artificielle avec le regard de Wald Maâlam, la lecture change radicalement. Car le Maâlam ne regarde pas le bruit. Il regarde le geste. Il ne regarde pas la promesse. Il regarde la maîtrise.



Le Hype Cycle, tel que conceptualisé par Gartner, décrit cinq phases dans la vie d’une technologie:

Une phase d’émergence, où l’innovation apparaît sans produire de valeur réelle ; une phase d’attentes exagérées, où les promesses dépassent les usages ; une phase de désillusion, lorsque les limites apparaissent ; une phase d’éclaircissement, où la compréhension s’installe ; enfin une phase de maturité, où la technologie trouve sa place dans des usages stabilisés et créateurs de valeur.

Dans le cas de l’intelligence artificielle, nous sommes aujourd’hui clairement dans cette phase d’attentes exagérées, au sommet de l’illusion.

C’est une phase où le discours est plus fort que la compréhension, où la visibilité est plus forte que la maîtrise. Mais le Maâlam ne se situe jamais dans cette phase. Il ne travaille ni dans l’illusion, ni dans la désillusion.

Il travaille dans la construction patiente du savoir-faire, là où la technologie cesse d’être un objet de discours pour devenir un instrument maîtrisé. Et ce que montre réellement ce cycle, ce n’est pas l’intelligence artificielle. C’est notre rapport à elle.

Aujourd’hui, tout est appelé intelligence artificielle : modèles, agents, outils, applications. Tout est mis dans un même ensemble, comme si tout relevait d’une même intelligence. Mais le Maâlam sait qu’un outil n’est jamais une intelligence. Un outil prolonge la main. Il ne remplace pas la tête.

L’intelligence artificielle actuelle, notamment les modèles LLM (Large Language Models), fonctionne comme une mémoire amplifiée.

Elle accumule, structure et restitue. Elle donne l’illusion de comprendre parce qu’elle parle, écrit et répond avec fluidité. Mais cette fluidité est une recomposition. Ce n’est pas une compréhension.

Le Maâlam sait faire la différence entre reproduire un geste et comprendre ce geste. Il sait que la précision n’est pas l’intelligence. Il sait que la répétition n’est pas la maîtrise. Dans ce cycle, les éléments les plus visibles – agents, IA multimodale, LLM ouverts – concentrent l’attention.

Mais cette visibilité est trompeuse. Elle correspond au moment où l’on parle le plus d’une chose et où on la comprend le moins.

Le Maâlam ne travaille jamais au sommet du bruit. Il travaille dans la profondeur du savoir-faire. Ce qui compte aujourd’hui n’est pas ce qui fait le plus de bruit, mais ce qui structure réellement la valeur : la gouvernance, la qualité des données, l’organisation des systèmes.

Ce sont ces dimensions qui permettent de transformer un outil en performance.

Une intelligence artificielle sans données maîtrisées, sans contexte, sans logique claire, ne produit rien d’autre qu’un bruit sophistiqué. Il existe aujourd’hui une confusion majeure entre donnée, information et connaissance.

L’intelligence artificielle produit de l’information.

Le Maâlam produit de la connaissance. Le danger n’est pas que l’intelligence artificielle devienne trop puissante.

Le danger est que l’humain devienne trop dépendant. Le Maâlam ne délègue jamais la compréhension. Il peut utiliser un outil, mais il reste responsable du résultat.

La phase de désillusion viendra. Elle est inévitable. Et elle sera structurante. À ce moment-là, ceux qui auront construit une logique, structuré leurs données et organisé leurs systèmes prendront l’avantage. L’intelligence artificielle ne pense pas. Elle amplifie la pensée de celui qui l’utilise.

Aujourd’hui, nous sommes au sommet de l’illusion. Mais c’est précisément dans cette phase que se construisent les positions durables. Car lorsque le bruit retombe, il ne reste qu’une chose : le savoir-faire. Et le savoir-faire ne suit pas les modes. Il se construit.

Par Dr Az-Eddine Bennani.



Lundi 13 Avril 2026


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