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Le gazoduc Maroc-Nigéria, une alternative au gaz russe ?


Le monde vit une crise sans précédent depuis la guerre froide sur fond de bras de fer entre la Russie et l'Occident en Ukraine, une crise qui n'a d'égale que la crise des missiles soviétiques à Cuba en 1962. Au cœur de cette crise, le gaz représente un élément déterminant dans les positions des parties, notamment sur le front occidental.

Adil Benhamza



L'Europe dépend fortement du gaz russe, notamment l'Allemagne, qui est considérée comme un moteur majeur de l'économie européenne. Dans ce contexte, la position allemande a connu quelques hésitations à surfer sur la vague de l'escalade américano-russe, en raison de la grande dépendance de l'Allemagne du gaz russe, notamment via la ligne nord de la Baltique "Nord Stream 2", qui a été suspendue dans le cadre des sanctions contre Moscou.
 
L'exploitation politique du gaz pour faire pression sur l'Europe a eu lieu deux fois en moins d'un an, la première par l'Algérie, alliée de Moscou en Afrique du Nord, lorsque le président Abdelmadjid Tebboune a décidé d'arrêter de pomper du gaz par le gazoduc Europe Maghreb reliant l'Algérie à l'Espagne via le Maroc, comme maillon du conflit avec le Maroc, sur fond de rupture des relations diplomatiques décidée par Alger, a utilisé le gaz comme forme de sanction politique malgré ses effets économiques côté européen, ce qui fait apparaître l'Algérie comme un allié peu fiable.
 
Les approvisionnements gaziers algériens à destination de l'Europe ont connu une baisse du fait de sa dépendance à la seule ligne directe reliant l'Algérie à l'Espagne via la Méditerranée et la deuxième ligne reliant l'Algérie à la Sicile via la Tunisie.
 
La crise russo-ukrainienne montre l'ampleur de l'influence représentée par la décision algérienne, qui en fait pratiquement un maillon de soutien à la position russe, qui est un allié traditionnel de l'Algérie depuis l'Union soviétique.

Des études indiquent que le gaz naturel sera en tête des sources d'énergie au niveau mondial en l'an 2100, et le pari au niveau international concernant la réduction de la proportion de dioxyde de carbone nécessite la recherche de sources d'énergie moins polluantes, ce qui est réalisé par le gaz naturel, qui pollue 29% de moins que le pétrole et 44% moins du charbon, et ce qui impose le gaz naturel comme alternative, réside dans le fait que le recours aux énergies renouvelables en est encore à ses débuts et nécessite une révolution technologique pour pouvoir exploiter à grande échelle économiquement viable, le gaz étant devenu il y a quelques années la première source d'énergie dans un pays de la taille des États-Unis d'Amérique.

Cette importance croissante du gaz naturel le place au cœur des futurs conflits sur la scène internationale. En effet, une partie du conflit autour de la Syrie depuis plus d'une décennie s'explique par la volonté de contrôler à l'avenir les lignes gazières, notamment vers l'Europe, où le gaz naturel constitue un grand avantage pour la Russie. A travers le gaz, Moscou veut redonner sa place sur la scène internationale, qui s'acquiert remarquablement aujourd'hui au-delà des zones de conflit traditionnelles, à la capacité de pénétrer les élites et les systèmes politiques, comme c'est le cas avec la France , les États-Unis d'Amérique et un large spectre de l'extrême droite européenne.

La confrontation actuelle entre l'Occident et la Russie prend un caractère stratégique considéré comme un véritable défi au système international depuis l'effondrement du système socialiste et la chute du mur de Berlin. Le grand investissement que Poutine a fait dans le nationalisme russe, aujourd'hui représente la doctrine qui encadre la vision de Moscou de ses intérêts stratégiques. Sur cette base, la durée de la crise actuelle sera prolongée dans le temps.
Cela apparaît à travers la guerre déclarée à l'Ukraine, mais avec cela, la possibilité de glisser dans une confrontation. Une action militaire globale reste hors de question, du moins d'après les données actuelles et ce qui a été reflété lors de la réunion de l'Assemblée générale des Nations unies d'avant-hier et les réactions des pays occidentaux à la mise en œuvre de ses menaces par Poutine à une guerre globale sera sans aucun doute un ensemble de sanctions sévères et à long terme contre Moscou.
 
Parmi ses paris, il y a celui de faire tomber Poutine de l'intérieur, mais les mêmes sanctions auront des répercussions négatives sur l'Europe, notamment en ce qui concerne la question d'énergie, dont le gaz est un élément central, c'est pourquoi l'Europe a peut-être besoin d'une alternative au gaz russe.

L'Algérie est le deuxième exportateur de gaz vers l'Europe après la Russie Indépendamment des considérations politiques qui font tourner Alger dans l'orbite russe et dépendent de l'ampleur des transformations des relations internationales à la lumière de l'invasion russe de l'Ukraine, la capacité d'exportation de l'Algérie a diminué de manière significative ces dernières années, la question de la fermeture du gazoduc Maghreb Europe, a, selon ce que les experts dans le domaine de l'énergie ont révélé, des aspects économiques internes qui concernent la forte demande interne en Algérie pour le gaz, comme le marché consomme plus de 52% de la production, en plus de la faible capacité de production des gisements de gaz en raison de la faiblesse des investissements dans la maintenance et le renouvellement des équipements, conséquence naturelle de l'état de corruption prolongé connu de l'entreprise publique " Sonatrach", qui a longtemps été traitée comme une caisse noire.
 
De plus, des estimations d'experts indiquent que les gisements de gaz les plus importants à Hassi Beida épuiseront leurs réserves d'ici 2030. Cela signifie que le pari européen sur le gaz algérien n'a pas de dimension stratégique. Ici émerge l'alternative représentée par le projet de gazoduc maroco-nigérian qui traverse l'Afrique de l'Ouest pour un coût estimé à environ 50 milliards de dollars.
 
Ses objectifs sont d'approvisionner l'Union européenne en gaz naturel, et il est considéré dans l'une de ses dimensions comme un concurrent du gaz russe, car il renforce également l'indépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de Moscou. La guerre russe contre l'Ukraine va-t-elle accélérer ce gigantesque projet stratégique ?



Mercredi 2 Mars 2022

Mustapha Bourakkadi
Journaliste sans la prétention de détenir la science infuse... ma seule ambition est de rapporter... En savoir plus sur cet auteur

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