Londres mise sur le financement pour séduire le Maroc
Le Royaume-Uni veut vendre davantage au Maroc et compte utiliser le financement comme accélérateur.
Londres vient de lancer « Flexible Finance », un nouveau dispositif pilote destiné à faciliter l’accès au crédit de certains acheteurs étrangers, notamment marocains, lorsqu’ils se tournent vers des fournisseurs britanniques.
Le mécanisme, porté par UK Export Finance (UKEF), l’agence britannique de crédit à l’exportation, prévoit jusqu’à 5 milliards de livres sterling de garanties au total.
Le Maroc figure parmi les économies ciblées, aux côtés notamment du Brésil et du Mexique.
Jusqu’à 80 % du prêt garanti
Concrètement, UKEF pourra garantir jusqu’à 80 % de certains prêts commerciaux accordés à des acheteurs étrangers sélectionnés.
L’objectif est simple : faciliter leur accès au financement tout en les encourageant à commander davantage de biens et de services auprès d’entreprises britanniques.
Attention toutefois au gros chiffre affiché. Les 5 milliards de livres ne sont pas destinés uniquement au Maroc. Il s’agit de la capacité maximale de garanties prévue pour l’ensemble du programme pilote et des différents marchés concernés.
Autrement dit, il n’existe pas, à ce stade, de chèque de 5 milliards de livres réservé aux entreprises ou importateurs marocains.
Plus de liberté pour utiliser les fonds
La nouveauté de « Flexible Finance » réside aussi dans sa souplesse. Comparé à certains mécanismes traditionnels de l’UKEF, les emprunteurs sélectionnés disposeront d’une plus grande flexibilité dans l’utilisation des financements.
En parallèle, UKEF compte accompagner les entreprises britanniques en organisant des mises en relation et en facilitant les démarches d’approvisionnement auprès des acheteurs étrangers.
Pour Londres, le calcul est clair : rendre le financement plus accessible peut aider les entreprises britanniques à décrocher des contrats sur des marchés à forte croissance où leur présence reste encore limitée.
Le Maroc dans le radar commercial britannique
Le choix du Maroc n’est donc pas anodin. Le Royaume est explicitement cité par le gouvernement britannique parmi les marchés où les exportations du Royaume-Uni pourraient gagner du terrain.
Pour les importateurs marocains, le dispositif pourrait ouvrir de nouvelles possibilités de financement pour certaines opérations impliquant des fournisseurs britanniques. Mais son impact réel dépendra des conditions d’éligibilité, des banques participantes et surtout des premiers projets retenus.
Pour l’heure, aucun emprunteur marocain ni premier financement concret n’a été annoncé publiquement dans le cadre du programme. Le lancement donne donc le coup d’envoi d’un nouveau canal commercial entre Londres et plusieurs marchés émergents, dont le Maroc.












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