Un système financé mais largement sous-utilisé
Le CESE rappelle que la formation continue a joué un rôle important dans le développement de secteurs stratégiques tels que l’automobile et l’aéronautique. Dans un contexte marqué par la transformation numérique et l’évolution rapide des métiers, l’adaptation des compétences est devenue un enjeu majeur pour la compétitivité de l’économie marocaine.
Pourtant, les chiffres révèlent une réalité contrastée. En 2022, seules 1.647 entreprises ont bénéficié des contrats spéciaux de formation (CSF) sur près de 315.000 entreprises cotisantes, soit un peu plus de 5 entreprises sur 1.000.
Cette faible couverture contraste avec les ressources mobilisées. Entre 2012 et 2022, près de 24 milliards de dirhams ont été collectés au titre de la taxe de formation professionnelle. Sur ce montant, seulement 7,2 milliards de dirhams ont été consacrés à la formation continue des salariés.
Les TPME confrontées à de nombreux obstacles
Selon le Conseil, le principal problème ne réside pas dans le manque de financement mais dans les difficultés d’accès au dispositif. Les procédures administratives complexes et les délais de remboursement sont régulièrement cités comme des freins majeurs.
Cette situation pénalise particulièrement les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), qui constituent pourtant l’essentiel du tissu économique national. Faute de moyens humains et administratifs suffisants, nombre d’entre elles renoncent à solliciter les mécanismes de financement existants.
Sur la période 2012-2022, les remboursements accordés aux TPME n’ont représenté qu’environ 622 millions de dirhams, illustrant leur faible accès au dispositif.
Des inégalités territoriales et sociales persistantes
Le rapport met également en évidence une forte concentration géographique des bénéfices de la formation continue. Près de 86% des dépenses liées aux contrats spéciaux de formation et 82% des entreprises bénéficiaires sont concentrées dans quatre régions : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Fès-Meknès.
Par ailleurs, plusieurs catégories d’actifs restent exclues du système. Les auto-entrepreneurs, artisans, professions libérales et une partie des travailleurs non salariés ne bénéficient toujours pas pleinement des dispositifs existants, malgré les ambitions affichées par la loi 60-17.
Face à ces constats, le CESE appelle à une réforme en profondeur afin de simplifier les procédures, élargir l’accès à la formation continue et garantir une meilleure répartition des opportunités de montée en compétences. Un chantier jugé indispensable pour répondre aux défis du marché du travail et accompagner les mutations de l’économie marocaine.












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