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Le fléau du cyber-harcèlement féminin au Maroc

Les réseaux sociaux jouent un rôle de plus en plus central dans nos vies, en particulier au Maroc, où ils font l'objet de débats passionnés quant à leur impact sur la société.


Rédigé par La Rédaction le Mardi 16 Avril 2024

Une récente enquête menée par le Centre Marocain de Citoyenneté (CMC) révèle des données alarmantes sur le harcèlement en ligne, mettant en lumière la vulnérabilité particulière des femmes dans l'espace numérique. Selon ce rapport, une femme marocaine sur trois est victime de harcèlement sexuel sur les plateformes de réseaux sociaux, un chiffre qui contraste fortement avec les 4,3 % d'hommes rapportant des expériences similaires.



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Derrière l'écran, une réalité sombre : quand les réseaux sociaux deviennent arène de harcèlement

Ce rapport souligne non seulement les disparités de genre flagrantes dans les expériences de harcèlement en ligne, mais aussi l'urgence de renforcer les cadres légaux pour combattre la diffamation et la calomnie dans ces espaces numériques. Une écrasante majorité de 94,6 % des personnes interrogées estime nécessaire d'adopter des mesures légales strictes pour endiguer ce fléau.

Le débat au Maroc sur les réseaux sociaux est également alimenté par des préoccupations relatives à la protection de la jeunesse et la préservation des valeurs traditionnelles. La propagation de contenus jugés inappropriés ou contraires à ces valeurs soulève des inquiétudes significatives. Les résultats du rapport indiquent que 81,3 % des participants soutiennent l'idée de bloquer les réseaux sociaux jugés nuisibles, tandis que 87,7 % sont en faveur du blocage des sites web pornographiques, reflétant une forte demande pour des mesures de protection accrues en ligne.

Les données révélées par cette enquête montrent que les insultes et la diffamation constituent les formes de harcèlement les plus fréquentes, suivies par les discours de haine et le piratage de comptes personnels. Ce constat est d'autant plus préoccupant que 94,6 % des répondants estiment que les familles marocaines peinent à protéger leurs enfants des dangers du numérique.

Parmi les plateformes, TikTok est identifiée comme la plus problématique, avec 95,8 % des participants dénonçant son impact négatif, suivi par Snapchat, Instagram, et Facebook. Ces plateformes sont critiquées pour leur rôle dans la diffusion de contenus nuisibles et pour leur capacité à faciliter le harcèlement en ligne.

Face à ces chiffres alarmants, des acteurs de la société civile au Maroc appellent à des actions concrètes pour sécuriser l'environnement en ligne. Ils soulignent l'importance de créer des espaces numériques où respect et sécurité sont la norme pour tous, et particulièrement pour les femmes et les jeunes.

Le cas du Maroc n'est pas isolé. Des études globales soulignent une tendance croissante du harcèlement en ligne envers les femmes. Selon l'ONU, près de 73 % des femmes ont déjà subi de la cyberviolence et les femmes sont 27 fois plus susceptibles d'être harcelées en ligne que les hommes. Ces statistiques soulignent la nécessité d'une action globale et coordonnée pour combattre cette forme de violence.

En conclusion, le rapport du CMC met en lumière un problème grave et croissant, qui nécessite une réponse à plusieurs niveaux, incluant des réformes législatives, une éducation numérique renforcée, et une coopération internationale accrue. La lutte contre le harcèlement en ligne, en particulier celui qui cible les femmes, doit être une priorité pour garantir que les avancées technologiques bénéficient à tous sans discrimination ni préjudice.





Mardi 16 Avril 2024

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