Publicité numérique : revers judiciaire pour Google face à L’Equipe
La juridiction a également accordé 50 000 euros de frais de procédure. En revanche, elle a rejeté les demandes formulées pour le compte d’Amaury Media, la régie publicitaire de l’éditeur. Le montant obtenu représente environ 13,5 % de la somme initialement réclamée par les plaignants.
Cette décision n’a rien d’anecdotique. Elle confirme que les grands éditeurs européens continuent de porter devant les tribunaux le contentieux né des pratiques de Google dans l’adtech, cet écosystème opaque où se jouent la vente, l’achat et l’arbitrage de l’espace publicitaire numérique. Pour L’Equipe, il s’agit d’une victoire partielle mais symboliquement forte : le tribunal reconnaît l’existence d’un préjudice, même s’il en réduit nettement l’ampleur financière par rapport aux prétentions de départ.
Le signal envoyé au marché est double. D’un côté, la justice française montre qu’elle n’exclut plus des réparations substantielles contre les géants du numérique lorsque des pratiques anticoncurrentielles sont jugées dommageables. De l’autre, elle rappelle que ces contentieux exigent une démonstration précise du lien entre la faute alléguée et le manque à gagner réel. Le rejet des demandes d’Amaury Media illustre justement cette prudence judiciaire : tout le groupe n’a pas été suivi sur toute la ligne.
L’affaire s’inscrit dans une séquence plus large. Quelques jours plus tôt, le groupe M6 a lui aussi obtenu la condamnation de Google à près de 23 millions d’euros dans un dossier également lié aux pratiques anticoncurrentielles sur le marché de la publicité en ligne. Cette répétition de décisions renforce la pression judiciaire sur le modèle publicitaire de la firme américaine en France.
Pour les médias, le fond du débat dépasse la seule indemnisation. Il touche à l’équilibre économique de l’information à l’ère des plateformes. Quand l’intermédiaire devient à la fois arbitre, vendeur et bénéficiaire principal, la concurrence ressemble parfois à un match dont il possède aussi le stade, le ballon et le tableau d’affichage. La décision en faveur de L’Equipe ne renverse pas ce rapport de force, mais elle fissure un peu l’idée d’impunité numérique.












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