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La guerre de l'eau : contre le stress hydrique, qui gagnera ?


Rédigé par La Rédaction le Jeudi 22 Février 2024

Lors d'une conférence organisée par l'Alliance des Ingénieurs Istiqlaliens, en collaboration avec la Fondation Konrad-Adenauer au Maroc, sur le thème provocateur "La guerre de l'eau : le stress hydrique, qui gagnera", Nizar Baraka a partagé des données cruciales sur la situation hydrique et a souligné les interventions urgentes du gouvernement.



Dans une démarche résolue pour contrer l'exploitation excessive des aquifères, le ministre de l'Équipement et de l'Eau a proclamé, lors d'un échange dynamique, l'initiative d'installer des compteurs sur chaque puits à travers le Royaume, visant une gestion précise et responsable de l'eau souterraine.

Face à la révélation alarmante que 80% des puits sont non conformes à la législation, le ministre a dévoilé un projet de loi visant à légaliser ces puits sous réserve de l'installation de compteurs, permettant ainsi un suivi rigoureux de l'utilisation de l'eau. Cette mesure s'accompagne d'une obligation pour les propriétaires de sécuriser ces puits pour prévenir tout risque d'accident.

Il a mis en lumière la gravité du réchauffement climatique, avec une hausse des températures au Maroc atteignant 1,8°C, dépassant les seuils critiques des Accords de Paris et de Marrakech. L'exemple frappant d'El Jadida, où la température a grimpé de 8°C au-dessus de la normale, illustre l'urgence de la situation.

Le ministre a également exposé une diminution dramatique des précipitations, avec une réduction de 58% par rapport à l'année précédente, et une couverture neigeuse réduite à une fraction de sa moyenne habituelle, signalant une crise imminente de l'eau.

Avec une disponibilité d'eau par habitant en chute libre, passant de 2,560 m3 à environ 600 m3 annuellement, et une distribution inégale des ressources en eau, le ministre a alarmé sur la consommation excessive d'eau, principalement due à l'agriculture, mettant en péril les réserves futures.

Dans le cadre du plan d'urgence, le ministre a vanté les infrastructures hydrauliques du pays, incluant 153 barrages et 15 stations de dessalement, comme fondamentaux à la stratégie nationale d'eau, sous l'égide du Roi Mohammed VI. Cette stratégie vise une gestion intégrée et durable de l'eau, en anticipant les défis climatiques et en mobilisant tous les acteurs concernés.

Il a souligné l'importance de briser les cycles traditionnels par des mesures à court terme qui servent des objectifs à long terme, comme l'accélération de la construction de barrages et l'optimisation du réseau hydrique, essentiels pour éviter des pénuries d'eau critiques.

Le ministre a également mis l'accent sur l'augmentation significative du dessalement de l'eau de mer, visant à couvrir 50% des besoins en eau potable des zones côtières à un coût réduit grâce aux énergies renouvelables, et sur l'utilisation accrue des eaux usées pour alléger la pression sur les ressources en eau douce.

Cette approche globale et proactive souligne l'engagement du gouvernement à assurer une gestion durable de l'eau, impliquant tous les secteurs de la société dans la conservation de cette ressource essentielle.

​Stress hydrique : les chiffres clés devoilés par M. Nizar Baraka

Par rapport aux chiffres mondiaux du réchauffement climatique, le ministre a rappelé que les températures du globe terrestre ont enregistré une augmentation de 1,1°C , s'approchant ainsi des 1,5°C qui était la problématique majeure au cœur des Accords de Paris et de Marrakech sur le climat.

"Au Maroc, nous sommes déjà à 1,8°C de plus, ce qui montre que la situation est particulièrement critique". Le ministre a cité l'exemple de la ville d'El Jadida. "Nous sommes passés à El Jadida d'un niveau de température record de 26°C à 34°C, donc une hausse de 8°C par rapport à la normale", a-t-il fait observer

Nizar Baraka a livré un état des lieux des apports en eaux pluviales, affirmant que la pluviométrie au Royaume a connu une baisse de l'ordre de 58% par rapport à l'an passé. "Dans un cumul de septembre jusqu'à aujourd'hui, le pays a enregistré en moyenne 43 mm de pluie contre 150 par le passé". En évoquant l'enneigement qui est la deuxième source d'eau pour le pays, le ministre a souligné qu'à la mi-février, nous sommes à seulement 2.792 km2 d'enneigement contre une moyenne de 34.000 km2 enregistrée en temps normal.

Présentant la situation hydrique actuelle, le ministre a rappelé que nous étions par le passé à 2.560 m3 par habitant par an. "Aujourd'hui, nous sommes autour de 600 m3 par habitant par an, et 500 m3 à l'horizon de 2030", a-t-il noté, d'autant plus que la répartition de ces eaux est inégale. "51% des ressources en eau sont concentrées sur 7% du territoire. Quand on parle de 600 m3 par an par habitant, dans la réalité, nous sommes en fait à 1.000 m3 dans les régions du Loukkos et 100 m3 dans le sud du pays".

Outre la baisse en apports d'eau qui sont passés de 22 milliards à 3 milliards de m3 seulement durant les dernières années, le ministre a souligné la hausse de la consommation d'eau. "À cause de la surexploitation des nappes phréatiques pour répondre aux besoins de l'agriculture, nous consommons 5 à 6 milliards de m3, ce qui veut dire qu'on consomme actuellement nos réserves d'eau pour le futur".

En ce qui concerne la répartition des apports en eau qui étaient autour de 3 milliards de m3 entre 2020 et 2023. le ministre a souligné qu'environ 1,4 milliard de m3 ont été alloués à l'agriculture et près d'1 milliard à l'eau potable.





Jeudi 22 Février 2024

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