Le 29 septembre 2026, le Maroc a écrit une page inédite de son histoire politique. Pour la première fois, une femme, Fatima Ezzahra El Mansouri, a été nommée à la tête du gouvernement par le Roi Mohammed VI. Une première historique, mais surtout une image qui mérite de s'arrêter quelques instants : celle d'une femme appelée à diriger l'exécutif d'un pays où les femmes ont longtemps dû batailler pour faire reconnaître leur légitimité dans les espaces de décision.
Aujourd'hui, le Maroc se conjugue au féminin. Et ce n'est pas qu'une jolie formule.
C'est une Marocaine qui prend les commandes du gouvernement, dans un univers politique où les postes de pouvoir ont historiquement été occupés par des hommes. C'est aussi un signal adressé aux petites filles qui regardent l'actualité, aux étudiantes qui construisent leurs projets, aux femmes qui travaillent, entreprennent, militent, élèvent des enfants et portent, souvent dans l'ombre, une partie considérable de la société.
Car derrière cette nomination, il y a quelque chose de profondément symbolique : la possibilité de se projeter autrement.
Dans ses discours, le Roi Mohammed VI a régulièrement rappelé la nécessité de reconnaître à la femme marocaine la place qui lui revient. Dans son discours du 20 août 1999, il posait déjà une question fondamentale : « Comment espérer assurer progrès et prospérité à une société alors que ses femmes, qui en constituent la moitié, voient leurs droits bafoués et pâtissent d'injustice, de violence et de marginalisation ? »
Plus tard, dans son discours sur la réforme de la Moudawana, le Souverain rappelait que la promotion des droits des femmes ne devait pas être envisagée comme une faveur, mais comme la reconnaissance de droits légitimes.
Ces paroles trouvent aujourd'hui un écho particulier dans cette nomination historique.
Mais il faut aussi regarder au-delà du symbole. Car une femme à la tête du gouvernement ne signifie pas automatiquement que toutes les femmes auront davantage de droits, de représentation ou de possibilités. La véritable portée de cette première se mesurera aussi dans les politiques publiques, les décisions prises, les inégalités combattues et la place accordée aux Marocaines dans les institutions.
La question n'est donc pas seulement de savoir ce que représente cette nomination pour Fatima Ezzahra El Mansouri. Elle est aussi de savoir ce qu'elle peut représenter pour les millions de femmes qui attendent encore que leurs compétences soient reconnues sans devoir constamment les justifier.
Une femme au sommet de l'exécutif, c'est une image que nous n'avions encore jamais vue dans l'histoire du Maroc. Et certaines images ont le pouvoir d'élargir les horizons.
Alors oui, aujourd'hui, j'ai envie de retenir cette première. De la regarder avec émotion, avec fierté, mais aussi avec lucidité.
Parce que le Maroc mérite un avenir où les femmes ne seront plus des exceptions à célébrer, mais des actrices ordinaires, incontournables et pleinement reconnues de la vie politique, économique et sociale.
Et si cette nomination pouvait contribuer à faire de cette évidence une réalité ? Le Maroc ne se conjugue pas seulement au féminin aujourd'hui. Il rappelle, surtout, que son avenir ne peut se construire sans ses femmes.












L'accueil













