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Le NMD, quelqu’un s’en souvient encore ?...


Quand le FMI apporte son concours à un pays, en l’occurrence le Maroc, il est dans son rôle d’émettre quelques réflexions, même prudemment… et notamment sur le nouveau modèle de Développement, alias NMD.



Par Aziz Boucetta

Quand un banquier prête de l’argent à quelqu’un, il a droit de regard sur la gestion financière de ce quelqu’un, et il a aussi le droit, voire le devoir, de lui faire quelques petites remontrances. Et il en va de même pour les institutions publiques et les Etats. Aussi, quand le FMI apporte son concours à un pays, en l’occurrence le Maroc, il est dans son rôle d’émettre quelques réflexions, même prudemment… et notamment sur le nouveau modèle de Développement, alias NMD.

Le NMD, donc, ce sont des centaines d’heures d’écoute, d’autres centaines d’heures de cogitation, et aussi des centaines de pages de rendus, rapport et synthèses. Tout cela a été présenté au roi Mohammed VI, validé, puis exposé, expliqué, décortiqué. Les uns y croient, d’autre sont plus sceptiques.

Selon le travail de la Commission des 36, et pour atteindre ses objectifs fort ambitieux, le taux de croissance annuelle devrait être en moyenne de 6% durant les trois premières années et de 7%, toujours en moyenne, après. Soit, mais nous n’y sommes pas, aux 6% et, sachant que c’est une moyenne, cela signifie que nous devrions connaître des pics de 8 à 9% durant les trois premières années, et de 11 à 13% après. Les « 36 » prévoient aussi, à l’horizon 2035, un doublement du PIB par habitant, à 16.000 USD, et un taux d’activité des femmes de 45%, contre un peu moins de 20% aujourd’hui.

Passons sur les autres objectifs de ce NMD, plus techniques et vaguement réalisables… Pourquoi « vaguement », alors même que l’espoir était de mise en mai, malgré la monstruosité de la tâche ? Parce qu’en mai, on savait les élections imminentes pour installer une majorité aussi cohérente que pertinente. Six mois sont passés depuis les élections et cinq depuis la formation du gouvernement, et que voit-on ? Un gouvernement tout à fait respectable fait de gens tout à fait honorables, mais avec des ambitions discutables…

Le taux de croissance a été annoncé en moyenne à 4% par M. Akhannouch lors de la présentation de son programme. L’homme est prudent, certes, mais ce n’est pas ce qui lui est demandé. Pour le rôle et la place des femmes dans la société, on peut raisonnablement douter que leur taux d’activité puisse bouger, car pour cela il eût fallu avoir déjà commencé, au moins les débats et le grand combat contre la composante conservatrice de la société. Or, jusque-là, rien n’est entrepris qui soit à la hauteur des attentes.

Le Conseil économique, social et environnemental vient de publier un rapport appelant, suppliant même, à une réforme « ambitieuse » du Code de la famille. On attend et tout semble croire que, en dehors d’une initiative royale en la matière (comme en 2004), on attendra encore car le gouvernement n’osera aucune politique.

Quant au FMI, il affiche bien poliment et encore plus diplomatiquement ses doutes quant à la faisabilité de ce NMD… il appelle à un plus d’ « espace budgétaire », à une refonte fiscale audacieuse, rapide, profonde et diligente, à mettre en place les conditions pour une croissance robuste… et, plus globalement, le reste : la qualité du capital humain, la gouvernance, le cadre réglementaire, la corruption, le taux d’activité des femmes et l’efficacité du gouvernement.

Ah, l’efficacité du gouvernement… Même le pacte national de développement n’a pas encore été signé, ce qui ne devrait pas être particulièrement monstrueux de difficulté.

Oh certes, la crise sanitaire n’est pas encore finie et ses répercussions et conséquences ne sont pas toujours pas véritablement connues, la sécheresse est là, rude et dure, et une guerre fait ses ravages pas très loin de nous, promettant des temps difficiles pour les années qui viennent. D’où l’urgence de commencer le traitement de tout cela dès à présent !

Le développement du Maroc ne peut plus se suffire de rustines administratives, mais nécessite une véritable révolution, multidimensionnelle : la place des femmes dans la société, l’éducation de qualité et la santé pour tous (et de manière équitable), une entreprise vraiment entreprenante et pas seulement rentière, à la recherche du gain rapide et (si possible) facile, un cadre réglementaire qui assure l’ordre mais aussi les libertés, une classe politique qui ose et qui propose… Et à défaut de tout faire dans le mois, on peut, on doit au moins avoir commencé dans l’année.

Pour cela, il faut une équipe de choc et pas une équipe qui a peur de choquer. Et si l’équipe en place n’est pas apte à opérer les changements nécessaires, ce sera elle qui devra changer, car il est plus facile de changer une équipe qui peut perdre qu’un NMD qui nous fera tout et tous gagner !

Rédigé par Aziz Boucetta sur Panora Post 



Vendredi 11 Mars 2022


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