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Le Sacrifice d’Abraham, rencontre des trois religions monothéistes




Ce «  sacrifice d’Abraham autour duquel nous nous retrouvons tous » dit une fois Feu SM Hassan II. L’islam  s’inscrit de fait dans la continuité des trois religions monothéistes. «  Notre religion ne nous rend ni meilleurs ni pires que les autres » dit plus loin Feu SM. Une approche conciliatrice, constructive, pacifiste,  ramassée autour de l’homme avec ses moments de « force » et de « faiblesse ».  

« Nous sommes tous des hommes comme les autres » continue Feu SM. Ne répétait-il pas cette phrase de Pascal : «  Vérité au-delà des Pyrénées, erreur en-deca ? », un relativisme de rigueur pour tempérer toute pulsion exclusive.  

«  Mon rêve est que tous les musulmans du monde fassent un petit effort sur eux-mêmes comme je le fais quotidiennement pour donner une meilleure opinion d’eux-mêmes ». Ce sont-là des réflexions riches en enseignements, que tout musulman puisse faire siennes, au besoin, ou au devoir, augmentées d’une curiosité penchée sur les points d’attaches, ce soubassement commun, dont les préceptes émaillent ces trois religions. Lesquels religions, pour tout musulman à cheval sur la matière, n’est qu’une.

Trompons-nous de beaucoup quand nous faisons grief aux adeptes de « façade », au sujet de leur « devanture » chastement gardée, qui sauve et décline son possesseur-garant  comme « puritain », du moins, du dehors ? Sans pour autant les accuser de «  tartufferies »,  et citons Molière pour lever cet embarras «  Des mœurs du temps mettons-nous moins en peine, et faisons un peu grâce à la nature humaine » , ou encore de la bouche de Tartuffe quoiqu’il soit malvenu «  Pour être dévot, je n’en suis pas moins homme »…

Est-ce s’abuser que d’y accoler ce fameux « bigotisme », qui fait fit de la transcendance, n’est-ce pas que la foi relève d’abord du domaine du suprasensible ? Et que privé d’une mystique, d’une verticalité qui le dématérialise un temps, l’engraine dans une mécanique estropiée de son essence, il dénigre sans conteste l’un des piliers du fait religieux.

Une transcendance du recours de l’homme, de quelqu’appétit confessionnel qu’il soit, n’est-ce pas, comme dit Nietzsche que quand on a la foi, on peut se passer de la vérité ? Ou Pascal qui suppute une raison au cœur, que la raison ignore ? Ou Céline qui se dit mystique ? Ou Platon dans sa course au bien pur, ou à la chose en soi ? Leibniz et la monade ? Aristote et sa métaphysique ? Baudelaire et son «  Je sais que vous gardez une place aux poètes, dans les rangs bien heureux des saintes légions ? »

Ou  de retour à Feu SM qui dit «  Quand on me dit que Brejnev, que Khrouchtchev étaient des athées, moi je dis non » et de continuer « il arrive un moment où l’on se tourne vers le grand patron, chacun l’appelle de sa façon et à sa façon ». Le besoin de transcendance est là, toutes sensibilités confondues.  

Le second « pied » allusion faite à l’une des évocations de Feu SM qui blâmait la conduite de ceux qui s’échinent à raccourcir chaque jour que le bon Dieu fait  la longueur des « pieds » de cette religion… « je ne me sens pas frère d’eux » dit Feu SM.

Le second pied, de nature pragmatique, fait de préceptes, pour nos «  frères » chrétiens comme aurait dit Feu SM, ils useraient plutôt de « canons », mais honorons ce pragmatisme érigé en pilier, et cette entreprise pacifiste de nous aligner sur nos points d’attaches plutôt que nos accrocs, en vaquant aux  finalités au risque de s’appesantir sur une broutille lexicale… une finalité qui prône l’exemplarité, qui règle la conduite de tout un sur l’observance de principes, en définitive,  universelles et humaines, n’est-ce pas que l’impératif catégorique de Kant en est un ? n’est-ce pas le fameux « Parle pour que je te vois » de Socrate…

Aussi peut-on par extension évoquer la charte universelle des droits de l’Homme…Si les religions ont une teinte dualiste, en ce sens que le « bien » et le « mal » s’opposent de fait, ou que, comme le penserait Platon, ceux-ci participeraient de  de deux « essences » distinctes, qui s’excluent l’une l’autre, et qui dans le lexique religieux se déclinent comme étant le « permis » et  le « banni »…

En même temps, au-delà de ce dualisme « simpliste », on apprend que le bien puisse participer du mal et le mal du bien, ce qui vous réconforterait un Nietzsche qu’un manichéisme cabrerait au dernier degré, ne dit-il pas «  ce qui ne tue pas rend plus fort », chose vérifiée par les sondeurs de l’âme ou les psychologues, ne parle-t-on pas dans le langage commun de « carapace » de même, n’est-ce pas qu’un croyant  éprouvé dans sa chair ou autre s’en voit gratifié par le seigneur ?  

Nietzsche  ou tout aussi paradoxalement un Platon qui distingue entre bon/bien et mal/mauvais.  Les manquements de la perception…Alors que nous nous apprêtions à commémorer le sacrifice d’Abraham en ce jour de fête, ne sied-il pas de rendre présent, moyennant cet éclairage et autre, la portée mystique et vertueuse de cette tradition millénaire ?

«  Je ferai de toi une nation » dit Dieu à Abraham, verset que l’on retrouve et dans le Coran et dans la Bible…acte qui nous situe dans cette trame commune que tout croyant se doit renforcer, et perpétuer.  





Hicham Aboumerrouane
Je ( encore une fourberie grammaticale...le « ça » serait plus honnête...) suis un... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 20 Juillet 2021

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