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La croissance économique mondiale : 3.3% en 2022, 2.7% en 2023 et 2.9% en 2024


Rédigé par La Rédaction le Mercredi 12 Juillet 2023

Dans ce contexte économique international contraignant, la demande mondiale adressée au Maroc devrait ralentir passant de 5,8% en 2020 à 2,4% en 2023 et à 2,7% en 2024.



Selon le HCP

Dans un contexte international incertain, la croissance économique mondiale devrait ralentir en 2023 à 2,7%, après 3,3% en 2022 pour se redresser lentement et avoisiner 2,9% en 2024 .

Ces perspectives en berne s’expliquent par le déploiement de mesures rigoureuses en matière de politique monétaire visant à enrayer l’inflation, ce qui devrait se traduire par une dégradation de la confiance des agents économiques, impactant les investissements et in fine la croissance. De surcroit, la résurgence du risque financier et la poursuite de la guerre en Ukraine induisant une fragmentation géoéconomique croissante, devraient assombrir l’évolution escomptée de l’économie mondiale. 

Les politiques monétaires devraient continuer de lutter à la fois contre la hausse des prix et contre les retombées économiques d’une éventuelle instabilité financière. Par ailleurs, dans la plupart des économies, les mesures budgétaires devraient continuer de soutenir l'activité en 2023 avant de se retirer progressivement en 2024 pour alléger la charge de la dette, alourdie par la pandémie et par les coûts élevés de financement.

Dans les pays avancés, la croissance devrait chuter de 2,6% en 2022 à 0,7% en 2023, et devrait rester faible en 2024.  Aux Etats-Unis, la croissance économique devrait continuer de ralentir passant de 2,1% en 2022 à 1,1% en 2023 et à 0,8% en 2024. Les effets décalés des hausses successives des taux d’intérêt et les récentes défaillances bancaires devraient contribuer au ralentissement de l’investissement privé.

De même, l’épuisement de l’épargne accumulée, conjugué à une inflation élevée, devrait modérer les dépenses de consommation. La croissance des salaires devrait ralentir compte tenu de l’atténuation des tensions sur le marché du travail, tirant les prix des services vers le bas. Toutefois, l’inflation sous-jacente ne devrait pas se rapprocher de l’objectif de 2% retenu par la Réserve fédérale avant la fin de 2024.

Dans la zone euro, la croissance économique connaitrait un fort ralentissement passant de 3,5% en 2022 à 0,4% en 2023, en raison de l’effet différé du durcissement de la politique monétaire et de l’augmentation des prix de l’énergie. La consommation privée devrait rester modérée, freinée par une inflation effaçant les salaires réels.

Dans les secteurs à forte intensité énergétique, l’augmentation des coûts des matières premières entraînerait des réductions, voire des ruptures de production.

Par ailleurs, les turbulences récentes dans le secteur financier devraient amplifier la pression sur le coût du crédit, entraînant un ralentissement de l'investissement.

En 2024, la croissance devrait se redresser mais limitée 1,3 %. La vigueur des marchés du travail soutiendrait la consommation privée, mais la forte incertitude et le durcissement des conditions de financement entraveraient la reprise de l’investissement. 

L’inflation globale dans la zone euro devrait ralentir sensiblement en 2023.

Le recul des prix de l’énergie et l’atonie de la demande intérieure devraient contribuer à limiter les tensions sur les prix. L’inflation sous-jacente devrait rester supérieure à l’objectif retenu par la BCE à la fin de 2024. Par ailleurs, le taux de change ne serait plus un facteur inflationniste ; la réduction de l’écart entre les taux américains et européens et le net ralentissement du PIB aux Etats Unis devraient entrainer une réappréciation de l’euro vis-à-vis du dollar d’environ 3% en 2023 et 1% en 2024 après la forte dépréciation de 11% enregistrée en 2022  .

S’agissant des économies émergentes, leur croissance devrait reprendre en 2023 pour atteindre 4% après 3,7% en 2022.

Toutefois, hors Chine, la croissance des économies émergentes devrait ralentir nettement passant de 4,1% en 2022 à 2,9% cette année. En Chine, la réouverture de l’économie devrait stimuler la consommation privée, et l’adoption de politiques publiques de grande envergure devraient promouvoir le secteur immobilier. La croissance chinoise est prévue à 5,6% en 2023 après 3,0% en 2022.

En 2024, la croissance devrait refluer à 4,6% compte tenu de l’atténuation du rebond associé au redémarrage des activités économiques ainsi que de la faiblesse de la demande extérieure. La banque centrale chinoise devrait ainsi poursuivre la réduction du taux directeur, pour tenter de relancer davantage la croissance post-Covid.

En Inde, la baisse de la demande mondiale, la politique monétaire restrictive et la situation du marché du travail moins favorable devraient peser sur l’activité. Toutefois, la croissance resterait dynamique, progressant de 6,3% en 2023 et 2024 après 7,2% en 2022, grâce notamment à la consolidation des dépenses budgétaires substantielles en matière d’investissement. 

Au Brésil, après le rebond enregistré en 2022 stimulé par la forte hausse des cours des matières premières, la croissance devrait ralentir à 1,2% et à 1,4% respectivement en 2023 et en 2024. Les effets des politiques publiques restrictives devraient freiner la croissance du pays malgré la contribution positive des exportations qui devraient bénéficier du rebond de l'économie chinoise. Quant à la Russie, après une légère contraction de 0,2% enregistrée en 2023, sa croissance devrait atteindre 1,2% en 2024 en raison de la solidité des exportations des produits énergétiques et de la résistance du marché intérieur. 

Au niveau du marché des matières premières , les pays exportateurs du pétrole et leur alliés (OPEP+) devraient continuer d’intervenir en diminuant leur production pour soutenir les prix. Toutefois, l’inquiétude persistante relative à la poursuite de l’inflation, l’évolution modérée des indicateurs économiques chinois et les hausses des taux d'intérêt, devraient peser sur la demande mondiale de pétrole.

Le cours de ce dernier devrait ainsi s'établir en moyenne à 80$/baril cette année, soit une baisse de 20% par rapport à la moyenne de 2022 avant d’atteindre 82$/b en 2024.  Les prix du gaz naturel et du charbon devraient fortement baisser de plus de la moitié en 2023 et décliner davantage en 2024, plombés par la réduction de la demande énergétique, notamment en Europe qui est en voie de diversifier ses approvisionnements avec un recours accru au GNL américain. 

Le ralentissement de la croissance économique mondiale devrait fortement impacter les cours de la plupart des matières premières non énergétiques. Ces derniers devraient baisser d’environ 10% en 2023 et 3% en 2024 après des hausses historiques de 34% et de 11% respectivement en 2021 et en 2022, mais ils devraient rester nettement supérieurs à leurs niveaux moyens sur la période 2015-2019.  

L’inflation mondiale devrait ainsi décélérer en 2023, mais se maintenir au-dessus de son niveau prépandémique et des niveaux cibles des banques centrales au-delà de 2024. L’inflation sous-jacente tirée principalement par les services et par les coûts de main-d’œuvre, devrait diminuer plus lentement, notamment dans les pays développés où le marché du travail devrait rester résilient. 

Dans ce contexte, la croissance du commerce mondial devrait nettement ralentir à 1,7% en 2023 contre 6% en 2022 avant de se redresser à 2,8% en 2024. La baisse des cours des matières premières et le redémarrage des activités économiques en Chine devraient contribuer à soutenir la croissance des échanges, en particulier des services. 

Dans ce contexte économique international contraignant, la demande mondiale adressée au Maroc devrait ralentir passant de 5,8% en 2020 à 2,4% en 2023 et à 2,7% en 2024.

Globalement, les risques de dégradation des perspectives restent très élevés. L’incertitude qui entoure l’évolution de la guerre en Ukraine et ses répercussions mondiales restent un motif de préoccupation majeur. Les tensions du secteur financier pourraient s’amplifier et créer un phénomène de contagion qui affaiblirait l’économie réelle. L’orientation restrictive des politiques monétaires, bien que nécessaire, risque de mettre davantage en évidence les vulnérabilités financières, en particulier dans les pays très endettés.

Télécharger ci-dessous le rapport complet du budget économique exploratoire 2024






Mercredi 12 Juillet 2023

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