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La poésie est une culture douce


Rédigé par La Rédaction le Jeudi 8 Février 2024

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
Chers élèves, chers co-auteurs et co-autrices



Par Hachemi Salhi

La nuit ordinaire nous quitte peu à peu. 
L’écran plat du smartphone ou de l’ordinateur éclaire, désormais, notre pénombre numérique. Il trouble notre sommeil et celui de nos enfants. 
Nous devenons des dormeurs sentinelles, des profils paramétrables, des cibles publicitaires et des données vertigineusement rentables. 

La lueur blanche de l’aube nous devient étrangère. 
C’est la lumière bleue des diodes électroluminescentes des écrans multiples qui nous « réveille » pour formater nos comportements, nos besoins et nos désirs. 

Nos cerveaux disponibles sont abreuvés à l’infini de produits et services de consommation digitale à laquelle nous nous sommes auto-asservis. 
L’écrivain humaniste Étienne de La Boétie parlait, en 1576, de servitude volontaire : « Tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ». 
(Discours de la servitude volontaire ou Contr’un).

Avec notre accord et notre consentement de cookies, nous fournissons à l’algorithme nos données et les mots-clés de notre propre servitude numérique.

Notre temps (et donc notre vie singulière) fait l’objet d’une prédation sans égale par la nouvelle économie de l’attention et de la surveillance. 
C’est la nouvelle ruée vers l’or de la Silicon Valley qui ruisselle sur la planète et la dévaste.
L’or du temps, cher à l’écrivain surréaliste André Breton, nous est progressivement volé par les algorithmes de l’intelligence artificielle. 
Le livre est malmené. 
Le temps consacré à la lecture par les jeunes s’effondre. 
Leur éducation intellectuelle, sentimentale, et culturelle devient stroboscopique et disruptive. 
Que nous restera-t-il demain ? 
Comment sauvegarder l’imaginaire de nos enfants ?

Je ne vous surprendrais pas en vous disant : Il y a la poésie, heureusement !
Elle prend forme stylistique, corps et volonté de résistance humaine. C’est une rébellion cognitive et culturelle salutaire contre le cannibalisme numérique du temps, du rêve et de l’imaginaire de nos enfants. 
La poésie est un don lumineux, réel et sensible. 

C’est un partage récitatif, factuel et festif contre les solitudes connectées et les servitudes volontaires mises en réseau. 
La poésie est une arme chargée de futur, souligne le poète espagnol Gabriel Celaya. 

Je ne vous surprendrais pas en vous disant : à internet, je préfère une terre nette, éclairée par le soleil ou la lune, verdoyante avec des arbres, des abeilles, des papillons, des oiseaux migrateurs, des plages de silence et des niches d’imaginaire.

La liberté du poème est un souffle de vie. 
Sa beauté est une invitation au voyage. 

" La poésie c'est de l'art caché entre les mots. Elle nous transporte dans des univers magiques qui résonnent comme des chansons." C’est la définition remarquable proposée par l’élève Assia Oukas, en 2022.

Les quatrains écrits par les élèves sont imagés, drôles, subtils, émouvants et surprenants. 
Les collégiens ont, en effet, composé un florilège d’émotions singulières. 
Leurs strophes de quatre vers s’apparentent, parfois, à de véritables haïkus, les bijoux de finesse lyrique et d’évanescence saisonnière du poème court de la littérature japonaise.


« L’encre devenue vivante a la saveur d’une rime errante. On touche du doigt l’instant qui nous enveloppe », dit le poète du slam et chanteur Grand Corps Malade.

La poésie est une langue amoureuse des deux rives du destin : le réel et l’imaginaire. 
La poésie est une maison conviviale. 
« La maison réside là où bat le cœur », dit le grand poète palestinien Mahmoud Darwich.

Dans le livre que nous célébrons aujourd’hui, les élèves de cinquième vous ouvrent leur cœur d’enfant et vous disent bienvenue ! 
Leur recueil poétique est un jardin extraordinaire. 
À l’exemple de l’encyclopédiste des Lumières Denis Diderot, ils y ont défini le mot bonheur au cœur du poème. 
Immense est l’hospitalité des mots, en fête dans le cœur des élèves et les cinq saisons de la poésie ! 

J’ai été véritablement heureux de partager, avec les quatre générations d’élèves de cinquième du collège Pascal, ce temps d’imagination, de rêve et de liberté. 
Je les remercie et je vous remercie.

Hachemi Salhi 
Vendredi 9 février 2024





Jeudi 8 Février 2024

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